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Florent Marchet - Courchevel
Les sorties
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Pourquoi-êtes vous si triste?" serait-on tentés de demander à Florent Marchet, si l'on n'avait qu'une seule question à lui poser. "Pourquoi êtes-vous si triste?" nous chante-t-il, sur son dernier opus, l’album Courchevel.
Avec dans la voix juste ce qu'il faut de drame pour que l'on se retrouve à terre avant d'avoir même compris pourquoi et comment. Et avec sa voix, sur Courchevel, Florent parcourt en virtuose la gamme des émotions qui définissent son oeuvre depuis Gargilesse: la nostalgie, la tristesse, les regrets, le désenchantement.
Sur une mélodie pop et dansante, "Benjamin" reste le loser de la bande, celui qu'on se traîne comme un boulet bien aimé. "L'eau de rose" a un goût bien amer, lorsque l'amour se délite et se dissout. Tout comme il est bon de savoir que ces chanteurs que l'on idolâtre ne sont que des hommes comme les autres, hors les lumières de la scène qui les habille et les rassure. (L'idole). Et si les pistes sublimes de" Courchevel" font rêver "la famille Kinder" qui les observe de loin avec envie, elles n'empêchent pas de sauter sous une rame de métro quand le coeur n'y est plus.
Allez va, on finira tous dans la même charrette ("La charrette"), tant l'air du temps est au gris plutôt qu'au rose bonbon. Question de crise et de génération. Autant aller piquer une tête à "Narbonne plage" , en évitant de passer par "Roissy" où les aiguillages s'affolent et les coeurs se brisent quand l'avion prend feu (et pour le plaisir, un duo avec l'exquise Jane Birkin). 11 titres à l'orchestration impeccable, aux mélodies imparables, des fulgurances dans la voix autant que dans les mots. Un "hors-piste" virtuose. Et une question lancinante pour la toute fin de l'album: "Qui je suis". Une question sous forme de réponse, une réponse en forme de question. 11 titres pour se plonger dans une salutaire introspection. Un verbe ajusté, l'ironie affleurant dans les mots, ou via les guitares qui se gaussent.
Mon ultime recommandation? Se procurer l'album digipack, pour le plaisir de le compulser: la collaboration avec le photographe Anthony Goicolea est une réussite: photos kitshs pour message subliminal. Un bel objet donc, ce Courchevel, tant pour les yeux que pour les oreilles.
Retrouvez d'autres articles sur Florent Marchet : Florent Marchet "Rio Baril"
Commentaires
De : Bertier Les textes sont quand-même moins élaborés et les descriptions de personnages et de situations moins fines et complexes que dans Rio Barril. Narbonne-Plage, par exemple, est quasi inécoutable, entre cynisme, sordide guimauve et caricatures simplistes (les méchants parents adipeux, demi-saoûls et rouges d'un côté et les pauvres petits enfants innocents sur leur bateau de l'autre). Par contre, niveau arrangements, c'est absolument impeccable, tubes imparables en pagaille. Insérer un commentaire : |
