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Hellfest 2009 - Report 3 (dimanche 21 juin)
Dossiers/hommages
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DIMANCHE : Fils du métal et tendeur métallique
Dimanche matin levait son soleil et ses quelques nuages épars au-dessus de nos têtes bronzées et hirsutes. « All the world is a stage » disait ce bon vieux Shakespeare, Clisson en était depuis vendredi et pour une journée encore,
une arène. Cette dernière journée du Hellfest dont le programme explique sans doute la hausse impressionnante de la moyenne d’âge du public, commença pour nous par les doubles revenants ADX et SATAN JOKERS.
ADX c’est l’âge d’or du speed-métal à la française revenu tout droit des années 80, c’est aussi un sourire commun à tous les musiciens, heureux de jouer ainsi en cette heure habituelle d’apéro pour eux (ou alors d'arrivée en monospace chez la belle-mère pour le Gigot-coquillettes du dimanche) devant quelques milliers de fans ou bien de simples curieux avides de métal. Leur prestation fut presque bluffante par moment, tant le tempo restait soutenu malgré le poids des ans (ou le poids tout court, que des gros on vous redit encore, y’a qu’des gros) et surtout tant l’efficacité était au rendez-vous. Vraiment une superbe introduction à cette journée dédiée (hihihihihi) aux fils du métal.
C’est peu de dire que le groupe qui suivait alors aurait du pain sur la planche., un groupe français « culte » des années 80 lui aussi et tout juste reformé autour de son chanteur/batteur/leader Renaud Hantson (oui oui, celui de Starmania, celui qui claquait la bise aussi bien à Bruce Dickinson qu’à Michel Berger, celui qui a vu dans les coulisses du Palais des Sports Maurane en culotte) ; j’ai nommé le « trop fou pour toi » SATAN JOKERS.
![]() Quand Renaud Hantson arrive en ville, tout le monde change de trottoir Une toute nouvelle formation autour de Renaud Hantson, qui a abandonné d’ailleurs la batterie pour se consacrer exclusivement au chant, avec des cadors comme Pascal Mulot à la basse par exemple. Malgré un public réceptif et conquis pour une bonne partie, disons que le groupe nous déçut pour le moins. Un Hard Rock horriblement daté en effet, des rythmiques et riffs basiques et puis le handicap pour le coup de chanter en français des textes ayant pour titre « En partance pour l’enfer » et « Fils du métal » (sic et re-sic).
En même temps « Highway to hell » Hein!
Vous allez me dire qu’ADX aussi chantait en français, “Déesse du crime” et autres, oui certes mais leurs paroles étaient au diapason de leur musique, sans velléité de tâter de la fantasmagorie fantastico-camembert et cela passait comme une lettre à la poste. Pour Satan Jokers par contre c’était clairement jour de grêve.
Mais fi après tout des impressions des envoyés spéciaux, le groupe avait en tous les cas la banane et leur public reprît en choeur avec eux « Fils du métal fils du métal Oh par les saint de l'enfer et les feux de la colère » pour terminer en beauté leur prestation. Groupe content, public à moitié content à moitié au bar, il n'y avait pas là matière à d'interminables débats.
La rupture allait être sévère toutefois avec le groupe danois VOLBEAT. Ce groupe c’est de la nitroglycérine en barre, inclassable mais classe. Les « Men In Black » du festival jouèrent un rock puissant, mélodique et varié, une vraie réussite. Leur musique fait un peu penser à un croisement entre les Ramones et Motorhead avec toujours, dans un coin, l’ombre du rock’n’roll pionnier (le chanteur a le nom d’Elvis Aaron Presley tatoué sur l’avant-bras) qui graisse le tout et forme au final, pour peu qu’il y ait comme ici un peu de talent derrière la simple énergie, un putain de groupe de scène.
![]() Le dernier morceau fut comme à leur habitude une reprise de « I only wann be with you » popularisé en son temps par Dusty Springfield couplée sur la fin avec « Souh of heaven » de Slayer, tout est dit. De la plus élémentaire illustration de la notion de « Wall of sound ».
HOLLYHELL porté par le sourire de sa chanteuse étonna ensuite par la légèreté (proche parfois d’une certaine variété) de son hard rock, une déception pour ce qui était présenté pourtant comme un nouveau phénomène.
