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She & Him - "Volume one"

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Posté par Cyril Cossardeaux le 2008-06-15



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C'est une affaire entendue : Zooey Deschanel N'EST PAS Scarlett Johansson !
Elle est très loin d'avoir sa filmo "top credibility". On a vu Scarlett chez les Coen, Terry Zwigoff, Sofia Coppola, Woody Allen, DePalma... bientôt Frank Miller, quand la pauvre Zooey n'a guère à lui opposer vraiment que soeur ainée (celle qui écoute Simon & Garfunkel) du "héros" de Presque célèbre (un titre qui lui va hélas comme un gant), un petit rôle dans L'Assassinat de Brad Pitt par le lâche Casey Affleck ou sympathique amoureuse chantante de Will Ferrell déguisée en elfe dans le film du même nom. A se demander si on ne la connaît finalement pas surtout pour son rôle dans la série Weeds, c'est dire...
Néanmoins très charmante, elle n'est pas sexy comme Scarlett (comme si leurs prénoms respectifs avaient déjà tout décidé depuis longtemps...), elle n'est même pas aussi jeune, sa petite culotte en coton n'a probablement jamais dû provoquer d'érections que chez ses boy friends et André Manoukian ne trouvera jamais sa voix d'un grave érotico-cosmique comme celui de Scarlett.
Son patronyme n'est pas celui d'un sémillant crooner suédois, plutôt celui d'une sauce un peu lourde.



Non, Zooey n'est pas Scarlett, car c'est une CHANTEUSE ! Mais il faut croire que ce genre d'argument pèse de peu de poids au moment d'évaluer un disque, de nos jours. Il suffit, pour s'en convaincre, de comparer la couverture médiatique respective du "debut album" si remarqué de Mam'zelle Scarlett (sur lequel nos avis sont partagés, disons...) et celui, en duo, de Zooey avec Matt (alias "M.") Ward sous le nom tout con, tout bête, mais si charmant de She & Him.
Car outre leurs qualités propres, la grande différence entre ces deux disques est que seul le nom de Johansson est mis en avant quand Deschanel et Ward s'avancent en couple (à la ville comme à la scène, je ne sais, et on s'en fout, non ?). Pourtant, le rôle de Dave Sitek est probablement aussi important que celui de Matt Ward. Et même probablement plus important, vu les trésors d'ingéniosité déployés par son producteur pour nous faire croire que nous avons à faire à une chanteuse sur Anywhere I lay my head.
Ouais, je sais, je m'acharne, mais ça n'est pas complètement gratuit parce que, justement, là aussi, She & Him, c'est tout le contraire ! Une production pas ramenarde pour deux sous, et pourtant très finement ouvragée, "à l'ancienne". Mais moins pour se donner l'illusion que nous sommes toujours dans les années 60 (voire même avant, parfois) que parce que Zooey et Matt donnent tout simplement l'impression d'envisager la musique effectivement comme "avant", quand ça n'était pas si compliqué, pas si marketé, quand la musique primait, surtout, tout bêtement.



De quelle musique parle-t-on ici ? D'une country-folk-pop qui ne va lancer aucune tendance, qui ne révolutionne rien, mais qui a juste la luminosité de l'évidence et une vraie générosité pour celui qui l'écoute.
La très grande majorité des titres sont écrits par Zooey Deschanel elle-même (tiens, encore une différence avec... ok, j'arrête !), dont un avec Jason Schwartzmann (comme quoi elle n'est pas totalement perdue pour la "hype credibility"). Quand elle ne chante pas ses propres chansons, elle reprend les Beatles, mais les Beatles du début, du "temps de l'innocence" (I should have known better), et ça n'a évidemment rien d'un hasard. Et quand elle ne reprend pas les Beatles, ben ce sont quand même encore les Beatles, avec le You really got a hold on me de Smokey Robinson et ses Miracles, largement popularisé par les Fab Four.

Bon, d'accord, mais alors, comment elle chante, Zooey ? Magnifiquement, pour qui n'est pas allergique à quelques voix emblématiques de l'Americana version filles. Car, ici, on pense plus d'une fois à Bobbie Gentry, à Tammy Wynette, voire carrément à Patsy Cline ou June Carter.
Longtemps disponible uniquement en import, le disque sera enfin distribué en France début juillet. La meilleure nouvelle dans tout ça, c'est qu'il s'intitule Volume one. C'est peu dire qu'on attend déjà la suite avec impatience !

PS : Je m'en voudrais de ne pas rappeler que M. Ward est aussi l'auteur d'une jolie discographie solo depuis une demi-douzaine d'années, dans une veine globalement plus folk que country.


Même pas de clip officiel, apparemment, alors rabattons-nous sur ce court extrait de You really got a hold on me lors de la dernière édition du fameux festival indie SXSW (South By Southwest), où nos deux tourtereaux firent forte impression :



Retrouvez d'autres articles sur She & Him :

She & Him - "Volume Two"


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Commentaires
De : LA belle au bois bornu

Disque très sympathique, pas facile à trouver par contre, même dans de grandes enseignes estampillées Culturelles :(

De : mr_kenyatta

Normal, encore un import jusqu'à début juillet, mais vous ne pourrez pas dire que Culturopoing ne vous en avait pas parlé avant :-))

De : Anna K

Ah ravie de lire cette critique, c'est un disque que j'ai zappé un peu vite à la première écoute mais qui m'a accrochée à la seconde. Plus je l'écoute et plus je l'aime.
Et ainsi que je le disais à notre éminent chroniqueur : "je serais un garçon je tomberais amoureux tout de suite de Zooey Deschanel"...

De : mr_kenyatta

Le chroniqueur ne peut qu'aquiescer...

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