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Playlist Golden 80's

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Posté par Cyril Cossardeaux le 2007-10-01



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Echo & The Bunnymen : Villiers Terrace (1980)

Extrait du tout premier album des petits lapins, Crocodiles. Visuellement, Echo avait tout du groupe new waveux et la vilaine coupe de cheveux de son leader charismatique Ian McCulloch n’aurait pas dépareillé dans le line-up de Cure ou des Banshees de Siouxsie. Musicalement, c’était un peu autre chose, avec notamment une filiation avec les Doors que les Bunnymen assumeront à la fois en reprenant régulièrement People are strange mais surtout en se faisant produire (l’album sans titre de 1987, le dernier en date de la première vie du groupe) par Ray Manzarek, clavier des Doors en personne.
On n’en est pas encore là en 1980 mais le groupe assume déjà ses influences psychédéliques, à l’instar de l’autre groupe phare de Liverpool du moment, les Teardrop Explodes de Julian Cope. Pas seulement sur le plan musical, mais aussi au niveau des paroles, avec ces vers dans la chanson qui nous préoccupe : "People rolling round on the carpet / Mixing up the medicine". On se croirait carrément dans les scènes de trip d’Easy rider !







Young Marble Giants : Credit in the straight world (1980)

Disque séminal s’il en est, ce Colossal youth des Young Marble Giants, comme dirait l’ami Léo !
Un genre d’ovni sans réelle ascendance, mais avec une descendance plus féconde, même si aucun des musiciens qui ont pu être influencés par ce disque n’ont jamais vraiment approché son "minimalisme riche" et son sentiment d’"urgence cool".
Les trois musiciens qui composaient le groupe non plus, qui prirent vite des chemins plus ou moins différents : Weekend, marchant sur des brisées, très élégantes, d’ailleurs, plus clairement cool jazz, The Gist, le plus près de l’esprit mais dont les compositions souffraient un peu de la comparaison…
Niveau minimalisme, on n’est pas forcément très loin d’un Suicide (mais misant moins sur la seule énergie) ou d’une Nico (mais quand même en moins glacé et un peu plus incarné). Une boîte à rythme (sans "s", volontairement) genre métronome, une ligne de basse, quelques notes de guitare, et la voix à la fois blanche et expressive d’Alison Statton, c’est tout et cela fait un astre noir (comme la pochette de l’album) de la pop du XXème siècle.







Kraftwerk : Pocket calculator (1981)

On n’a probablement plus besoin de présenter Kraftwerk. Mais attardons-nous quand même un peu sur l’album dont est issu ce morceau, Computer world (ou Computerwelt si on préfère, dans la version allemande de l’album).
Ce n’est pas le plus connu des quatres géniaux allemands de Düsseldorf, du groupe qui, plus qu’aucun autre peut-être, a modifié en profondeur (et souvent souterrainement) la musique populaire de la fin du XXème siècle et du début du XXIème. Pas de véritable "tube" à l’instar de Radioactivity, Trans Europe Express ou The Model, dans celui-ci, décrivant un monde computerisé avec une esthétique Minitel qui nous fait plutôt sourire aujourd’hui (la pochette !) mais témoignant quand même d’une réelle prescience.
La musique se fait ici clairement plus rythmée et même dansante que dans les précédents albums du groupe, sans non plus sombrer dans l’électro-pop trop souvent vide d’idées ayant servi de fonds de commerce à Kraftwerk depuis. Ici, des idées, il y en a, dix à la seconde, et le moins qu’on puisse dire est que bon nombre ont retenu la leçon, notamment Depeche Mode, dont quasiment toute l’œuvre, parfois considérable (Violator, chef d’œuvre !), est contenue dans Computer world.







The Pretenders : Day after day (1981)

Quel étrange destin que celui vécu depuis maintenant de trop longues années par Chrissie Hynde et son groupe (disons celui des trois premiers albums, le reste de sa discographie ressemblant davantage à une carrière solo déguisée de Chrissie) !
En 1980, c’est peu dire que le single Precious avait fait son petit effet (notamment en France), révélant la grande finesse d’écriture d’un groupe incarnant, avec d’autres, plus ou moins oubliés (The Police, The Knack, voire The Jam) le versant plus pop-rock de la new wave (qui, à l’instar de sa grande sœur cinématographique, a aggrégé à peu près tout et n’importe quoi). Chrissie Hynde elle-même, quant à elle, incarnait à la fois ce mélange de fantasme de "fille rock’n’rollienne" (avec une autre classe et surtout de toutes autres qualités musicales que ses contemporaines Joan Jett ou Pat Benatar) et de grande sœur nous ayant initié à la chose (musicale, pas sexuelle). Pensez ! Une Américaine (mais s’épanouissant artistiquement en Angleterre) de presque 30 ans (comparable à Debbie Harry sur ce plan, même si plus jeune et quand même moins incroyablement sexy), ancienne rock critique au NME (à l’époque, ça vous posait une crédibilité rock’n’roll, ça !) et filant le parfait amour avec rien moins que Monsieur Ray "The Kinks" Davies, waouuuuh !
Musicalement, le son se fait un peu plus musclé sur le deuxième album des Pretenders (celui de ce morceau, Day after day) et sur le suivant (Learning to crawl, 1984), même si l’un comme l’autre sont encore très riches en pépites pop.
Aujourd’hui que les années 80 sont pourtant si furieusement à la mode, il semble que l’on ne cite plus guère les Pretenders comme un modèle d’excellence pop-rock, alors que ce groupe sut un temps allier exigence d’écriture et vrai succès populaire, et c’est aussi incompréhensible que regrettable…






