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Kate Bush - "50 Words for Snow"
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Après la sortie un peu plus tôt dans l'année de Director’s Cut, une compilation de reprise de deux de ses albums les moins appréciés, l’imprévisible Kate Bush nous revient avec un cadeau de noël surprise : un album de sept compositions inédites (chiffre magique) là où certains esprits chagrins commençaient à parler de crise d’inspiration. Toutefois, après écoute de cet opus significatif d’un nouveau classicisme chez elle, il est flagrant que son inspiration la plus innovante et audacieuse n’aura pas été cette année dans son disque que l’on l’attendait le plus.
![]() Avec 50 Words For Snow, annoncé comme un album entier sur le thème de la neige, on pouvait saliver d’avance à l’idée de retrouver un disque concept du même acabit que The Ninth Wave et A Sky of Honey, respectivement les secondes parties de Hounds of Love et Aerial. Pourtant, le résultat est bien différent : on est moins dans une continuité et dans l’enchaînement de plusieurs morceaux expérimentaux et très liés, particulièrement libres commercialement, que dans un album plus standard où chaque plage a son indépendance. Commercialement, l’idée se défend puisqu’il n’y a pas ici de première partie faisant office de puits à singles pour l’accompagner. Hélas, là où Kate Bush innove d’albums en albums, cet opus sonne un peu trop comme un dérivatif d’Aerial, et ce dés les toutes premières notes au piano de Snowflakes, qui ressemble à un bonus caché de son précédent recueil d’inédits… Le titre en soit n’est pas à remettre en question, seulement il paraît pétri de A à Z dans le moule de ces gammes immédiatement antérieures. L’ensemble de l’album va être à l’avenant, puisant ça et là dans les deux parties distinctes d’Aerial suivant que le titre est destiné ou non à être un exercice en profondeur ou un titre plus accrocheur qui puisse servir à la promotion (Wild Man est effectivement assez efficace à ce niveau).
En fait, 50 Words For Snow fonctionne comme un avatar tardif de Lionheart, un album qui n’était pas inintéressant et mauvais en soi mais qui n’avait pas d'autre identité que d'être un dérivatif de The Kick Inside, son prédécesseur. S’il n’y avait pas une certaine unité dans le design du projet et dans la thématique revendiquée, ou simplement si on la connaissait pas, on pourrait penser que Kate Bush a fait le choix facile de la « face B » ou des chutes bricolées. Avec une distance de 6 ans entre cet ouvrage et Aerial ce serait tout de même un peu frustrant, quand bien même toutes les dimensions narratives et fantastiques de l’artiste sont au rendez-vous.
![]() En arrêtant de chercher la petite bête et en prenant un certain recul passé ce flagrant manque d’originalité, on peut tout de même considérer que Kate continue simplement sur sa lancée, après un album de come-back qui fut à la fois totalisant et apaisé. Etait-ce difficile de rebondir après cela autrement que sur un mode un peu déceptif ? S’ils se distinguent peu, en soit les titres de cet album ont l’avantage d’être tous convaincants (même, Snowed in At Wheeler Street et sa collaboration stressante avec Elton John). Ils jouent en particulier habilement de leurs longues durées successives (près de 14 minutes pour le beau Misty, où l’artiste élabore sa version du bonhomme de neige), ce qui est une première chez l’artiste.
En grattant, on peut aussi trouver dans le morceau titre 50 Words For Snow des dimensions pas loin d’évoquer les listings à la Peter Greenaway. Stephen Fry ajoute une nouvelle touche cinématographique et théâtrale dans l’univers de Kate Bush en participant à ce titre, qui est à la base de l’idée clé de cet album pour l’artiste : les esquimaux ont cinquante mots pour désigner la neige. Mais dommage que Kate n’y fasse pas vraiment un saut de l’ange vers le minimalisme et la répétition, on aurait aimé la voir flirter avec Glass et Nyman, livrer sa version de cette approche musicale.
