Mano Solo est mort ce dimanche 10 janvier 2010, il avait 46 ans.
« Je n'ai pas de patrie, mais j'ai un destin » comme il le chantait du temps des Frères Misère (nous étions alors en 1995/96) sur des rythmiques rock voire punk entre deux disques sous son nom de scène. C'est d'ailleurs au sein de la scène punk française qu'il fît ses débuts musicaux avec le groupe des Chihuahuas avant de débuter sa carrière « solo » avec un mémorable premier album « La marmaille nue ». (du nom de son groupe de scène). La France découvre alors une grande gueule, un « écorché vif » comme aime le dire le petit raccourci biographique qu'il faut, puisqu'il est établi pour de bon semble-t-il qu'on ne peut être sincère et agité sans être donc un « écorché vif », une nature à fleur de peau et patati et patata.
Mouais.
Ancien drogué en plus vous pensez.... Le chanteur séropositif, voilà son apposition médiatique, il en fallait un peut-être à l'heure du Sida vu qui à l'époque était un peu comme la Grippe A et le réchauffement climatique d'aujourd'hui réunis, LE fléau qu'il est toujours bien que bien moins médiatisé qu'à l'époque. On se rappelle des premiers concerts du bonhomme, du temps du premier album et puis du sublime second, l'âpre et étouffant « Les années sombres », ces cris de jeunes filles et de jeunes garçons au bord des larmes dés que Mano entonnait le moindre couplet ces espèces de grand-messe solennelle où le chanteur pouvait se sentir comme coincé par cette image véhiculée alors de mort en sursis, on se souvient de cette mémorable et foudroyante saillie verbale de son cru, un adage maintes fois répété depuis au gré des turpitudes de certaines de nos vedettes :
« Les gens m'aiment parce que je meure à leur place ».
Ces deux albums sont sans doute ce qu'il pu proposer de plus beau et de plus fort, « cet homme diminué mais à qui il reste une bonne droite » comme il le chantait dans un de ses premiers titres justement, on n'oubliera pas ses « 15 ans du matin », ce glauquissime mais sublime « C'est en vain », ce « Y'a maldonne » et s'il faut n'en retenir qu'une « Au creux de ton bras », mélodie agonisante et paroles éclatantes sur le manque puis l'apaisement d'un shoot (un Heroin à la Mano Solo si vous voulez, tout poing dressé au loin tandis que l'autre est vissé au micro et des mots scandés plutôt que chantés), épatant ! Qu'importe alors l'image d'un poète de l'asphalte, de conteur des troquets au petit matin, de chantre désabusé mais toujours hargneux des petites turpitudes du quotidien, tous ces raccourcis qui rognaient l'universalité de son travail.
Les disques suivants et une carrière longue de plus de 15 ans valideront en quelque sorte ce grand talent d'écriture et d'arrangement au gré des musiques proches de la chanson française de tradition, accordéon, piano, cordes, enrichie de volutes proches du Tango, de la musique gitane et de tant d'autres choses encore tant Mano oscillait entre l'une et l'autre de ses thématiques. Musicien, auteur, chanteur, dessinateur (comme son papa Cabu) il aura ainsi sorti une dizaine d'albums (le dernier, Rentrer au port, est sorti à l'automne 2009) avec toujours une musique d'une grande exigence et des paroles jamais gratuites ni faciles. Le public a toujours répondu présent au fil de son aventure, du moins un noyau dur fidèle et de belle ampleur.
Mano Solo était un artiste engagé également, mais là-encore au quotidien et bien plus dans l'action que dans les bons mots et les façades médiatiques, c'était un homme de son temps, de sa génération peut-être aussi, du moins celle qui ne s'est pas reniée l'âge venu et qui est resté toujours fidèle aux grandes promesses de ses 20 ans sans pour autant s'engluer dans un passéisme ou une nostalgie stérile.
C'était un honnête homme et un artiste au public fidèle et passionné, à ses fans comme bien entendu à toutes ses proches, l'ensemble des rédacteurs de Culturopoing présente ses plus respectueux et émus hommages.
Commentaires
De : david37
j'ai eut l'occasion de le voir sur scène 2 fois c'est un grand artiste qui va beaucoup nous manquer... Ce soir je suis si triste...
De : yoda
moi aussi,j'en pleure rien ka voir le clip
De : yoda37
J'ai passer toute ma jeuness a la rue avc solo dan les oreilles je les r'encontrer cété un pote a mon oncle ,ya trè lontem de ca ,c dommage c t kelk1 d bien ;;;