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Sapho "Ferré Flamenco"
Les sorties
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Dans la famille « Si on m’avait dit un jour… » je voudrais la tante. Si on m’avait dit un jour en effet qu’un recueil de chansons de Léo Ferré interprétées en mode flamenco par Sapho (dit comme ça on dirait un kamoulox) me comblerait et m’émouverait (ça se dit pas mais je m’en fous, c’est ma chronique et c’est du direct, one shot one opportunity) j’aurais crié au fou et à l’assassin. Et pourtant si. Ce disque est la suite du spectacle donné en 2006 par Sapho à la Maison de la poésie de Paris où elle reprenait les chansons de la graine d’ananar (de ses créations personnelles aux mises en musique des grands poètes). Ferré c’est un personnage oh combien attachant, des chansons superbes et puis une sorte de savoir-faire et de forte identité (le côté je chante la main levée droit devant soi des histoires fortes), c’est aussi du genre à chanter seul en scène avec ses petites bandes d’orchestre comme le premier Dave venu sur la fin de sa carrière (pas sa faute en même temps). Sapho c’est le genre à s’accroupir devant un guitariste dans le métro pour l’écouter reprendre magistralement du Clapton, c’est aussi du genre à pousser un peu trop les vocalises et de déborder largement des prérogatives d'habitude usitées du langage du corps, un univers singulier certes mais un univers comme une bulle dans laquelle il est pour beaucoup difficile de rentrer. Le flamenco heu… Non rien. Et là c’est comme un petit miracle, c’est d’un coup la beauté des textes et des mélodies de l’ami Léo qui nous éclate à la figure, comme une douce vengeance face à notre frein ainsi impeccablement saboté. C’est la voix de Sapho et tout ce qui fait son charme qui opère juste ce qu’il faut, s’imprégnant des chansons sans les dénaturer et sans aller au-delà de ce qu’il faut, un joli équilibre. C’est la guitare mielleuse qui coule en nos oreilles avec retenue et doigté, au final c’est un disque comme une quintessence des talents de l’une et de l’autre sans forcément leurs tics et leurs traits quelquefois grossis, juste affinés comme il faut. Une vraie expérience et un vrai plaisir d’écoute. Mention spéciale à « Comme à Ostende » (improbable mélange tout de même que cette chanson en mode flamenco), mention aussi à l’interprétation parfaite de « Monsieur William » et au « Avec le temps » final interprété (une seconde fois après une version française) en arabe. Mention finale à « L’espoir » aussi et à toutes les autres tant le disque fait bloc. Bravo et merci à Sapho et à son guitariste Vicente Almarez. Le joli site de la demoiselle
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