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Syd Matters "Ghost days"

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Posté par Take Bornu with U le 2008-02-09



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C’est la fin de l’hiver, le dégel s’amorce, c’est l’heure de la sortie du coma hivernal et des résolutions printanières, c'est le moment de muer et d'offrir au soleil une nouvelle peau, plus fine mais plus résistante sans doute,c'est le moment où la nature s’offre à nous telle une catin de belle vertu, le soleil luit un peu plus chaque jour pour illuminer un tantinet le quotidien et son décor, l’oisillon ouvre un œil puis le bec, on écoute « Ghost days » de Syd Matters. Quel dommage que le surnom/pseudo de Babybird ait déjà été (brillamment) pris par Stephen Jones (jetez donc une oreille en passant à son disque « There’s something going on », un magnifique astre noir) tant celui-ci siérait bien à l’ami Jonathan et son orchestre.

Car Syd Matters est aujourd’hui un groupe, une entité musicale à part entière depuis le second album. Jonathan Morali chante et compose puis apporte le tout à son groupe qui triture, malaxe, embellit, modifie, épure l’ensemble. Un travail qui diffère du premier album où un petit côté bricolo-home made record donnait au disque un charme fou. On creuse ici le même sillon qu’avec le second album (premier donc du « groupe » Syd Matters, attention prenez des notes). Une musique à la texture plus grande donc, plus ample même s’il ne peut être question de grand écart.

On a donc un disque d’atmosphère, au singulier, et singulière, celle du feutré et du discret, un disque d’ambiance. On s’installe dans le disque comme dans un fauteuil, confortable et agréable au contact, c’est du moins l’impression générale car au fil des écoutes chaque morceau recèle de saveurs particulières, de petits gimmicks savoureux, d’un travail d’embellissement conséquent, de petites particularités qui font mouche.

13 chansons et une profonde unité, un bloc à appréhender comme tel et non une succession de « chansons » plus ou moins agréables à l’oreille.. Citons tout de même quelques pièces qui sortent un tantinet du rang : Ainsi « Everything else » en préambule et tout en douceur, une délicate introduction au disque et à l’ambiance qui va avec. Ainsi « My lover’s on the pier » où les chœurs vaporeux du final nous enthousiasment et nous arrachent même un sourire de plaisir. Ainsi « Louise » (le plus beau prénom du monde non ?) où de magnifiques arpèges de piano sonnent à nos oreilles comme le plus beau des mots, un morceau qui rappelle Air dans ses meilleurs moments, ceux « d’Alone in Kyoto » par exemple même si l’ambiance ici est uniquement boisée et organique et non synthétique. Ainsi « Anytime now » où on note une légère embellit du côté du tempo pour un résultat proche du bouleversant (c’est qu’on tient à son côté chochotte vous savez).

Alors certes les esprits chagrins pourraient éventuellement reprocher à cet album un côté unidimensionnel, un certain manque de relief et de haut/creux, ils pourraient aussi peut-être y ressentir une relative monotonie (la voix de Jonathan peut accentuer ce travers-ci, elle reste néanmoins remarquable. Oui peut-être.

Mais en fait non.

Ce disque, c’est en effet le nacré en toute chose, c’est le fumet de l’eau chaude et le bruit de la bouilloire sur le feu pour seule bande-son d’une pièce de vie au charme suranné. C’est aussi un disque d’insomnie, quand l’introspection s’invite et nous tape sur l’épaule, comme la vieille camarade qu’elle est. C’est encore un disque qui accompagne les joies de l’intimité et de l’abandon qui va avec, le tumulte sensuel qui en résulte. C’est un disque d’entrechats, de ponts, de parapets (saute Narcisse !), d’entre-deux et d’entre-doux, c’est un disque voluptueux et classieux. C’est un disque finalement qui radicalise l’instant, que celui-ci soit beau, doux et sensuel ou bien triste, nauséeux et malaisée.

Du bien bel ouvrage.




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