The Dream Syndicate : That’s what you always say (1982)

Lou y es-tu ? C’est peu dire que le fantôme de Lou Reed (du Velvet Underground en général) a hanté la courte mais intense discographie du Dream Syndicate… Le groupe emmené par Steve Wynn était d’ailleurs américain comme le Velvet pouvait l’être également, sans aucun doute possible (malgré l’influence si forte du Gallois John Cale dans le cas des protégés d’Andy Warhol), tant ces deux groupes partagent cette même urbanité (le mot n’est pas ici précisément à prendre dans son acception de "politesse"…) un peu crasse et assez profondément malsaine. La ligne n’est cependant pas directe entre les deux groupes, qui passe aussi clairement par le punk américain (des Stooges à Television, pour viser large), dont le Dream Syndicate n’est d’ailleurs pas loin d’être encore un représentant, mais aussi par le free jazz.
Cette dernière influence ne s’entend pas directement sur That’s what you always say, aux agressifs riffs de guitare très rock, si ce n’est dans certaines dissonances avec lesquelles le groupe faisait très souvent plus que flirter.
Même si ça n’est pas forcément beaucoup entendu au fil du temps, il est clair qu’un groupe comme R.E.M. a une dette envers le Dream Syndicate.
A ne pas confondre avec deux autres groupes au nom très similaire, Dream Theater et Dream Academy.






The Pale Fountains : Lavinia’s dream (1982)

Attention, chasse gardée et jardin secret ! Les Pale Fountains… un mot de passe que certains survivants de ces années 80, qui ne furent globalement pas toujours douces aux esthètes, se refilent en cachette et dont le partage suppose une communauté d’esprit allant bien au-delà d’un goût prononcé pour les arpèges pop les plus délicats.
Encore un groupe de Liverpool, comme les Echo & The Bunnymen et Teardrop Explodes cités plus tôt, mais n’ayant musicalement pas grand-chose en commun. S’il est un groupe dont les frères John et Michael Head se sont toujours réclamés (joignant même le geste à la parole quand leur groupe successeur des Pale Fountains, Shack, accompagna Arthur Lee sur scène lors de son come-back des 90’s), c’est bien les Californiens de Love. Pas pour leur propension au blues (après le départ de Bryan McLean) ou au jazz coltranien (Revelation, sur Da capo), mais plutôt pour ce subtil mélange de pop pastorale et légèrement psychédélique, pour ces constructions mélodiques parfois un peu alambiquées, bref pour ce goût d’une pop sophistiquée mais ne tombant pour autant jamais dans la démonstration de forts en thème.
Avec Lavinia’s dream, b-side du tout premier single du groupe, Just a girl, on est en plein dedans. A noter également le rôle prépondérant que joue ici la trompette aigrelette d’Andy Diagram, dont le rôle musical sera hélas de moins en moins prépondérant dans la discographie des Pale Fountains, emportés quelques années plus tard, comme tant d’autres, par l’infortune commerciale et le ravage des drogues…






Tom Waits & Crystal Gayle : This one’s from the heart (1982)

Lorsque son pote Francis Ford Coppola demande à Tom Waits de composer la musique de son "musical" One from the heart (in french, Coup de cœur), ce dernier sort d’une décennie 70 qui l’aura vu s’imposer comme le maître d’un nouveau "crooning" bluesy-jazz arty et déjanté (passablement alcoolisé et nicotiné aussi). Mais la musique de ce film un chouïa mégalomaniaque de Coppola (reconstituer Las Vegas – rien que ça ! – dans ses nouveaux studios Zoetrope, qui ne s’en remettront pas, financièrement) est d’un autre tonneau et d’une autre ambition.
Bénéficiant de la crème du jazz cool West Coast (Shelly Mann à la batterie, Teddy Edwards au saxophone, etc.), Waits peut s’en donner à cœur joie dans la sophistication et la richesse des arrangements (grandiose section de cordes). Il en profite également pour dépouiller toutes ses compositions de toutes ses tentations un peu bruitistes ou dissonnantes, qui deviendront un peu plus tard sa marque de fabrique, l’entraînant parfois dans une certaine impasse musicale.
Son chant est également policé, atteignant une expressivité et une simplicité, une émotion, tout simplement, inégalée dans toute son œuvre. Il est vrai aussi qu’il bénéficie là de l’apport d’une chanteuse, Crystal Gayle, qui prouve ici l’immensité d’un talent pas toujours perceptible dans ses propres albums baignant dans des eaux FM beaucoup plus mainstream (on connaît néanmoins le très joli Don’t it make my brown eyes blue).
L’album est un chef d’œuvre, quel que soit la catégorie dans lequel on décide de le ranger : musique de films, variétés internationales, jazz, etc.
Hélas, il pâtira forcément du destin commercialement catastrophique (et particulièrement injuste) d’un film largement incompris et ayant porté le premier très rude coup à la carrière de Coppola, qui ne s’en remit vraiment jamais tout à fait…