Du côté des coulisses ce fut d’abord la stupéfaction !
Les piliers du bar Taake et Nashville Pussy étaient repartis sur la route, autant dire que cette journée allait certes offrir le même tonneau mais sans doute pas la même ivresse. Heureusement la relève était là aussi éthyliquement de qualité avec en premier lieu l’ami Schmier de Destruction , impressionnant tout de même puisqu’il dépassait d’une bonne tête le rédacteur, davantage accoutumé d'’habitude à toiser de sa hauteur le commun des festivaliers.
L’imposant Schmier déambulait accompagné de son animal de compagnie (portant santiags en peau de crotale bavarois sur micro-short en cuir, débardeur cachant tant bien que mal une opulente poitrine, le tout surplombé du chapeau de cowboy de Michael J Fox dans Retour vers le futur III), une bouteille de rosé en guise de godet, la pure classe allemande.
Autant vous dire qu’on passait pour un con avec sa petite besace achetée dans le quartier du Marais à Paris et son gobelet de bière blonde.
Mais,
Le coquin de sort le fît s’asseoir sur la chaise longue mitoyenne après une bonne quinzaine de minutes, son « amie » restant alors debout à ses côtés tout en l’écoutant baragouiner en allemand entre deux gorgées de rosé.
Magie d’un festival qui rapprochait les peuples et les âmes, les stars de leur public, Nous étions côte à côte, lui avec son pantalon de cuir, ses bottes à semelles largement compensées, son débardeur de routier avec tatouage et teint rougeaud apparant, moi avec le teint rougeaud aussi mais à cause du soleil et une paire de baskets de ville sur son jean et chemise pas même fripée,
nous étions beaux.
![]() Le choix cependant était cruel, laisser la place à sa « babe » par galanterie française mais abandonner alors cruellement une position idéale (à l’ombre, au frais, allongé) ou bien faire comme si on n’avait rien vu (elle passait pourtant difficilement inaperçue) et trahir les idéaux de courtoisie accrochés au drapeau Français comme une moule à son rocher.
C’en était insoutenable de dilemme.
C’est alors que Schmier se tourna vers vers moi en un rictus (sans doute l’illustration de l’expression « faire un sourire à l’allemande ») et me proposa dans un anglais de qualité une gorgée de son breuvage rosâtrre.
Nous communions ainsi l’espace d’un instant, lui l’allemand thrasher et moi le français chafouin autour d’une bouteille du sang de cette terre des Charentes, celle-là même qui nous accueillait lui et moi l’espace d’un week-end entre une zone pavilonaire et un terre-plein de la DDE.
C'était beau. The sky was the limit ! Le temps qu’il me fallut pour m’adapter tout d'abord à la surprenante situation puis pour regarder l’étiquette (c’était bien un vin des Charentes, fayot !) me voyait prestement refuser l’offrande, montrant mon gobelet rempli de bière. Le ver étant alors dans le fruit et la conversation amorcée, j’entamais alors ce qui fut la seule interview officielle glanée par Culturopoing de tout le week-end (c’est qu’on avait autre chose à foutre quand même).
Sachez donc que Schmier adore la France et qu’il est ravi de venir jouer dans un gros festival comme celui-ci d’autant que l’affiche lui apparait superbe ‘(enfin « great » et "cool" quoi), je passe sur les considérations générales autour des festivals de métal, en particulier l’énorme et germanique Wacken (bien fait de réviser avant de venir quand même).
Trrès vite pourtant la barrière de la langue s’érigea entre nous et c’est sur une poignée de main virile (le truc des hardos c’est de serrer le poing de l’autre en se tenant le pouce en un geste solennel au lieu de vulgairement serrer la main comme le premier indie kid venu) que je laissais finalement la place à la donzelle qui me dit « oh merssssi » dans un français incertain.
Le travail m’attendait, je quittais les lieux, laissant Schmier et sa mie à leur destin du moment, une conversation au clair de jour avant que celui-ci n’enflamme son public.