En résumé : rien de transcendant en soi mais pas un bout de gras dans 50 Words For Snow, alors que même Aerial a ses quelques plages boulets à trainer (Joanni, A coral room…). Comme situé dans un hors temps qui se soucierait très peu du reste de la production, ce nouvel album s’accommode sans doute très bien de ne pas être un objet d’innovation. Kate Bush, sans prétention, laisse définitivement de côté cette dimension de grande prêtresse qu’on lui surestime parfois un peu au niveau de l’image, et prolonge les dimensions plus intimes, maternelles et secrètes qu’elle a laissé entrevoir ces dix dernières années. Il n’y a sans doute pas d’autre vocation ici que celle d’accompagner sereinement le plaisir éphémère (mais profond) des rêveries contemplatives que suscitent à nos fenêtres les flocons, même quand ils s’accumulent…
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Commentaires
De : marc il faut avoir le courage de signer des critiques aussi connes, l'avez vous seulement écouté? De : ggdesbois Kate bush a cessé de triturer ses petits sons depuis longtemps et creuse maintenant un sillon introspectif. Que ceux qui regrettent cet âge d'or aillent chez les suiveuses comme florence & the Machine... Kate nous livre ici un album difficile mais enivrant, qui prolonge encore ses talents de conteuse. Un très bon album, quoi... De : satelli il va falloir s'habituer au fait établi que KT n'a plus cette voix d'elfe surpuissante (sniff..) qui s'envolait sans prévenir, nous emportait comme une tempête chaude dans des mélodies inédites(jusqu'à l'inegal the red shoes la voix est là) .La guerrière est réapparue en 'deepper understanding mother' depuis 2005 et un album qui reste une sorte de renaissance dont la maitrise technique sert un besoin de créativité inchangé,mais la nature vocale est modifiée, tenue quelques tons au dessous.La dame confirme en 50 words for snow qu'elle évolue désormais en profondeur. Evident virage de la maturité pour une artiste encore étonante,qui a su conserver malgré tout une qualité rarissime:la grâce! De : STF D'accord avec Marc quand il dit: l'avez vous seulement écouté?Parce que ce disque de kate bush ne peut se départir de " l'écoute." Oui on retrouve des sonorités empruntées à l'album AERIAL, mais emprunter ne veut pas dire facilité. Au contraire le travail du son de ce disque est des plus travaillés et ces emprunts sont traités différemmentE que les originels, ils sont aboutis. Ce disque recèle une richesse sonore qui se place d'emblée au dessus de la production musicale actuelle. Car nous avons affaire ici à un disque de musicienne qui ne galvaude pas son moyen d'expression mais qui au contraire l'utilise à bon escient. Comme le peintre a son pinceau pour étaler sa couleur, sa matière pour donner corps à son idée, à son concept, Bush elle dresse les sons pour évoquer ses sensations d'hivers. Des paysages immobiles sous la neige, des voix qui se perdent dans les silences enneigés. Le merveilleux qui surgit sous ces blancheurs immaculées. Si l'on prend le temps d'écouter, la musique de Bush nous raconte tout cela. Pour arriver à cette état d'expressivité, on ne peut qu’être admiratif face au talent novateur dont à toujours fait preuve Kate Bush avec en plus cette chose indescriptible qui font la marque des grands artistes: LA GRACE. De : Fernand L'un des tout meilleurs disques de Kate Bush, et qui fera date ! Ça veut dire quoi "manque d'originalité" en musique ? C'est sûr que c'est à l'opposé de Bjork à ce niveau là et tant mieux ! Il vaut mieux des belles compositions, biens tissées, sobrement accompagnées comme ici avec KB, que des sonorités bizarroïdes ou expérimentales, sur lesquelles se baladent une voix sans surprise maintenant (Bjork). Si c'est ça l'originalité, et bien vous vous trompez !! De : Guillaume Bonjour à tous, Je signale juste que j'ai bien pris le temps d'écouter cet album, 10 jours entiers à le réécouter en long, en large et en travers, déçu de ne pas pouvoir m'enflammer plus en tant que grand admirateur de l'artiste... mais voilà j'assume ma "connerie" et le fait que son orfèvrerie mise à part (et celle-ci ne fait pas tout), je trouve que cet album fait un peu redite, et que c'est assez rare chez elle. Il est celui qui m'a apporté le moins de surprise à la découverte: surtout je le trouve rarement vibrant. Peut-être que je regretterai amèrement ces écrits dans dix ans, et me flagellerait. Je ne manquerait pas d'en faire amende honorable! De : Olivier R. Je ne suis absolument pas d'accord sur Bjork même si j'apprécie l'album de K.Bush et en particulier son caractère intime et flottant. Et justement, en parlant d'intimité, il me semble que c'est le type même d'album qui parle ou ne parle pas du tout à l'intime et qu'accepter un avis différent, y compris négatif, fait partie du respect des avis contradictoires. Toute critique - plus encore musicale - étant par essence subjective, difficile de donner tort ou raison à l'auditeur, au chroniqueur, chacun parlant en son nom. Pas la peine, donc, de lui tomber dessus comme s'il égratignait une idole ... De : Fabien B. Quant Aerial est paru en 2005, je n'ai pas accroché de suite. Il a fallu "réécouter" Aerial (et un certain nombre de fois) pour l'apprécier vraiment. Je n'ai pas eu ce "problème" avec 50 words for snow, que j'écoutes et réécoutes avec un grand plaisir depusi sa parution, sans avoir besoin de me forcer à y entrer. Peut-être parce que l'on est habitué aux nouvelles sonorités de Kate Bush (et sa nouvelle voix surtout, plus grave), grâce