bandeau

 





 Lux Perpetua - Requiem d'Anthonius Divitis ou d'Antoine de Févin - Organum (Aeon)

 Odhecaton - Claudio Monteverdi - "Missa In Illo Tempore" (Ricercar)

 Sébastien Tellier - My God is blue

 Lower Dens - "Nootropics"

 The Mount Fuji Doomjazz Corporation - "Egor" - Denovali records, 2012.

 Kery James - 92.2012

 Perfume Genius - "Put Your Back N 2 It"

 Soap&Skin - "Narrow"

 Austra - "Feel It Break"

 La Grande Sophie, La place du fantôme (AZ, 2012)

 Jullian Angel en interview

 Blind Guardian - Memories of a time to come

 Egisto (P.F. Cavalli) à l'Opéra Comique - du ravissement

 Regards croisés : lorsque Bach dialogue avec Britten ...

 Hommage à Gustav Leonhardt (1928-2012)

 Ben Folds - Best Imitation of Myself: A Retrospective 1991-2011

 Entretien avec Half Asleep

 Playlist Culturopoing Musiques 2011

 Palmarès Musiques 2011

 Giovanni Giorgi, Ave Maria, Messa a Due Cori - Leonardo García Alarcón (Ricercar)

Tous les articles Musique

Musique

Mort de la chanteuse Cesária Evora


Posté par Cyril Cossardeaux le 2011-12-18



 
Rarement le destin d’une véritable star internationale de la chanson aura autant ressemblé à un conte de fée : la pauvreté et les premières années difficiles, le bon samaritain avisé qui la repère et se fait fort d’en faire une vraie chanteuse professionnelle, la gloire... A la différence près que la princesse en question a été ici touchée par la grâce une trentaine d’années après l’âge moyen auquel les Cendrillon des contes deviennent princesse et qu’elle n’en aura donc profité qu’une vingtaine d’années.
Pour Cesária Evora, tout a basculé ce jour de 1987 où José da Silva, un cheminot français d’origine capverdienne et déjà impliqué dans des projets avec des musiciens de sa communauté, l’entend chanter pour la première fois dans un restaurant de Lisbonne. Tout a basculé pour Evora mais aussi pour da Silva, qui ne pouvait probablement pas imaginer alors qu’il venait de découvrir celle qui allait aussi changer sa vie à lui… Il fonde Lusafrica en 1988 (à la tête aujourd’hui de l’un des plus beaux catalogues de musiciens d’origine africaine ou latino-américaine) et produit un premier album pour Cesária, La Diva aux pieds nus, qui deviendra vite son surnom officiel, traduisant à la fois son habitude de jouer parfois sur scène pieds nus mais aussi ses origines très modestes. Cet album et le suivant, Mar azul (1991), rencontrent plutôt un succès d’estime, peinant à dépasser le cercle des communautés capverdiennes, malgré un premier concert au New Morning (toujours avisé pour repérer les nouveaux talents et l’originalité) dès octobre 1988. Mais da Silva est persuadée que l’aura de Cesária Evora peut aller bien au-delà ; ce que son troisième album, Miss Perfumado, en 1992, va prouver au-delà de ses espérances : 800 000 exemplaires vendus, dont la moitié en France. Des millions de gens découvrent alors la spécificité et la richesse de ce tout petit pays de 500 000 habitants qu’est le Cap-Vert, archipel au large des côtes du Sénégal ayant accédé à l’indépendance en 1975 dans la foulée de celle que le Portugal fut contraint d’accorder à l’Angola, au Mozambique et à la Guinée-Bissau, ses autres colonies africaines. En particulier la morna, grâce à ce qui allait devenir son hymne planétaire, Sodade, version capverdienne de la saudade portugaise ou brésilienne, cette nostalgie du pays local (que peuvent aussi ressentir ceux qui ne l’ont jamais quitté).