Revenons à la musique puisque PAIN OF SALVATION prenait la suite de HOLLYHELL et proposait les premières mesures de rock progressif d’une journée non dénuée de ces arabesques sinueuses (nos excuses aux français d’ADAGIO qui inaugurait la journée malheureusement beaucoup trop tôt pour que l’on puisse assister à leur set). Un concert agréable, très musical et varié d’un groupe qui « touchait sa bille » comme le dit tout près de nous un aimable moustachu à lunettes à son ami qui acquiesça d’un hochement de tête.
Peu avant la prestation du groupe, la fameuse « Tactique de la tenaille » opérait et notre binôme se séparait pour le meilleur et pour le pire.
Ainsi le retour à la Rockhard Tent de notre pass de Gueux pour KATAKLYSM. Du death métal bien agréable, plus proche toutefois par moment d’Iron Maiden que de Gorgoroth.
![]() Ne me dîtes pas ce que garçon ne valait rien, c'est juste qu'il a choisi un autre chemin
Du côté des Main Stage, DESTRUCTION entrait en scène pour une heure de pur « True Thrash Metal Old School In your Face Motherfucker ». Schmier le chanteur/bassiste/leader du groupe est au top de sa forme comme vous seuls lecteurs de Culturopoing le savez maintenant et, malgré une arrivée sur scène tendance Spinal Tap (les musiciens cachés par des drapeaux à l’effigie du groupe qui volent avec le vent et les dévoilent donc alors qu’ils sont supposés, les coquins, être invisibles et arrivés comme par surprise sur scène), délivre une prestation de haut vol qui apporta grognements de plaisir aux fans de la première heure comme aux curieux. Une très belle performance de la part de mon nouveau copain, une leçon de Thrash à l'ancienne. Juste après EPICA proposait son Hard Rock très lyrique porté lui aussi par un joli sourire féminin. Certains purent estimer que cette « musique classique » n’avait rien à faire là, mais d’autres furent emballés par le rock à violons de ces hollandais. Une sacrée transition tout de même. C’était le dimanche après-midi, il faisait chaud et plein soleil, c’était un festival dédié au hard rock sous toutes ses formes qui se terminait aujourd’hui, il y avait du beau linge étendue sur la large terrasse herbeuse (enfin terreuse après presque 3 jours de piétinement de masse), il y avait des tatouages de chien, y’a même des gars tout rouges, il ne manque rien.
On ne voulait pas être ailleurs.
Une oreille distraite jetée aux vétérans de STRATOVARIUS plus tard et le mythique QUEENSRYCHE entra alors en scène pour un concert en demi-teinte.
Il est curieux d’être placé à 10m de la scène et de n’entendre que la voix naturelle du chanteur au moment où celui-ci hurle dans son micro, il faudra du temps pour corriger et affiner le son mais le mal était déjà sans doute fait, d’autant que le groupe assume fièrement son passé, mais pas tout son passé en jetant à la trappe le premier Mindcrime et en centrant son concert sur 3 albums : Rage for Order, American Soldier et enfin Empire.
Commencer son concert par « Neue Regel » (les spécialistes apprécieront… ou pas) il fallait tout de même le faire. Geoff Tate semble en pilotage automatique, son groupe également même s’ils assurent tous derrière leurs instruments, la set-list était sans doute inadéquate en ce lieu mais au final, les fans du groupe auront été heureux sans doute de découvrir pour beaucoup ou de réentendre pour d’autres quelques pépites passées du groupe. Ca aurait pu être génial, ce ne fut que bien. C’était l’heure ensuite de MASTODON sur l’autre Main Stage, le groupe terrorisa l’assistance avec son métal subtil et mélodique, validant ainsi la qualité de son dernier album en date. Un groupe à découvrir absolument et dont on reparlera sans doute à l’avenir.
Retour au camp de base VIP entre deux concerts cet espace restant un salvateur oasis de douceur malgré le kilo de clous porté par une bonne moitié de l’audience et une moyenne de 5 tatouages et deux bouteilles d’alcool par gars (moyenne tombant à 2 tatouages dont un d’animal et un gobelet de bière par fille).
C’était là l’endroit idéal pour échapper un petit quart d’heure aux gars déguisés en bite (oui en bite, avec chapeau rigolo et chaussons-testicules aux pieds) ou aux filles grimées en Marylin Manson de Vaucresson (mention tout de même à l’amazone métisse à chapeau de sorcière, charmante comme tout), un lieu où tout était possible comme croiser une fille avec une tête de berger allemand tatouée sur le biceps ou bien John Petrucci sortant des toilettes et portant lui deux têtes de chiens tatouées sur le mollet.
