Avec Abbey Lincoln, morte à New York le 14 août 2010 à l’âge de 80 ans, c’est probablement la dernière grande "lady" historique du jazz qui disparaît.
Elle avait comme principale particularité, par rapport à ses consoeurs, d’être aussi l’auteur d’une partie de son répertoire, à côté des compositions des musiciens qui l’accompagnaient (ou qu’elle accompagnait) et des standards (parmi lesquels sa relecture du Mon homme de Piaf restera l’un des plus célèbres). Aussi celle d’avoir un chant sans doute moins suave que celui d’une Sarah Vaughan, par exemple, présentant plus d’aspérités, fuyant la joliesse, n’hésitant pas à exprimer la douleur d’être une femme noire aux Etats-Unis, dans la tradition de Billie Holiday et dans une démarche militante assez proche de celle de Nina Simone.
C’est d’ailleurs pour l’album enregistré par son futur mari, le génial batteur Max Roach, sur lequel elle chantait, We Insist ! Freedom now Suite (1960), manifeste du post-bop et des débuts du mouvement "black power" qu’elle restera peut-être dans l’Histoire.
Avec Max Roach
Sa production discographique fut d’ailleurs beaucoup plus prolifique à partir de sa redécouverte, dans les années 80, et de ses albums enregistrés avec des accompagnateurs aussi prestigieux que Stan Getz, Hank Jones, Charlie Haden, Archie Shepp, Pat Metheny ou Steve Coleman, la plupart pour le label Verve.
Dernière particularité : une petite carrière cinématographique qui ne fut pas sans intérêt, de La Blonde et moi, de Frank Tashlin, en 1956, à Mo’ Better Blues, de Spike Lee, en 1990, en passant par une nomination aux Golden Globes pour For Love of Ivy, de Daniel Mann, en 1968.
Commentaires
Pas de commentaires pour le moment Insérer un commentaire :