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Les musiciens de Saint-Julien - "For Ever Fortune" (Alpha)
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For Scots’ sake!
Promenons-nous dans ces hauts bois, accordéons violons, nos flûtes à la harpe, au mode détonant d’un For ever Fortune. Las ! Si le chant du monde se bornait à l’universelle Provence de Giono, les sommets écossais ne résonneraient plus des bourrées du Tyrol, des Folias italiennes ! Et c’est aux réjouissances du coeur et du corps qu’invite cet enregistrement en forme d’apostrophe aux marches du festin. For ever Fortune... mais qui n’est plus ici l’ennemie des amours !
En témoigne la première pièce d’un programme qui fait la part belle aux voluptés de terre et de chair. Saw Na Ye My Peggie commence ainsi par distiller les lignes mélodiques d’une ode un tantinet grivoise à l’aimée que gonfleront à l’envi la reprise du thème (orné) à la flûte, le chant du ténor, la conversation des violons (fiddle)... Pareille jubilation s’immisce puis illumine les accents folkloriques du Muirland Willie dont l’Angleterre et l’Ecosse se disputent encore la paternité : ne dira-t-on pas pour paraphraser Bernstein que la musique est par excellence objet de partage ?
Noces du passé composé du présent qu’il ne dément pas, curieuse réunion de Geminiani et de la poésie des bardes aux sources de l’Etrick que chante somptueusement Robert Getchell, dialogue insoupçonnable par le néophyte entre l’esprit de Haydn, la verve de Burns et de Thompson : le métissage se niche en creux des moindres formes. Poussé à son paroxysme dans Loch-Erroch Side, il est impossible de lui attribuer une origine (Niel Gow ?). Toujours est-il que ce joyau exprime avec une touchante et remarquable justesse l’émotion du poète à la vue de son pays. Lochaber (1635) encore, n’est pas sans rappeler l’aria de l’opéra italien naissant. La complainte ne sera-t-elle pas mentionnée dans les Aria di Camera, being a choice collection of Scotch, Irish and Welsh airs au même titre que d’autres airs (Daniel Wright, Londres, 1730) ? Lorsqu’elles échappent à la mélopée des violes et de la harpe, les larmes de Moc Donogh’s Lamentation vaguent dans des modulations sous-tendues par l’irrémédiable tristesse de For Our Lang Biding Here.
Aux richesse des mille et unes émotions qu’égrène ce programme écossais, s’ajoute le plaisir d’une oreille attentive. Où la cornemuse épouse parfaitement les contours de la voix, où les modes précèdent pour mieux l’accompagner l’avènement du ton.
Evadez-vous !
For Ever Fortune - Scottish Music in the 18th Century - Les musiciens de Saint-Julien - François Lazarevitch - Robert Getchell, tenor (Alpha) Retrouvez d'autres articles sur François Lazarevitch : Le Berger Poète - Suites et Sonates pour flûte et musette - Les Musiciens de St Julien
Commentaires
De : Albert Jolie revue ! Un peu dépité par contre par le disque comme souvent avec le label Alpha ce n'est pas assez long. De : Loupi Franchement c'est un très bel article (esthétiquemment aussi) mais le disque m'a beaucoup déçu. Encore dommage qu'il n'y aie pas d'extrait ça éviterait les mauvaises surprises De : Altesse Reagan Bô. De : Asaka Joli article. Vivement l'écoute de ce disque pour confirmer. De : Ramey Ce disque est une pure merveille comme chacune des productions des Musiciens de Saint-Julien. Bravo ! De : Janus Pas attendu la critique pour apprécier cette belle musique, magistralement interprétée!!! De : Hervé Le commentaire précédent dit quelque chose de juste : la critique arrive trop tard hélas ! Par contre elle rend justice au disque et est très bien écrite comme toujours. Très, très belle interprétation ! Bravo à tous les musiciens :-) !!! De : Ricercard Bonjour Pas aimé ce disque. De : Loupi Finalement je suis allés écouter en concert,c 'est très beau, merci !!! De : tartarini Ricercard est un connard. Insérer un commentaire : |
