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The Divine Comedy - "BANG goes the Knighthood"


Posté par Rémi Boiteux le 2010-06-02



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The Divine Comedy et votre serviteur, c’est d’abord une histoire qui a mal commencé. Un rendez-vous manqué. Trop jeune (:wink:) pour apprécier la volupté du premier album acheté, Casanova ? Mettons ça sur ce compte-là, il a suffisamment bon dos. En suivant sa carrière de loin, quelques regrets (la sensation de manquer quelque chose de non négligeable dans la pop : un songwriter probablement du tonneau d’un Ray Davies) et une intuition : ce Neil Hannon n’est jamais aussi bon et touchant que lorsqu’il ne se prend pas tout à fait au sérieux –écouter le récent concept album sur le cricket concocté avec Thomas Walsh de Pugwash (The Duckworth Lewis Method).
Sur ce point, le titre et surtout la pochette de BANG goes the Knighthood rassurent : la malice devrait être au menu. Promesse tenue avec des chansons irrésistiblement souriantes comme « The Lost Art Of Conversation » ou « Can You Stand Upon One Leg », aussi entraînantes dans leur écriture que dans leur exécution. Incroyablement catchy également, l’hymne cynique aux traders (« The Complete Banker » : Margaret Thatcher riding next to me !) et la sucrerie enlevée pour l’été (« Neapolitan Girl »). Mais l’album n’est pas tissé que d’adorables futilités poppy et swingin’ London. Dès l’ouverture, les frissons sont de la party : « Down in the Street Below » s’impose d’emblée comme une grande chanson et prend de l’ampleur à chaque écoute, à l’instar de la douceur faussement ingénue de l’over-classieuse « Island Life » (cette intro, ces chœurs !), quand le morceau-titre et le premier single rappellent certaines réussites des possibles concurrents historiques Pulp. Même le passablement too much « When a Man Cries » arracherait presque des sanglots.

Il y a dans ces douze morceaux un amour et une foi pop qu’on qualifiera par facilité de beatlesiens, et, préciserons-nous, une petite tendance plus ringoïste que rigoriste pour le capital sympathie immédiat généreusement délivré (quoique l’organe vocal de Hannon dispose de nettement plus amples capacités que celui de l’attachant batteur). Copieusement arrosé d’une chantilly orchestrale suffisamment légère pour épargner contre toute attente l’indigestion, le disque déborde d’un charme suranné se tenant toujours du juste côté de la ligne de démarcation ténue séparant ironie affable et parodie ricanante –Neil Hannon, ou le chevalier du savoir-vivre à l’usage du british entertainer, n’est pas le presque sosie de Graham Chapman pour rien.
Reprenons : Ray Davies, Margaret Thatcher, Pulp, Ringo Starr, Graham Chapman… cherchez l’erreur et savourez la lignée. Sûr que l’irlandais a plus à faire en cette riante compagnie qu’entre les mains d’un ultra-professionnel mais rasoir Nigel Godrich (Regeneration, début 00s, disque pas mauvais mais vaguement hors-sujet).
Certes, lire que The Divine Comedy sort un grand album de pop aussi réjouissante que racée n’étonnera pas les convertis, mais j’en reviens à mon aveu initial et souligne que BANG goes the Knighthood est une introduction idéale aux divins délices : Hello at last, mister Hannon !
Sur ce, je vais me préparer un thé, j’ai du temps perdu à rattraper.

 


Retrouvez d'autres articles sur The Divine Comedy :

The Divine Comedy à la Cité de la Musique


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Commentaires
De : Yvàn

Quand on s'appelle Rémi Boiteux, on s'abstient, je pense, à tout commentaire pseudo-artistique, surtout en ce qui concerne Neil Hannon.

Merci.

De : mister_kenyatta

S'appeler Yvàn (avec un accent so chic) ne dispense pas d'écrire correctement français : s'abstenir DE tout commentaire.
Merci.

De : Arturo Belano aka Rémi

J'aurais aimé quelque chose d'un peu plus développé, Yvàn. Vous me permettrez, je pense, de n'être point convaincu par votre faible argument!

De : noodles

moi je préfère de m'abstenir à dire quoi qui ce soit à ce que concerne Divine Comedy .... pour une fois

De : virguleg

D'accord, pas d'accord, c'est toujours un plaisir de lire quelques lignes sur Neil Hannon, merci Rémi !

De : Arturo Belano aka Rémi

Merci à vous. D'ailleurs je persiste et re-signe, à un point près: "When a man cries", finalement, c'est des vraies larmes qu'elle arrache, cette (superbe) chanson!

De : malsine

merci rémi chronique assez juste.
J' aime particulèrement island life, indie disco ( le rêve...), art of conversation, stand upon one leg et have you ever been in love.
parfois touchant, faussement naïf voir niais, mais extrêmement agréable, comme du beaume au coeur et idéal pour un voyage, la plage, un thé, une bronzade, un apéro extérieur, ce disque correspondra parfaitement, souhaitons le, à cet été...

De : shoplifter

salut,
je n'ai pas écouté cet album

De : Thrillington

Jolie critique pour un super album, hilarant, émouvant, brillant... J'ai raté Neil Hannon hier soir à la Cigale, et je m'en veux, je m'en veux - tiens je m'en vais me flageller avec des orties fraîches !

De : Everybody knows I love you (except Bornu)

Je n'ai pas eu l'occasion de dire combien ce disque m'avait pour ma part déçu voire désappointé, un peu comme si notre oncle préféré de toujours sortait par surprise une blague raciste bien grasse et déplacée au banquet annuel de famille, voilà qui est donc réparé

pour faire ce que bon de droit,


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