C’est la nouvelle mode ou quoi ? La "Toutou-You-too?" mania ?
C’est que bien évidemment le public du Hellfest faisait le show lui-aussi comme toujours dans le cadre des festivals, mais les organisateurs avaient de leur côté prévu moult activités autour des concerts.
Petit tour du propriétaire. Il a déjà été évoqué la (tintintin !!!) Boule d’acier dans laquelle des motards jouaient aux hamsters, parlons maintenant du Show Fétichiste qui, chaque jour à la tombée du jour, faisait le délice de ceux qui squattaient les rares tables disposées autour de la tente « Spécial Event », une heure et une localisation incongrues quand quelques ados impatients de voir Marilyn Manson découvraient ainsi les joies du bondage ou de la suspension par les tétons entre deux chamallows..
![]() Tonio, nom de scène "Bibi Fricotin" D’autres fois c’était un spectacle de Catch au même endroit, en deux modes. Le mode Masculin, mettant le plus souvent en scène un camionneur nerveux à qui on aurait piqué sa manivelle et un supporter du PSG très crédible avec son crâne rasé, son tee-shirt aux couleurs du club, sa bedaine et sa batte de base-ball (en plastique). Le fait est que côté catch on lorgnait plus là vers la Coupe de la ligue franco-française que vers la Champion’s league (ou plus vers Satan Jokers que vers Machine Head si vous voulez). Toute autre chose était le Catch féminin, plus virevoltant et acrobatique, plus agréable quoi. Toutefois un sentiment de honte nous prît dés le second tombé de la petite dodue en collant arc-en-ciel,
oui la honte,
celle de préférer ce spectacle-ci aux envolées lyriques d’Epica.
On tourna alors les talons sans un regard ni un remord pour s’en aller du côté de la Terrorizer Tent déguster une glace italienne (parfums citron/vanille et coco) en écoutant ORANGE GOBLIN, histoire de faire l’esthète parisien qui préfère les délices d’un rock stoner bien lourd et groovy aux « ouêêêêêêê !! » beuglés par les fans de catch, redevenant ainsi un festivalier à qui on ne la fait avec sa glace italienne, sa crème de concombres pour se protéger du soleil et ses bouchons pour les oreilles en pure porcelaine, ceux-là mêmes dédicacés par le chanteur de Franz Ferdinand.
Ouf. Un bref passage par la Rock Hard Tent permettra ensuite de découvrir sur scène le combo NAPALM DEATH, pas le dernier des groupes cultes, pour une poignée de morceaux de Grindcore du meilleur tonneau et un Barney hypnotique au chant malgré sa dégaine de Bruce Dickinson mal dégrossi à la bière rousse. Heureux d’avoir pu voir ce groupe enfin sur une scène, c’est aussi ça le Hellfest. Côté activités annexes du Hellfest il reste encore à évoquer le strip-tease mais on le garde pour la fin ! Un peu de patience !
Revenons à nos moutons, car « de la musique, de la musique avant toute chose » comme le disait le philosophe.
Sans compter que c’était l’heure du plus étrange moment du festival.
Pensez donc.
![]() Tululut tut Tululut Tutut c'est le compte-à-rebours finaaaal ! On avait des craintes concernant le retour de EUROPE et leur concert nous donna tort : leurs hymnes certes légers mais à reprendre en chœur firent un bien fou aux festivaliers fatigués. Notons aussi que le son du groupe était bien pêchu et que la foule était tout à sa joie d’entonner avec Joey Tempest le moindre des refrains du groupe.
