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Shout out louds "Our ill wills"
Les sorties
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On les avait découvert avec leur premier album « Howl Howl Gaff Gaff » en 2005, disque qui s’inscrivait dans la mouvance de la pop ribouldingue et naïve à la Architecture in Helsinki et Spinto Band, groupes apparus eux-aussi sensiblement à la même époque. Une sorte de filiation commune pour les mélodies comme trame de chansons et tout un tas de gribouillages sonores autour (un chant chorale, des arrangements improbables, des cassures dans le ton etc.). Il faut tout de même admettre qu’à cette époque le groupe suédois (qui tient son nom d’une chanson de Kiss « Shout it out loud ») souffrait de la comparaison avec le collectif australien (et oui ! Architecture in Helsinki est un groupe australien, j’t’en foutrais moi) et plus encore avec le formidable Spinto band (on ne dira d’ailleurs jamais tout le bien qu’on pense d’un des meilleurs morceaux jamais entendus de cette décennie 2000 : Le « Oh Mandy », piste 3 de leur premier album « Nice & nocely done »). Seulement depuis de l’eau a coulé sous les ponts, Architecture in Helsinki a explosé en plein vol en sortant un dernier album de fort médiocre qualité et nous sommes sans nouvelles du trésor du Delwarare (Spinto band, très grand groupe, vous le saviez déjà peut-être ?) alors que sort donc ce mois-ci le nouvel effort vinylique des suédois. L’affaire est grave. Nous l’écoutons avec relative inquiétude puis très vite l’évidence nous saute aux yeux comme aux oreilles. Adam Olenius, le guitariste-chanteur-compositeur du groupe a décidé de faire Robert Smith comme métier maintenant qu’il est grand. L’influence des Cure ne se discute en effet même pas tant au niveau de la voix comme de certaines guitares, on se sent ici en voisinage connu (et apprécié). Attention nous parlons là du Cure de « The head on the door » ou plus encore de celui d’une chanson comme « Friday I’m in love », le penchant le plus pop et immédiat du groupe et non des ambiances (par ailleurs sublimes) développées par le groupe au début de leur carrière. Dés le premier morceau « Tonight I have to leave it » on a l’impression d’entendre une guitare (sous-mixée par contre) à la « In between days » renforcée de cordes synthétiques qu’on rapprocherait cette fois des arrangements des Manic Street Preachers et de leur « The Everlasting » ou encore « If you tolerate this » , une manière de donner de la profondeur à une chanson et non forcément de l’embellir ou l’enjoliver si vous voulez. On a là un descriptif plutôt précis de cette musique. Le disque séduit par son homogénéité et sa simplicité là où on pouvait craindre un doigt dans l’engrenage du « Toujours plus barré, toujours plus complexe » comme on le voit très (trop) souvent chez les tenants d’une pop « ambitieuse ». Combien de disques aujourd’hui inutilement déconstruits ? Combien de disques aujourd’hui avec des bouts de mélodie broyés dans un maelstrom musical sans queue ni (surtout) tête ? Beaucoup trop. En dehors des intonations vocales très proches d’un Robert Smith de bonne humeur, le groupe a fait évoluer sa musique vers l’accessible et le grand public, c’est là un bien beau disque joliment construit et exécuté. C’est à la fois peu et beaucoup. De temps à autre une voix féminine , celle de la pianiste Bebban, vient diversifier un peu le chant et rappelle encore là le groupe canadien Stars dont nous avons déjà parlé en ces murs. Les deux groupes se rejoignent dans ce que pourrait être un idéal de playlist chez nos amis d’Europe2 ou de RTL2, vous voyez le genre, ce genre de pop qu’on pourrait associer à Coldplay (un groupe talentueux bien qu’à mon gout trop exposé) en lieu et place de tous les sous-fifres ampoulées à la James Blunt & co. Le superbe « South america » semble prêt à faire par exemple son bout de chemin chez nos mélomanes mainstream pour peu qu’on lui donne une chance. On pourrait y ajouter « You are dreaming » et le prenant uptempo de « Hard rain » (s’il en sortait une version edit, 7 minutes tout de même). Citons histoire d’en finir avec les voisinages d’autres canadiens avec quelques ambiances qui rappellent les Arcade fire (on a vu pire comme références) dans là-aussi leurs moments les plus assagis. Au final une très bonne surprise et une preuve de plus pour ceux qui sont tombés dans la pop quand ils étaient petits que le marché de la musique est décidément un filon inépuisable. Retrouvez d'autres articles sur Shout out louds : Shout out louds - Work
Commentaires
De : Didier Toffolo Formidable disque, on ne le dira jamais assez. Des merveilles britpop ou assimilés et pour terminer un hard rain digne des plus grands moments du broken social scene. Dommage vraiment que ce groupe n'ait finalement que peu d'écho, il le mérite pourtant Insérer un commentaire : |
