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Entretien avec Gabriel Yacoub (Deuxième partie)
Entretiens
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Le 5 avril dernier, Gabriel Yacoub nous a chaleureusement reçu chez lui, dans le Berry, à l’occasion de la sortie de son nouvel album De la nature des choses. Il nous a accordé un long entretien. Après une première partie consacrée à son dernier album, il nous parle de sa carrière, de sa vision de la vie et du monde. Gabriel Yacoub sera en concert au Café de La Danse le 27 Mai à 20H PARTIE 2 : GABRIEL YACOUB, DE MALICORNE A AUJOURD'HUI ![]() Qu’est ce qui a changé entre Malicorne et maintenant ? Il y a tout un monde. Malicorne c'est un groupe que j'adore, que je vénère et dont je me souviens avec beaucoup de bonheur et de respect mais c'était un groupe de faiseurs. Je ne dénigre pas le passé bien au contraire. On faisait un travail de compileur, on piochait dans le répertoire, comme des pirates un peu. On avait à notre portée un répertoire absolument inépuisable, phénoménal et grandiose et c'était un travail d'artisan très agréable, le travail des arrangements était vraiment un grand bonheur esthétique. Mon travail d'aujourd'hui est un travail de création alors que Malicorne était un travail fascinant, passionnant mais un travail d'adaptation, la matière existait déjà avant. Nous étions de très bons artisans mais pas des créateurs. Aujourd'hui c'est de la vraie création, chaque chanson m'arrache le coeur et me bouleverse les tripes. Le principe c'est que si tu refais quelque chose il faut que ce soit mieux qu'avant, si tu casses quelque chose pour le reconstruire il faut que ce soit mieux qu'avant sinon c'est pas nécessaire. Aujourd'hui je n'ai plus envie de faire ça, cela m'excitait quand j'avais 20 ans mais désormais cela ne m'intéresse plus. Je suis plus porté par la création, par le bouleversement de laisser sortir « un jour je me suis fait poète », de laisser sortir un truc qui est venu dans ta tête comme une intuition, une inspiration. Bien sur c'est un beau travail, c'est magnifique d'arranger des chansons mais ça m'intéresse moins aujourd'hui. La créativité d'un auteur demande à la fois beaucoup plus d'énergie, de passion, de sentiments mélangés qui vont te décourager un jour et t'encourager le lendemain, par contre quand tu arrives à réaliser ce que tu as souhaité faire ça devient une exaltation incroyable. Et cette exaltation ne tient-elle pas à la prise de risque qui est supérieure, au fait de se mettre en jeu ? Evidemment, l'exaltation nait aussi du prix à payer car tu t'investis, tu joues quasiment ta vie, c'est un investissement qui est intense et on l'accepte car c'est normal de jouer le jeu. A l'époque de Malicorne on ne me demandait pas « Qu'avez vous voulu exprimer quand vous avez choisi de chanter les prisons de Nantes (Rires) En revanche on parlait des arrangements, de l'esthétique, de l'instrumentation ; mais c'est plus superficiel, on touche moins à l'intime (Et là, à ce moment précis on entend par la fenêtre ouverte un petit oiseau se met à chanter... le bonheur d'être à la campagne). Alors qu'on peut exprimer dans une chanson trad des vrais sentiments profonds mais c'est par procuration d'une certaine façon. On s'investit beaucoup moins. Dans ta carrière solo tu n’as jamais renié le traditionnel. Avec Malicorne tu modernisais la tradition et il me semble que tu conserves toujours un regard sur le passé et la tradition dans tes chansons. Une sorte de fusion entre tradition et modernité. Pourrais-tu un peu nous parler de ce rapport à la tradition et à la modernité ? Avec grand plaisir. Tout d'abord je voudrais dire que la tradition ça ne veut pas dire le passé, la tradition c'est le présent, c'est contemporain puisque ça implique la notion de durée, de transmission, la tradition est présente aujourd'hui. Tout d'abord, pour moi la musique traditionnelle et tout ce que ça implique, toute la culture qui entoure ça, c'est mon école c'est mon passé. Ce n'est pas le passé c'est mon passé, c'est à dire que j'ai appris avec ça, j'ai appris à écrire, à composer, à arranger, à orchestrer avec la musique traditionnelle donc c'est vraiment mon école. Comme en plus je suis autodidacte j'ai appris sur le tard avec ces musiques là qui me passionnaient totalement. ça c'est une chose. Ensuite, j'estime qu'aujourd'hui, en 2008, quelqu'un qui n'utilise pas les instruments traditionnels, j'entends par là qui s'empêche d'utiliser des timbres et des richesses sonores est un imbécile. Après il y a des questions de mode et c'est dommage, on a la chance d'avoir accès à toutes ces choses, des instruments du monde entier, de tous les continents, de toutes les époques. Bien évidemment si c'est un choix c'est différent. On a accès à toute cette connaissance et occulter cela je trouve que c'est