à Aerial et à Director's cut. Mais ce n'est pas seulement le son je pense qui fait que j'apprécie entièrement cet album, auquel j'adhère entièrement (je n'ai pas aimé ni acheté Director's cut). Je ne suis pas tellement d'accord sur le coté "album pas surprenant". Justement, je trouve que la longueur des morceaux, le coté répétitif, contemplatif, les silences... auraient pu faire de cet album un truc chiant. Alors qu'il ne l'est pas du tout ! Kate Bush arrive a nous accrocher en installant un certain suspens sur le déroulement de l'histoire et ce qui va venir après dans la chanson : l'exemple type de la déclamation des 50 mots décrivant la neige... Cet album n'est pas un "ninthwave" ou un "sea of honey"... il n'y a pas de continuité entre les morceaux ; alors qu'elle aurait sans doute pu le faire, ne serait-ce peut-être qu'en découpant "snowflake" en autant d'interlude entre les autres morceaux tout au long de l'album. Mais il faut sans doute le voir (et la présentation du disque en forme de livre aurait tendance à le montrer), comme un recueil de nouvelles ou de contes, autour du thème de la neige. C'est un objet vraiment à part dans sa discographie (comme the ninth wave, comme son film : the line, the cross and the curve). Et il est original. Enfin, j'ai l'impression de "retrouver" Kate Bush sur cette album : celle d'avant sa longue absence et d'avant aerial. Avec ses ambiances bizarres (misty), et avec ses clins d'œils à sa voix sur aigue et son piano voix pas si éloigné de ses premières démo (among angel). "Breathing" restera toujours ma chanson préférée de Kate Bush, mais cet album est loin de démériter. Pour moi il a sa place parmi les meilleures choses qu'elle a fait... et je le place devant Aerial ! De : Olivier O. Cet article est mauvais. 50 Words for Snow ne plaira pas aux gens qui n'ont jamais écouté de la vraie musique comme du jazz, du blue et de l'opéra. Comme Kate le dit très bien dans une de ses interviews "it's a grown-up music". Ce n'est plus de la pop, elle claque la porte à son image des années 80 et les journalistes ne s'y font pas ! Ah le changement et l'impermanence ! C'est justement de cela que traite cet album...de l'éphèmère des choses et de ce monde ! Cet album est sublime, rempli d'une émotion distillée à la perfection. A présent les 14 minutes de Misty me semblent courtes !!! De plus cet album me touche par sa thématique, mais cela est plus personnel. Kate est devenue grande...une grande dame de la musique... De : I bet you look bornu on the dancefloor Sans avoir écouté l'album de kate Bush je reste tout de même pantois quand je lis des affirmations de type "de la vraie musique comme du jazz, du blues et de l'opéra". Je me demanderai toute ma vie je crois comment et au nom de quoi on peut se permettre d'affirmer pareille connerie en hiérarchisant et classifiant ainsi les vraies et donc les supposées fausses musiques. Comme s'il fallait à tout prix justifier au nom de la raison et de la sacro-sainte valeur en soi d'une expression (artistique ou autre) ses gouts, ses penchants et, c'est la voie directe en tous les cas, ses opinions et préjugés De : ggdesbois Plutôt d'accord avec Fernand. L'innovation et la créativité à mes yeux ne doivent pas être l'argument premier d'un disque, au détriment de son écoute. Björk a foiré biophilia par prétention conceptuelle, nous livrant un album abscons et, pire encore, vocalement douteux (la voix de la dame se cale de moins en moins sur les instrumentations, les chœurs incessants et les cuivres répétitifs et pompiers depuis deux ou trois albums). Alors oui, sur 50 words, on n'est plus chez la pop Babooshka, mais en revanche on gagne en profondeur. Lake Tahoe offre, pour ceux qui sont prêts à se laisser porter, un condensé d'impressionnisme et une cinématographie sans égal. Je la remercie pour ces précieux moments... De : Sandrine Beaucoup de blabla de pseudopro, surtout de la part du critique. L'album est simplement magnifique : Il suffit juste d'ECOUTER et de laisser opérer la beauté de l'ensemble sans chercher à analyser, décortiquer, comparer. juste ECOUTER (écouter avec ses oreilles, pas avec son snobisme à la con.) De : I find you Quel article : voilà Kate habillée pour l'hiver ! ... Au fait, merci de corriger "en soi" et non "en soit..." A inquisiteur, inquisiteur et demi. De : Et sinon... ...le débat dans le respect de l'opinion d'autrui, c'est possible ? Ou le simple fait d'être fan empêche la faculté d'argumenter ? De : Jean D'accord avec Marc ,Sandrine,ggdes bois,stf, cet albm est la résultante d'une belle maturation, et Kate n'a pas fini de nous étonner!Moi , oui pardon, moi je la retrouve complètement dans son expression artistique dans sa voix et dans son esprit! c'est un excellent album! bonne écoute! De : Arnaud tout ces louanges dithyrambiques sur le dernier Kate Bush c'est bien gentil, mais c'est pas pour autant que ça en fera un bon disque! ça fait longtemps que Kate est une artiste qui n'a plus grand chose à dire, et qui en plus le dit mal (oubliez sa voix des années 70 et 80! là elle est plus proche de Jane Birkin que d'autre chose!). en résumé, 50 Words for Snow tout comme Aerial & co. est insipide et barbant De : Kute Shab Selon moi, Kate Bush n'a depuis longtemps plus rien à prouver sur le plan de l'expérimentation pop et je n'ai plus d'attente à ce niveau. J'ai pris l'album tel qu'il est : une collection de chansons intimistes et très bien ficelées. Cet album est beau, hypnotique, charmant, tout sauf décevant. Insérer un commentaire : |