Cesária Evora au Jazz Nice Festival en 2009
Au Jazz Nice Festival en 2009

Miss Perfumado
ne fait pas seulement de Cesária Evora l’une des plus improbables stars de la world music de la fin du 20ème siècle ; il éclaire aussi d’autres musiciens, en particulier ses compatriotes Teofilo Chantre (l’un de ses compositeurs, notamment de Luz dum estrela et Tortura sur cet album) ou Paulino Vieira, guitariste et joueur de cavaquinho, mais aussi l’Angolais Bonga, auteur de Sodade (même si ce n’est pas lui qui en est crédité sur le disque).
Dans les années qui suivent, elle enchaîne albums (toujours fidèle à Lusafrica) et tournées, qui l’amèneront partout. Sa participation, sous l’égide de Goran Bregovič, à la bande originale de la seconde Palme d’or cannoise d’Emir Kusturica dès 1995, Underground, est l’une des plus éclatantes manifestations de son aura internationale. Elle multiplie d’ailleurs les collaborations prestigieuses, sur ses propres disques (avec le saxophoniste James Carter sur Cabo Verde en 1997, Caetano Veloso, Chucho Valdés ou Bonnie Raitt sur São Vicente en 2001, à nouveau Veloso mais aussi Cali, Ismael Lô et le grand violoncelliste et arrangeur brésilien Jacques Morelenbaum sur Rogamar en 2006) et sur ceux des autres (Compay Segundo, Bernard Lavilliers, Nèg’Marrons), élargit sensiblement son registre musical (notamment à partir de l’album Cafe Atlantico en 1999, qui la voit aussi aborder les rythmes latino-américains) et remporte un Grammy Award du meilleur album de world music en 2005 pour Voz d’amor.
De façon assez comparable à ce qui s’est passé pour ses homologues cubains (re)découverts à l’automne de leur vie grâce à l’incroyable succès du projet Buena Vista Social Club, parallèlement à ses nouveaux disques sont également exhumés ses premiers enregistrements semi-professionnels réalisés à partir des années 50 à Mindelo, dans son "petit pays" du Cap-Vert (du titre d’une de ses fameuses chansons de l’album Cesária, 1995).
La reconnaissance n’a malheureusement pas mis à toutes ses addictions altérant sensiblement sa santé (alcoolisme, tabagisme), ni à ses mauvaises habitudes alimentaires incompatibles avec son diabète. Malgré une belle dernière apparition sur les scènes françaises en avril dernier, son état s’était sérieusement dégradé depuis plusieurs mois et l’avait contraint, en septembre, à annoncer son retrait de la scène. Hélas, cette annonce ne précédait donc que de quelques mois un adieu bien plus définitif, à seulement 70 ans. Le 17 décembre 2011, le ministre de la culture capverdien annonçait que la plus belle étoile de son pays était désormais appelée à briller aux côtés de Billie Holliday, Mercedes Sosa, Ella Fitzgerald, Amália Rodrigues ou Edith Piaf…






Share/Save/Bookmark 






Commentaires
De : indios

Dame Cesaria EVORA,une des plus grandes chanteuses de notre époque nous a quitté mais elle restera pour toujours et à jamais dans tous nos coeurs attristés et affligés par sa disparition précoce pour nous ses fans des premières heures;car une icône et une star comme ELLE ne meurt jamais et elle restera encore pour toujours et à jamais dans notre mémoire.
Que Dieu le Tout Puissant Miséricordieux l'Eternel lui donne la place qu'elle mérite au ciel auprès des anges pour qu'elle puisse continuer à chanter avec eux pour l'ETERNITE!!!
R.I.P Rest in Paece!
Most Respect Dame Cesaria EVERA!
QUE SON AME REPOSE EN PAIX!
NOUS T'AIMONS DE TOUS NOS COEURS ET NOUS T'OUBLIERONS JAMAIS MAMA!!!

De : Charles

Te souviens-tu de moi, Nouvel An 2002-03, je l'ai passé chez toi à Mindelo ? Tu étais une Diva mais tu étais aussi une Dame de Coeur. qui avait su rester simple, sans te laisser éblouir par la gloire. Je te porterai toujours dans mon coeur. Repose en paix avec l'espoir de te retrouver un jour. Saudade mais profundo de la Suisse.

De : Serge ULESKI

Dis... Cesaria, qui étais-tu quand tu n'étais pas encore Evora ?



Une voix formée dans les vapeurs d'alcool et la fumée des bars du Cap-Vert - volutes d'une célébrité à venir aussi improbable que méritée -, face à des clients, autochtones ou touristes, pas toujours prévenants et attentifs...

Une voix au caractère forgé dans la poussière de Mindelo, sa ville natale ; poussière levée par des pieds nus sous la menace d'un estomac dans les talons : celui d'une famille de quatre enfants à nourrir...


Regard doux mais sans illusions, dure à la tâche, pour Cesaria Evora le succès, même tardif, c'était... "... quand on n'a plus à s'inquiéter de savoir comment on va faire manger toute la famille".


Et c'est ce même succès qui lui fera quitter son île, et non la pauvreté, contrairement à tant de ses compatriotes.

***

Elle a chanté Saudade d'Armando Zeferino Soares, enfin reconnu comme le véritable et unique auteur-compositeur de la chanson, après un long périple judiciaire, bien des années après sa création dans les années 50…

Saudade qui est plus qu’une chanson est l’expression d’un désir intense pour ce qui a été perdu - un pays, l'être aimé -, tout en gardant espoir, et puis sans doute aussi... l’expression de quelque brûlure de l'âme.


Epuisée, Cesaria Evora avait demandé à pouvoir se reposer : elle a été exaucée il y a quelques jours ; en revanche, on sera en droit d'espérer que sa voix ne connaisse, elle, aucun repos.


Mais... dis-nous Cesaria : qui as-tu été et comment as-tu vécu (vaincu ?) durant toutes ces années, et alors que tu n'étais pas encore Evora ?



Insérer un commentaire :
Nom ou pseudo :


Commentaire :


Veuillez entrer le mot ce dans la case ci-dessous:


 

 

Recherche sur le site

 

         Les sorties
         Hors actu
         Entretiens
         Dossiers/hommages





FERMER