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Mashrooms/Tendance King Kong/Fiasco à la Cantine de Belleville le 18 février prochain. |
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ça fait un bon bout de temps qu’on attendait le moment propice pour en causer, de l’activité bienveillante et de qualité - ce qui ne gâche rien - des zozos Cooney et Wax, organisateurs de concerts d’En veux-tu? En v’là! Voici donc l’occasion idéale avec ce concert à ne pas rater (si possible) si vous avez : de un, cinq euros, de deux, la soirée de Samedi, et de trois, l’envie d’écouter des groupes tripants.
Dans une lecture comparative, c’est non sans ironie - figure de style dont la Sicile devrait à titre d’amusement revendiquer l’homologation car c’est une vraie marque de fabrique (Limite AOC le truc) - que Mashrooms passent à la trappe la légende de Syracuse immortalisée sur microsillons par le facétieux auteur de Juanita Banana. Eux, Syracuse, à force d’y avoir exaspéré leur adolescence - c’est un peu comme partout - c’est pfft, de l’air! A l’ombre timide des palmiers, et non sans autodérision, les gars de Mashrooms [just thought] : «Let’s make some good songs, play some concerts and eventually get laid with all the hottest chicks in town». Ils apprécient plein de styles différents, confrontent orchestre de chambre et formation rock, moulinent le tout dans un quelque chose, qui, au finish, se rapprocherait assez d’un mix space-rock, math-rock et post-rock, courants bien en vogue dans l’alternatif transalpin. Leurs influences, nombreuses, vont de Giardini di Miro à Shellac, de Godspeed à Patton. A ce jour, ils ont sorti trois albums : Welcome to spackentown, The Ginko et S/T. C’est d’ailleurs pour promouvoir ce dernier qu’ils tournent un peu partout en Europe et nous font l’honneur de passer par chez nous.
Tendance King Kong ont un point commun avec leurs petits camarades. Leur chanteuse, Bianca, est en effet italienne. Et çà s’entend. Comme tout accent qui se respecte, intrusion de l’inconnu dans le connu, c’est juste délicieux! Bianca, à part jouer du micro, est charismatique. Comme qui dirait, habitée, portée. Le groupe, dont peu d’infos circulent sur le web, écume depuis quelques mois les troquets et les clubs pour présenter ses compos. Des titres accrocheurs, multilingues. Tendance King Kong, leur credo artistique, ils l’expliquent en une phrase de Cioran, au cas où, en forme de préambule : «Presque toutes les ouvres sont faites avec des éclairs d’imitation, des frissons appris et des extases pillées». Dans l’exercice, piochées ici et là des influences gothiques (batcave, coldwave), post-punk, noise et rock alternatif. Les textes, incisifs, s’appuient sur une poésie réaliste, dans l‘esprit d‘un Pigalle. Le chant phrasé, scandé, parfois déclamé. Du théâtral somme toute bien senti, louchant sur le cabaret, pas agaçant pour deux sous, mais efficace, et surtout fichtrement rafraichissant.
S’y rajoute Fiasco, mélange super bien foutu d’ambient, de tribal, d’electro, de rock.
La cantine, généralement, c’est un vraie torture. Un menu devant lequel on fait la grimace tout en se disant qu’au fond, vaudrait mieux pas être dans les derniers. Celle de Belleville, par contre, du début à la fin, c’est tout bénéf, alors profitez-en!
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