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Pete Doherty - Grace/Wastelands"

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Posté par Rémi Boiteux le 2009-03-24



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D’abord une précision: l’auteur de cette chronique, sans raison particulière, ne s’est jamais penché sur le cas Doherty. Ni ses disques avec les Libertines ou Babyshambles, ni ses frasques Amy-Winehouse-like. C’est donc dans un climat de relative virginité qu’il se penche sur le PREMIER album signé du nom de Peter Doherty. Et c’est sur la foi de cette seule pièce à conviction qu’il s’exclamera: bon sang, j’aime ce type!

On évitera la tentante tarte à la crème critique de l’”album de la maturité” pour -subtil ajustement- parler d’album mûr. Mûr comme un fruit qui n’a pas peur d’exprimer tout son sucré. La pochette intérieure s’orne un peu crânement d’un portrait de Rimbaud; cependant, “Grace/Wastelands” ne prend pas le pli du trip poète maudit, sauf au détour de quelques romantiques lyrics (“if you’re still alive when you’re 25 shall I kill you like you asked me to?”).

Non, l’œuvre s’inscrit tranquillement dans un lignée de pop ouvragée qui coule de Mc Cartney en The La’s. Trop mignons pour être honnêtes les “pa-pada-padam” vaguement jazzy de “The Sweet by and by”? Peut-être, mais c’est aussi ce genre de coquetteries qui enrichissent la jolie gamme de couleurs, un peu passées, de cette collection de ballades pop dynamiques et mélancoliques. Le songwriter y marie les contrastes, mais toujours dans une douce harmonie (de ce disque le météorologue dira qu’il évoque autant un soleil automnal qu’une brise de printemps), servi en cela par la production à la fois cristalline et charpentée de Stephen Street. Autre homme de main essentiel de ce bel ouvrage: le Blur Graham Coxon avec sa guitare, en bras droit de luxe d’un bout à l’autre.

D’un disque qui commence aussi fort (on tombe immédiatement amoureux du doublé “Arcady” et “Last of the English Roses”), on aurait peut-être pu attendre juste un peu plus d’aventure, voire de folie, en cours de route, mais on ne regrettera finalement pas de s’en tenir à son classicisme, tant l’élégance de l’ensemble et la voix touchante de Peter Doherty emportent l’auditeur. Il n’y a, en fait, qu’aux anglophobes absolus qu’on pourra déconseiller “Grace/Wastelands”, l’ADN du disque étant sans équivoque albionesque au possible, nonobstant le folk roots de “Place of Bone”.

Mine de rien, Doherty passe assez près du chef d’œuvre classique mais surtout signe ce qu’on appellera avec la simplicité qui lui sied: un très bel album.




Retrouvez d'autres articles sur Peter Doherty :

Concert surprise de Peter Doherty, ce soir (18 janvier), à la Flèche d'or !


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Commentaires
De : Fight for your rights to Bornu

Tout comme l'auteur de cette chronique je ne suis guère au fait de la production discographique de Doherty, ayant écouté sans déplaisir ni délice les albums des libertines ou ceux des babyshambles. Je lui reconnais en tous les cas un certain talent pour les bluettes (down in albion par exemple) dont il était certain tot ou tard qu'elles viendraient en première ligne des préoccupations.



Il est difficile d'écouter ce disque sans penser au projet des "Last Shadow puppets" pour ma part, disque sorti l'an passé et dans lequel Turner des Arctic Monkeys (son blur à lui ?) se laissait aller à la pop sixties, à l'acoustique gouailleur et à l'emphase inspirée. Là on a vraiment l'impression que Doherty a voulu faire son Shadow Puppets à lui (quoi de plus naturel d'ailleurs pour la dernière des poupées du showbizz rock) avec ce disque où en effet on aura sans doute tout loisir de lire "disque de la maturité" et autres conneries qui nous laissent à penser que rien n'est plus lourdingue que ces compliments qui se dégainent aveuglément dés qu'une icone tend à sortir un tantinet de ses propres sentiers battus



Au final le disque est sympathique, plaisant mais guère bouleversant, soit en gros le presque calque en pop folk des disques rock de Doherty, comme quoi les chiens mouillés ne font pas des chats tout secs.

De : Arturo Belano aka Rémi

tiens c'est vrai, je ne les cite pas dans la chronique mais j'ai aussi pas mal pensé, aux premières écoutes, au disque des LSP que j'avais beaucoup aimé l'année dernière. Sauf que je ne le ressors plus beaucoup aujourd'hui (ce qui n'enlève rien à sa haute tenue), alors que j'ai l'impression que le petit truc de Doherty, peut-être moins immédiatement accrocheur dans l'ensemble, m'accompagnera plus longtemps. Mais je peux me tromper. Cela dit, quand même, "Last of the English Roses" ce serait pas le meilleur single de pop britonne classique depuis... "The Age of the understatement", tiens?

De : I consider a move to bornu

Pour moi la meilleure chanson britpop depuis au moins les manic street preachers c'est le "turn tail" des young knives !!

De : Lionel Grenier

Perso, je suis le bonhomme depuis Up the Brackets. Je trouve dommage que bien souvent, Doherty soit résumé aux "scandales" taillés sur mesure pour la presse mange merde. Ce premier album solo se dévoile peu à peu (Mais n'est pas là le don des bons albums?) et navigue plus sur le story-telling que sur l'autobiographie impudique (mais qui peu être excellente).
En fait, le seul gros reproche que je fais à Doherty, c'est d'avoir provoqué une vague de groupes british sans aucun intérêt qui, au final, risque de lui porter préjudice. Un peu comme Nirvana avec le grunge.

De : Dorothée

Rémi, tu fais bien de souligner le rôle de Graham Coxon. Il suffit de trouver une version de "1939 returning" SANS Graham pour s'en convaincre...
Merci aussi d'avoir qualifié Doherty de "songwriter". Parce que loin de son image brouillonne et destroy, le garçon a une vraie finesse d'écriture...

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