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Sébastien Schuller - Evenfall (avant-première)
Les sorties
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Est-ce de l’avoir, comme une bonne poignée de convertis, tant attendu (quatre ans tout de même depuis le remarquable « Happiness ») ? Toujours est-il que la première écoute du présent « Evenfall » peut décevoir. Monolithique de prime abord, l’album semble enchaîner les crescendos mécaniquement, chaque morceau obéissant peu ou prou au même schéma, pour délivrer une émotion manufacturée. Si on voulait être vraiment méchant, on ajouterait que la fin de chaque chanson appelle l’image mentale de, disons, un sourire d’enfant blanc au-dessus d’un logo, mettons, GDF-Suez. Ce serait un poil exagéré : disons qu’il se dégage de la prise de contact la sensation d’une œuvre vue à travers une couche de glace, qui uniformise l’ensemble et entrave l’émotion. S’arrêter là serait une erreur. Plutôt grave. Les écoutes suivantes permettent petit à petit de deviner, sous la glace donc, un subtil entrelacs de motifs qu’on n’avait fait qu’entrevoir. Et cet album qui se faisait passer pour plus simple que son aventureux prédécesseur (disparues notamment, les embardées électro warp-style) découvre avec pudeur la complexité cachée de ses lignes de fuite. La plupart des morceaux recèlent ici plusieurs couches contrastées, et Schuller n’hésite pas à négocier d’audacieux virages en cours de route, comme l’explosion d’Open Organ ou la seconde rythmique qui vient contaminer Last Time. Ainsi le disque n’est pas avare de tours de force, mais a l’élégance de les faire discrets, sans démonstration ostentatoire de technicité. C’est d’ailleurs pourquoi si on pense parfois -encore- à Radiohead c’est dans une optique bien différente de celle de ces innombrables groupes qui, croyant être sophistiqués, ne font que ressusciter, hélas, le pire d’un rock progressif heureusement oublié. Pas de cela dans « Evenfall » ; de même l’évocation de la palette Mercury Rev, évidente dans le chant d’Awakening, s’en tient à la délicatesse et évite soigneusement la lourdeur qui a plombé la carrière récente du groupe –on pourrait en dire de même de l’influence Arcade Fire. Ajoutons, pour filer les comparaisons, que les passages les plus originaux s’apparentent à un Animal Collective apprivoisé, plus domestique. C’est donc la force et la limite d’un disque qui reste de bon goût mais qui se garde aussi un peu (trop ?) de la folie. Cependant, « Evenfall » possède ses moments de très belle émotion : celle de Balançoire, avec son orgue naïf et son chant conquérant, The Border aux réminiscences de « Happiness » ou encore le synthétisme pop assumé de Midnight. Autant d’instants superbes et authentiquement exaltants. Oui, « exaltant » est le mot précis pour qualifier les meilleurs moments de ce disque, mais il faut aussi en souligner les réussites moins évidentes à l’instar d’un New York brumeux et morriconien, très loin des clichés. Ce deuxième album, qui prend le temps d’éclore et de fleurir, est donc à coup sûr l’œuvre d’un artiste touchant et talentueux. Un artiste au goût irréprochable, et qu’on a envie de suivre dans ses prochaines aventures… en espérant qu’elles ne tarderont pas trop. Sortie de l'album : 25 mai 2009 Toutes les infos sur le Myspace de Sébastien Schuller Retrouvez d'autres articles sur Sébastien Schuller : Sebastien Schuller - " Happiness " Sébastien Schuller en interview Concours Culturopoing : 5 albums "Evenfall" de Sébastien Schuller à gagner !!
Commentaires
De : Weeping Bornu Rémi a parfaitement résumé mon impression également sur cet album. De prime abord il ne paie pas de mine, l'ambition est modeste, il est encore moins question là d'en mettre plein la vue. Et puis très vite le charme agit et on se laisse prendre par ce ruisseau dont le courant semble plus fort écoute après écoute. Au final un album aussi fort que le premier, dans une modestie plus forte encore, un superbe disque !! De : pierre Je ne sais pas ce que ça donnera sur la durée mais Sébastien Schuller a trouvé une forme d'apaisement que l'on a retrouvé récemment chez Sigur Ros et Radiohead. Le comparatif avec ces derniers, et notamment Thom Yorke se retrouve particulièrement dans les backing vocals de Battle, frappantes de mimétisme et surtout dans le magnifique High Green Grass qui me fait diablement penser à Cymbal Rush. Vivement la suite ! Insérer un commentaire : |
