bandeau

 





 Lux Perpetua - Requiem d'Anthonius Divitis ou d'Antoine de Févin - Organum (Aeon)

 Odhecaton - Claudio Monteverdi - "Missa In Illo Tempore" (Ricercar)

 Sébastien Tellier - My God is blue

 Lower Dens - "Nootropics"

 The Mount Fuji Doomjazz Corporation - "Egor" - Denovali records, 2012.

 Kery James - 92.2012

 Perfume Genius - "Put Your Back N 2 It"

 Soap&Skin - "Narrow"

 Austra - "Feel It Break"

 La Grande Sophie, La place du fantôme (AZ, 2012)

 Jullian Angel en interview

 Blind Guardian - Memories of a time to come

 Egisto (P.F. Cavalli) à l'Opéra Comique - du ravissement

 Regards croisés : lorsque Bach dialogue avec Britten ...

 Hommage à Gustav Leonhardt (1928-2012)

 Ben Folds - Best Imitation of Myself: A Retrospective 1991-2011

 Entretien avec Half Asleep

 Playlist Culturopoing Musiques 2011

 Palmarès Musiques 2011

 Giovanni Giorgi, Ave Maria, Messa a Due Cori - Leonardo García Alarcón (Ricercar)

Tous les articles Musique

Musique

Jacques Duvall – "Le Cowboy et la call girl"

Les sorties
Posté par Cyril Cossardeaux le 2009-05-02



Image principale
Ouvrir
 
Oui, bien sûr, on pourrait faire comme si. Comme si on pouvait parler du premier album original de Jacques Duvall sous son seul nom depuis 1990 (!) sans invoquer Banana Split, Fièvre dans le sang, Brunes qui comptent pas pour des prunes ou autres Lunettes noires
Outre Lio, Alain Chamfort et Helena, on pourrait aussi oublier tous les autres, presque innombrables, pour lesquels le Belge a écrit tubes et chansons bien plus obscures aussi, parfois : Jane Birkin, Elsa, Dani, Daho, Marie-France, le regretté Jeff Bodart… et même Enzo Scifo, son footeux compatriote ayant notamment fait les beaux jours de l’AJ Auxerre, des Girondins de Bordeaux et de l’AS Monaco (si c’est pas la classe, ça !).

Adapté de Toto Cutugno, un 45 t "gagné d'avance" pour Enzo Scifo en 1985 !


Comme tous les auteurs-compositeurs, l’envie de faire le chanteur démange aussi, parfois. Duvall l’a fait sporadiquement tout au long de sa carrière longue de plus de trente ans, ne connaissant guère mieux qu’un succès d’estime. Financièrement, vous me direz qu’il a a priori assuré ses arrières depuis des lustres…
Il revient aujourd’hui avec Le Cowboy et la call girl, titre en forme de fausse piste nous faisant songer au Cowboy and the Lady de Lee Hazlewood, autre auteur-compositeur-interprète ayant largement vécu à l’ombre de ceux pour qui il a écrit (à commencer évidemment par Nancy Sinatra). Fausse piste, car la tonalité musicale de l’album n’est pas à la ballade country alanguie dont Hazlewood était le grand maître.
Non, musicalement, on est plutôt dans un territoire assez étrange, à la fois proche de l’esprit d’autres grands "survivants" des années "French (ou Belgian) new wave" comme Daniel Darc ou Jacno, mais aussi des ambiances un peu cotonneuses de certains groupes indie américains comme Galaxie 500. Pas très étonnant, au fond, puisque leur producteur Mark Kramer est aussi aux manettes du Cowboy.

C’est dire en tout cas à quel point on est loin des tubes néo-yéyé bubblegum dans lesquels Duvall a excellé dans les années 80 mais qu’on n’a plus forcément envie d’entendre ailleurs qu’un samedi soir arrosé sur Télé Melody. Le seul morceau s’apparentant vaguement à ce style sur l’album, Raconte-moi, est aussi de loin le moins convaincant (et heureusement le plus court).
Le reste accroche autant pour les textes (Chanson malade qui retrouve l’esprit, sinon la lettre, du Gainsbourg de Chatterton, Ougrée, déclaration de désamour à sa Belgique natale, Ta main 2 et son ambiance vénéneuse rappelant plus ouvertement Daniel Darc, mais celui du Taxi Girl de Viviane Vog, Avenue du crime ou Treizième section) que pour les musiques, pouvant tout aussi bien évoquer les Bad Seeds de Nick Cave (le blues "primitif" Le Cri), LA décidément grande et improbable référence 2009 The Jesus & Mary Chain (Marianne Renoir) ou les rocks 50’s à la rythmique un peu baloche, aux reverbs de guitare et chœurs wap doo wap du duo Lynch/Badalamenti pour Twin Peaks.

Jacques Duvall


Que de références, oui. Mais, en même temps, Duvall l’a bien cherché en se mesurant carrément à un monument ô combien casse-gueule, le sublime Just like a Woman de Dylan. Et, ma foi, son Comme le font les femmes ne s’en tire vraiment pas si mal que ça.
En clôture de l’album et lui donnant son titre, le long duel vocal Le Cowboy et la call girl où l’animatrice radio, chanteuse et comédienne Florence Denou à la belle voix enfumée d’une Dani lui donne la réplique, qui nous vaut encore un vers très gainsbourien, l’un des modèles évidents de Duvall depuis ses débuts : "Le cowboy, enthousiaste, a déchargé son colt d’un geste désinvolte autant qu’iconoclaste".
Bel épilogue à un album très attachant et d’une belle élégance de dandy revenu de tout.

Marianne Renoir en version unplugged :





Share/Save/Bookmark 






Commentaires
Pas de commentaires pour le moment
Insérer un commentaire :
Nom ou pseudo :


Commentaire :


Veuillez entrer le mot sûr dans la case ci-dessous:


 

 

Recherche sur le site

 

         Les sorties
         Hors actu
         Entretiens
         Dossiers/hommages





FERMER