Eyeless In Gaza : September hills (1983)

Etrange "groupe" (deux membres seulement, en fait, Martyn Bates, au chant si particulier, et Peter Becker), pour un étrange nom (choisi d’après le titre d’un roman d’Aldous Huxley, juste pour sa sonorité) et une étrange musique…
Comment la définir ? Disons qu’elle a beaucoup varié suivant les aventures discographiques du duo. D’un minimalisme quasi industriel parfois aux frontières du bruitisme à ses débuts, le groupe a progressivement évolué vers des atmosphères et des sonorités beaucoup plus pop, particulièrement sur l’album Rust red September dont est issu ce September hills, et son suivant, Back from the rains (en 1986). Mais même dans ses albums pop, Eyeless In Gaza gardait toujours cette sorte de dureté, on pourrait presque dire de douleur, faisant sa marque de fabrique. Particulièrement par le chant de Bates, souvent proche d’une sorte d’incantation frappée du sentiment d’urgence.
A la séparation du groupe, en 87, Martyn Bates poursuivra une carière solo dans les mêmes eaux musicales, malheureusement encore plus confidentielles que celles d’un groupe qui n’aura jamais franchi les frontières du cercle des happy few (mais s’en est-il seulement donné les moyens ?).






The Bongos : Numbers with wings (1983)

Groupe à peu près totalement inconnu chez nous mais pourtant caractéristique de ce que peut être un groupe populaire de college radios US. A leurs débuts (enfin, de leur "vivant", car le début de leur carrière fut très proche de la fin), les Bongos ne furent pas si loin de rencontrer le même type de succès qu’un groupe comme R.E.M., par exemple, même s’il n’est pas besoin d’ajouter que les deux combos n’ont pas connu ensuite le même destin…
Particulièrement ce Numbers with wings fut un joli petit hit alternatif, que se réappropria d’ailleurs superbement l’ex-leader du groupe, Richard Barone, dans sa carrière discographique solo. Notamment dans le maginifique album live unplugged Cool blue halo, mâtrice tout à fait crédible du unplugged autrement plus célébré d’un certain groupe de Seattle. La comparaison n’est pas gratuite et tirée par les cheveux gras de Cobain, quand on sait aussi que Barone y reprenait déjà le The Man who sold the world de Bowie et que la version de Nirvana lui ressemble de façon trop troublante pour être tout à fait fortuite…






The Jazz Butcher : La Mer (1983)
La bizarrerie "décalée" du lot. Il ne s’agit nullement d’une reprise (en français dans le texte) du célèbre standard international de Charles Trenet, mais d’une chanson particulièrement "non sensique" dont seuls les Anglais ont le secret. Et celui qui nous occupe ici, répondant au pseudonyme de Pat Fish, est un ex-étudiant d’Oxford. Autant dire que l’œuvre souvent assez délirante du Jazz Butcher (groupe à géométrie très variable, en fait essentiellement réductible au seul Fish) valait au moins autant par ses lyrics que par sa musique, alignant des chansons sur des sujets aussi divers que Peter Lorre, Olof Palme ou un cadeau d’anniversaire au président Reagan…
Ici, c’est encore pire. Honnêtement, cette Mer n’a pas vraiment marqué les esprits par sa musique (pas d’un grand intérêt, malgré un joli solo de guitare acoustique), mais plutôt par ses paroles (en français, s’il vous plait… enfin, pour autant qu’on le comprenne toujours) particulièrement absurdes, à propos d’éléphants allant à la plage, avec ce refrain d’anthologie "Tout le monde s’amuse bien à la plaaaage !".
A ranger dans la sous-catégorie des "chansons à éléphant", avec le Bébé éléphant de Dick Annegarn, Le Président et l’éléphant de Gilbert Lafaille et bien sûr le Baby elephant walk d’Henry Mancini pour la musique d’Hatari !








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Commentaires
De : chansonsdantan

à quand le volume 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 -10- 11 - 12 - 13 - 14 - 15 - 16 - 17 - 18 - 19 - 20 - 21...
est ce que quelqu'un à vu Julien Riebel ?
en tout cas, beau boulot.

De : aztec

qui me cherche ?
julien riebel

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