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Midlake au Nouveau Casino (Paris, 2 février 2010)

Les sorties
Posté par Bruno Piszorowicz le 2010-02-03



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La scène exigüe du Nouveau Casino accueillait hier soir les 7 musiciens (5+2) du groupe Midlake, oui 7 avec 4 guitares, 2 flutes, 1 clavier, 1 batterie,1 tambourin, 1 chanteur, 1 chanteur bis et 2 à 3 choristes selon les morceaux. A vous et vos notions d’analyse combinatoire de faire le calcul des possibles. L’occasion pour certains (enfin pour moi) de les découvrir sur scène avec cette petite tournée européenne organisée pour promouvoir leur dernier album en date, « The courage of others », sorti par chez nous ce lundi 1er février (et prochainement chroniqué sur Culturopoing cela va de soi).
 
On découvre avec ce nouvel album du groupe une musique plus calme, beaucoup plus calme qu’auparavant même si la pop inspirée du groupe ne baignait pas jusqu’alors dans une folle énergie et une agitation mélodique de force 6-7. Il va de soi que ce concert fut à ce titre une belle mise en valeur des chansons qui le composent, chansons encore un peu sauvages et pas tout à fait apprivoisées avec si peu d’écoutes pour certains (enfin pour moi aussi, pas eu le temps de réviser). Le groupe arrive sur scène discrètement  il est d’ailleurs accueilli par le public de la même manière, toujours un peu surprenant ces concerts parisiens, surtout quand le concert est par ailleurs complet, celui-ci débute par un titre du dernier album, une ballade profonde et dense. Il est d’ailleurs  assez étonnant d’entendre des mélopées presque médiévales pour un groupe venu du Texas, cette flute, ces petits airs de guitare, ces voix mêlées et doucereuses qu’on pourrait prendre pour une musique de troubadours, une musique gorgée de folk d’inspiration anglaise, celui justement qui prend une partie de sa musicalité dans ce moyen-âge que les américains nous envient.

Des sonorités qui vont composer la trame majeure du concert jusqu’à empiéter aussi sur les compos d’avant, se dévoilent ainsi une version flutée, et non violonée (suivez, prenez des notes) de Young Bride qui déçoit un poil même si la joie d’écouter ce morceau en live l’emporte ou encore à une superbe intro flutée (on y revient) sur Head Home qui, elle, ravit. Côté nouvelles chansons on retient les interprétations superbes du premier titre du disque, Acts of man, et d’un morceau du nom de Children of the grounds même si les autres titres joués ne dépareillaient pas sur un aussi beau tableau.

 

Photo : Concert de Cambridge, janvier 2010
La même chemise pour la même ivresse

Le groupe garde toutefois également ses racines musicales 100% américaines, plongeant ainsi par moment dans la cavalcade de guitares à la Neil Young voire en plus deep South encore à la Lynyrd Skynyrd & Co (4 guitares contre 2 batteurs, tant pis pour les Allman Brothers). Mais s’il y a quelques soli de guitare il y a aussi du solo de flûte (4 de guitare contre 2 à la flute), il y a aussi le travail sur les chœurs qui est toujours important chez eux, aussi une (sublime) voix lead qui rappelle plus que jamais Christopher Cross et puis les appoints vocaux réguliers des petits camarades. On ne fera pas le coup du « les Midlake aujourd’hui c’est Lynyrd Skynyrd  qui reprend du Christopher Cross » mais sur les morceaux les plus enlevés du set (les perles du disque précédent, à savoir Roscoe, Young Bride et Head Home) on a vaguement ce sentiment là, un sentiment qui disparait lorsque les derniers morceaux en date sont joués, là où quelques spectres ancestraux britanniques sont à leur tour convoqués.
 
On pourra  reprocher au groupe le manque de rythme du gig, cette impression de douceur (ou mollesse selon l’humeur) patente le plus souvent, certain(e)s se sont ennuyé(e) c'est vrai. Bien que le tempo général de The courage of others laissait augurer d’un set de ce style et de cette humeur-là, on regrette que trop rarement la musique ne se soit embrasée (ces soli à la fin de Head home par exemple) "alors qu’il y avait la place" comme le dirait Jean Fernandez. Un phénomène peut-être plus général d’ailleurs que le seul cas des Midlake si l’on pense aux prestations scéniques d’autres groupes de qualité œuvrant dans un style non pas similaire mais au moins proche, comme les Fleet Foxes ou encore Windsor for the derby voire Death cab for Cutie, ces groupes qui sortent des albums formidables et qui peinent à passer avec force et ferveur l’’épreuve du live.
 
Beaucoup de choses à dire et à éprouver au final pour une musique aussi précieuse, dans tous les sens du terme.  Les musiciens dégagent beaucoup de sympathie , ils jouent superbement bien, le niveau atteint est tout de même très élevé, il faut le dire et surtout le souligner. Ce concert de Midlake était un très bon moment et il décuple l’envie de se plonger en détail dans la découverte de leur nouvel album autant qu’il rend impatient de les revoir sur une scène parisienne, ca sera le Bataclan en avril au gré d’une tournée française (Printemps de Bourges et d’autres dates de province) de belle ampleur.

 

Photo : Concert de Cambridge, janvier 2010 itou
Same dress, new day


 




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Commentaires
De : Emmanuel Beauvais

Un peu l'impression d'avoir affaire à des roadies de neil young c'est vrai

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