Pour terminer la prestation, le « Final Countdown » tant attendu mit le feu à la plaine, des travées pleines jusqu’au bar VIP sans occulter la scène d’à côté, où les roadies de Suicidal Tendencies peaufinaient les derniers réglages et se mirent eux-aussi à se dandiner en mesure, on a même vu un gars tâter du slam sur cet hymne définitif du hard-rock. Réaction sans doute au second degré pour une partie du public mais réaction spontanée de la plupart des festivaliers qui apprécièrent à sa juste mesure ce, quoiqu’on en dise, hymne du hard-rock. Le retour de John Norum à la guitare a fait du bien à Europe et c’est sous une belle ovation que le groupe quittait les planches, quelques secondes avant que celle d’â-côté ne s’embrase. ![]() Why I love you, I don't know why but I love you Car, magie d’un festival, c’était encore une sacrée transition qui s’opérait alors et SUICIDAL TENDENCIES n’eut aucun mal ensuite à faire tournebouler la foule et faire claquer son hardcore urbain. La rythmique du groupe, 100% black, déambulait dans les travées du festival au fil de la journée sans émouvoir ou faire réagir le quidam chevelu, il va sans dire qu’après la prestation du groupe cela ne fut pas le cas et on vît par la suite l’impressionnant batteur (environ 140 kilos et un jeu génial oscillant entre baston et subtilité) erré non loin de la Rock Hard Tent en se faisant arrêter tous les 10 mètres pour une photo ou bien un petit bisou de festivalières conquises. Car ils ont mis le feu les Suicidal, une « fuckin’ claque in your fuckin’ face ». Tous les hits du groupe y passent, d’un « You can’t bring me down » à « War inside my head » sans oublier un « Pledge of allegiance » final qui achève le public avant que celui-ci ne soit invité, business as usual, par un Mike Muir au top de sa forme, à envahir la scène et à chanter en sa compagnier le « ST » final. Ambiance de feu et prestation inoubliable d’un groupe qui enquille concert sur concert depuis des années avec à chaque fois la même fièvre et le même talent, un groupe de la mort !!!!
![]() Fin du concert de Suicidal
Photo prise par un gars et trouvé sur un forum, Olivier qu'il s'appelle Lorsque les lumières s’éteignent sur la scène de Suicidal et tandis que les derniers énergumènes finissent de descendre, un sentiment furtif nous envahit : l’impression en effet que le festival est terminé et que le reste ne sera qu’un lent retour vers la normale.
La joie d’avoir assisté au concert de Suicidal mais aussi la petite peine d’avoir loupé ainsi celui de Moonspell sur une autre scène, cet excellent groupe portugais. Le plaisir de découvrir en live Manowar et Dream Theater mais aussi la peine de louper Amon Armath ou Brutal Truth. Le sentiment aussi que l’essentiel était passé après deux jours et quelques de musique et que désormais, c’était le final countdown et le farewell !! Avec DREAM THEATER, on jouait évidemment dans une toute autre catégorie musicale que tous les groupes précédents. Le combo veilla d’ailleurs à rester « métal » (on évita trop de Pink Floyd) dans sa set-list mais leur musique intelligente et virtuose se prête sans doute mal aux festivals, et on resta avec un petit goût de trop peu qu’un simple « Pull Me Under » aurait suffit à atténuer.
Des musiciens impressionnants de maîtrise évidemment, de beaux moments (comme ce duel guitare/clavier en toute fin de set) mais au final, et après un ouragan nommé Suicidal, le sentiment d’un trop-plein doublé d'un trop-peu. Oui c'est que la fatigue commence à poindre, physique comme intellectuelle. Je pose une croche et j'en retiens 2, le tout au carré Sur la scène d’à-côté ce fut les furieux de HATEBREED qui prirent la suite, collant ainsi parfaitemant aux pas de Suicidal (dont ils reprennent le génial « Suicidal maniac » sur leur disque sorti tout récemment) plutôt qu’à ceux du tTéâtre du rêve (non je ne parle pas de Manchester United), du hardcore teigneux et tendu auquel il ne manque ni l’énergie ni la bonne attitude mais peut-être simplement quelques grandes mélodies. Un bon moment tout de même que mon estimé collègue manqua pour cause de rendez-vous avec un Drakkar.
Beaucoup de monde s’était donné rendez-vous en effet à la Rock Hard Tent pour assister à la prestation de AMON AMARTH. Tous, vikings en kilt, chevelus bronzés et gothiques étonnamment blanches, furent conquis par ce groupe étonnamment sympathique et ses hymnes imparrables.
