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Teenagers in Tokyo - "Sacrifice"

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Posté par Bruno Piszorowicz le 2010-07-31



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Teenagers in Tokyo est un groupe australien dont le nom commence à prendre un peu d'ampleur au sein de la petite confrérie indie-hype-pop (confrérie qui n'existe que dans nos, vos, seuls esprits fertiles évidemment) via un maxi sorti l'an passé et quelques bonnes notes données par quelques locomotives du genre (Gossip par exemple ou encore CSS). Voilà en tous les cas les infos glanées sur ce groupe jusqu'ici inconnu (les joies du furetage en rayons, celles d'une jolie pochette aussi), voilà qui est donc dit et redit, répété.
Il faut dire que les Teenagers in Tokyo se posent un peu là pour côté posture et signes extérieurs de richesse musicale. La préposée au micro par exemple qui est doublement hype avant même d'entonner la moindre note, une asiatique à frange vous pensez, deux bonnes raisons de faire prochainement la une des pages culture de Elle. Sa voix d’ailleurs est mixée très en avant (une voix habitée et sincère quoiqu’un peu maladroite, à la manière d’une Sabina Sciubba des Brazilians Girls), comme si la charmante Samantha servait de figure de proue à l'ensemble et les autres pointaient tous derrière. On pense à George Brassens et plus encore à Hugues Aufray (on pense des choses curieuses dés fois), la chanson « Le petit cheval blanc » et son « tous derrière tous derrière, tous derrière et lui devant ». On peut aussi rajouter l'axiome voulant qu'un groupe 100% féminin (enfin presque, y'a un gars derrière la batterie) attire toujours l'oeil et l'oreille bien plus que 5 gars portant moustache et sandales de cuir.
Bon tout ça pour dire qu’il n’y avait là a priori pas de quoi casser trois pattes à un canard,  fusse-t-il musical (c’est qu’on en a vu passer groupes estampillés 15 minutes of web fame) avec un groupe sentant la posture et l’emphase, l’écoute de ce Sacrifice s’avère pourtant au final une plaisante découverte, voire même un peu plus.
Dans ses moments les plus lents la musique de Teenagers in Tokyo peut évoquer une Kim Wilde en mode 2.0 ( ou simplement 2010), davantage côté Cambodia que Kids in America, quelques élans de mélancolie pointant par surprise par-dessus ce bel écrin synthétique soigné et chromé. A d'autre moments ce sont quelques pièces de choix d'une pop léchée et endimanchée (la basse et la guitare se disputant la place de devant à côté de la chanteuse, le synthé prenant une large place de la banquette arrière) en mode sautillante et légère. Un groupe de plus à payer son dû aux années 80, à cette synth-pop plus ou moins new (voire cold par endroits) wave, une pop certes insignifiante (en même temps la pop hein!) mais qui nous aura offert moult merveilles déjà. On aime énormément la lenteur sinueuse de « Sacrifice », la classe immédiate du refrain de « Peter pan » ou encore l’élégant crépuscule qui clôt l’album, « 3046 », voilà déjà 3 titres qui suffisent pour faire de cet album bien plus qu’une curiosité.
Sacrifice n'est pas un disque d'Eté, même si son propos se prête à merveilles aux longs après-midis ensoleillés et farnientés, c'est un disque qu'on écoutera avec plaisir tout du long de l'année, celle d'après aussi sans doute, la pop n'est-elle autre chose finalement qu'un éternel retour, qu'un rêve étrange et pénétrant de la musique d'un groupe inconnu et qui n'est à chaque fois ni tout à fait une autre, ni tout à fait la même ? La dernière strophe du poème de Verlaine (un peu comme le « Nous entrerons dans la carrière quand nos aînés n’y seront plus » du Rouget-de-Lille, la strophe que personne ne connait sinon un militaire d’un côté ou un fin lettré bohémien de l’autre, rarement ensemble) trouve d’ailleurs ici un singulier écho :
« Sa voix est pareille au regard des statues, Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a l'inflexion des voix chères qui se sont tues.
(En trichant un peu oui mais qu’importe)
 
 




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