Juste un déçu peut-être : le type qui apprit à ses dépens qu’on risque gros à pratiquer l’air guitar sur les tendeurs de la tente et qui se retrouva projeté 3 mètres plus loin. Va !! Saute !! Vole !! Mais déjà, les courageux Manowarriors (mouarf) devenaient fiévreux, eux qui s’étaient fadés une heure de Europe puis une heure de Dream Theater rien que pour être aux premiers rangs quand leurs idoles daigneraient descendre de leur Olympe (en fait le Novotel de Nantes, j’ai mes sources) pour prodiguer la bonne parole du « Other bands play, Manowar kills ».C’était l’heure des braves et du True Metal !!
Fini les acrobaties au synthé, fini les cheveux suédois lissés au gant de crin et les dents blanches qui chantent « Cherokee », fini les bandanas bleus posés sur les yeux avec pantacourt et slam de rigueur, fini enfin les chopes de bibine en forme de cornes de chamois et la célébration du pagan métal en terre presque vendéenne.
Fini tout ça !!
![]() Coup de tête", "La guerre du feu" et "L'ours", Manowar c'est tout Jean-Jacques Annaud en une heure de concert Maintenant était l’heure de MANOWAR !!
Déjà le concert commence avec une intro de 10 minutes incluant musique symphonique à la Wagner et récit épique lu par un acteur de complément,
C’est long,
Mais c’est long !!
Enfin les 4 cavaliers de l’Apocalypse débarquent sur scène, presque timidement avec leur hymne éponyme mais sans tambours ni trompettes, avec un son qui plus est très clair certes mais finalement guère puissant, du moins loin d’être le plus puissant du festival.
Deux écoles pour parler de ce concert. L’école sourire avec ce catalogue d’hymnes à la gloire du heavy-métal, ces grands musiciens, ce grand chanteur et un spectacle à la hauteur de l’événement (un feu d’artifice final qui a du réveiller tout le département). Et puis l’école grimace ave ce catalogue de poses archi-convenues et de discours péteux (Joey di Maio évidemment), ces hommes gainés de cuir qui célèbrent les joies et la gloire du Métal alors qu’on les soupçonne d’être venus sur le site du festival non pas en faisant la roue arrière avec leur Harley mais simplement à l’arrière des Kangoo qui servaient de navettes backstage (on dira ce qu’on veut mais Motley eux ils sont arrivés en hélico).
A boire ou à manger donc, le public lui aussi était partagé mais le concret fut globalement apprécié. Finalement cela rappelle curieusement la fin de la seconde guerre mondiale lorsque le peuple japonais vît stupéfait et pour la première fois leur empereur Hiro-Hito lorsque celui-ci se présenta face aux forces américaines. Là Manowar, ses dieux vivants, venaient parmi les hommes et, curieusement, on avait le plus grand mal à ne pas se focaliser sur le trou du pantalon au dessus du genou du guitariste que des « warriors of metal who fought evil into glory ride motherfucker hell yeah ! ».
Voilà, c’en était terminé. C’était déjà l’heure du bilan.
Hellfest-Noz ? Hellfest-Noise !!!!
Un énorme coup de chapeau aux organisateurs pour la totale réussite de ce festival bon enfant, chaleureux et à taille humaine, musicalement varié et intéressant et ou manifestement tout à été très bien fait pour l’accueil des festivaliers et le (relatif) bien-être des riverains. Alors certes les toilettes faisaient qu’on optait dés la première heure du vendredi pour le style « Trappeur » le long du week-end mais c’est là une goutte d’eau, oui oui, une goutte d’eau dans un océan de plénitude.
![]() Pour terminer au milieux un petit concours des plus beaux tee-shirts du week-en (les plus nombreux furent ceux d’Iron Maiden, le plus intéresant fut « Mi-pute mi-soumise ») :
Tout d’abord un fort à propos tee shirt porté par une énigmatique blonde à rangers, ensuite un tee-shirt qu’on trouvait dans l’Extrêm-Market et enfin le vainqueur incontesté de ce concours, un appel au vol à l’étalage même si cette mauvaise pensée resta lettre morte.
![]() ![]() ![]() Ah oui le STRIP-TEASE j’avais oublié.
Alors déjà première surprise puisque les donzelles de la nuit n’avaient a priori subi aucune opération de chirurgie esthétique (on n’en dira pas autant pour les teintes de cheveux par contre là il y avait de tout, de l’orange sanguine au pourpre profond en passant par le violet glam). La chaleur de la nuit portait bien son nom avec un show outrancier de ces quatre gourgandines qui n’en étaient surement pas à leur premier grand écart mais qui tenait tout un public (pas des plus fin le public vous l’aurez compris, déjà pas loin de 10 heures de festival et autant de litres de bières sans doute dans le bidon) dans leur main, avec morgne et arrogance juste comme il faut. Chapeau mesdames !!
En diurne par contre là c’était un tout autre spectacle. Le genre majorettes d’Anjou mal dégrossies au Tonimalt qui se déhanchaient tant bien que mal sur du Kiss en faisant des pas appris avec la méthode par correspondance de Kamel Ouali. Il fallait entendre le « rooooo » de déception par exemple quand une fille arriva sur scène après 45 secondes du « Diamonds are best friend’s girl » de Marylin Monroe qui avaient pourtant bien évidemment attisé la curiosité !! A défaut de diamant cela sentait pour le coup davantage le plaqué or vendu par correspondance en dernière page du journal de chez Franprix.
![]() Une dernière chose enfin, les nuits de Clisson furent relativement calmes durant le festival, pas de débordements ou de primal scream entonné à la hussarde en plein quartier résidentiel, pas de bouteilles de verre éclatées sur le bitume ou ailleurs, une véritable leçon de maintien.
Ceci n’empêcha pas la polémique et le combat lobbyiste (voir une prochaine news) en vue d’empêcher le festival de se pérenniser mais il fallait le dire toutefois.
Public, groupes, organisateurs, un grand merci à tous pour ces trois jours étonnants, enthousiasmants, ébouriffants, inoubliables.
REMERCIEMENTS : - Roger de l'organisation du Hellfest en premier lieu, - Nikki Sixx aussi pour l'envoi du médiator, - Le représentant Pastis 51 pour les discussions à brûle-pourpoint pendant que notre menu personnel respectif faisait le boulot, d'aucun-à-moi le calepin à la main d'aucun-à-lui à monter le bar, merci aussi pour l'happy hour quotidienne, - L'excellent site de référence pour ce qui est du hard rock, j'ai nommé hardrock80 pour toutes les photos (ou presque) non créditées des articles - - La Wallonie enfin pour nous avoir envoyé un binôme Culturopongiste théorisant sur la créativité de Blackie Lawless avec un accent belge à couper au couteau suisse (ce qui explique le temps qu'il a fallu pour dérusher les enregistrements pris lors du festival), A l’année prochaine sans l’ombre d’un doute !! Scream for me Clisson ! Suicidal Tendencies Final from Ronan THENADEY on Vimeo. Retrouvez d'autres articles sur Hellfest : Hellfest 2009 - Report 1 (vendredi 19 juin) Hellfest 2009 - Report 2 (samedi 20 juin) Hellfest en danger Hellfest 2010, le programme s'affine Hellfest 2010 : Trois jours de pets et de musique part 1 Hellfest 2010 : Trois jours de pets et de musique part 2 Hellfest 2012 - jour 1 - Vendredi 15 juin 2012 Hellfest 2012 - jour 2 - Samedi 16 juin 2012 Hellfest 2012 - jour 3 - dimanche 17 juin
Commentaires
De : Le Presse est unanime Un bien beau week-end en tous cas plein de musique, de fureur et de soleil. J'en profite pour remercier pour son amicale complicité le type assis à côté de moi dans la 307, le seul type à ma connaissance qui aurait besoin d'un GPS pour piétons, mais ce fut forcément un détail au vu du reste de ses prestations. De : Levraivampire Un bon résumé dans l'ensemble surtout que l'auteur de cet article nous parle de son ressenti et de celui des festivaliers et non uniquement du sien.Hélas plusieurs de ses confrères n'ont pas eu cet état d'esprit.Dommage. Juste un petit reproche : Epica.Ce groupe fait du métal symphonique et non du hard rock ou du "rock à violons".Il est donc logique de le retrouver dans ce genre de festival à moins que la plupart des amateurs de métal aient une vision étriquée de ce style. Insérer un commentaire : |