dommage. Moi je le fais par goût parce que j'adore ça donc je l'utilise, c'est naturel. Bien sur il y a beaucoup de gens qui ont des idées préconçues. Y-a-t-il des thèmes de prédilection pour toi, des obsessions récurrentes, une sorte de fil conducteur de ton inspiration ? Sincèrement je ne sais pas, il faudrait demander à un psychanalyste (rires). Je sais qu'il y a des gens qui se sont penchés là dessus et qui m'ont sorti des trucs qui m'ont édifié mais moi j'en suis pas conscient et honnêtement je n'ai pas envie de m'en rendre compte. Bien évidemment on a tous des obsessions, des choses qui reviennent dans nos rêves et dans nos réflexions mais je n’'en suis absolument pas conscient. Et je n’ai pas envie d'en être conscient et de l'analyser parce que personnellement ça ne me servirait à rien. Et je le dis en toute honnêteté ce n'est pas pour me défausser. ![]() As-tu des modèles musicaux ? Des modèles non mais des gens qui m'inspirent oui. Il y a des choses qui m'inspirent puissamment, surtout des choses anciennes que j'ai découvertes quand j'étais gamin et qui m'ont suivies jusqu'à ici. Je pense en particulier aux Beatles, pour moi c'est un jalon absolument incroyable qui aujourd'hui encore m'inspire vraiment. Il y a des choses qui m'exaltent mais qui ne sont pas des modèles car je ne veux pas faire comme eux. Les choses qui m'inspirent c'est plus insidieux que ça, c'est digéré mais je ne vais pas ressortir ça au premier degré, je ne vais pas par exemple faire une chanson « dans le style de ». Il n'y a aucun effet de mimétisme. Je me souviens que lors de concerts tu as repris Biko de Peter Gabriel, est-ce que ça fait parti des artistes qui t'inspirent ? Ça n’est pas une de mes plus puissantes inspirations mais j'admire son boulot, j'adore le personnage et j'adore la chanson. Je l'ai entendu la première fois alors que je ne savais pas que c'était Peter Gabriel, je l'avais entendu par Robert Wyatt sur un vieil album où il s'accompagnait à l'harmonium et je me suis dit : « Qu'est-ce que c'est que cet OVNI ? ». C'était juste après la mort de Steven Biko. J'aime beaucoup Peter Gabriel, sa démarche, son état d'esprit et son ouverture mais je n’écoute pas ses disques tous les jours, c'est vraiment la chanson qui m'a séduit. Quel regard portes-tu sur la scène musicale française ? Qu’est-ce que cela t’inspire ? te sens-tu proche de certains artistes ou de certaines démarches ? Lesquels ? Il y a beaucoup de choses qui m'intéressent, pas qui m'enthousiasment. Il y a des choses que j'aime bien. J'ai un petit problème en fait, avec le temps on devient très critique, avec le temps et avec l'âge il t'en faut plus pour t'exciter. Je ne suis pas critique à tout prix mais mon écoute est beaucoup moins spontanée que quand j'étais plus jeune. Je vais écouter une chose très intéressante mais je vais fouiller derrière, trouver qu'est-ce qui m'intéresse dans l'arrangement , dans l'écriture, je vais analyser, alors que l'amour ça s'analyse pas. Le problème c'est que lorsqu'on est pro, quand on fait de la musique, quand on ne fait que ça, on devient analytique, on est moins perméable à l'émotion pure. Alors ça peut arriver, en particulier sur scène. Il y a des artistes dont je ne suis pas fou et qui m'ont fait absolument fondre sur scène, c'est le cas avec Springsteen : avant je n’'aimais pas Springsteen. Ce qui veut dire que la scène c'est bien plus important que tous les disques et toutes les radios du monde. Souchon sur scène il est prodigieux , sur disque j'aime bien mais ça ne m'émeut pas vraiment, alors que sur scène c'est magnifique. Dans les choses qu'on entend aujourd'hui je dois avouer qu'il y a peu de choses qui me bouleversent. En plus c'est souvent des passades : Je vais être surpris par la découverte et puis ça va pas durer très longtemps. Il y a le duo Volo que j'aime bien, il y en a un qui est dans les Wriggles. Ils font un duo très beau, magnifique, c'est d'une finesse et d'une sensibilité incroyable. En dehors de la musique, as-tu des auteurs, des cinéastes que tu admires ? Bien sûr ! J'adore le cinéma mais je suis beaucoup plus attiré par la lecture que par le cinéma. D'autant plus qu'ici aller au cinéma ça n’est pas évident du fait de l'isolement, il faut aller à Bourges, ça fait 100 km, c'est une vraie démarche. En fait je ne suis pas tellement quelqu'un d'image, je suis plus attiré vers la littérature. Mais encore une fois, du fait que je suis autodidacte, ma culture littéraire est chaotique. Il y a des choses qui m'inspirent beaucoup. Je lis beaucoup de poésie mais pour moi la poésie c'est partout et c'est dans le roman, il y a des auteurs dont la prose est la poésie, je pense à Giono, Genevoix. Par ailleurs je suis passionné par la littérature réaliste américaine, moderne ou plus ancienne, comme Steinbeck. J'ai une vénération pour Steinbeck sans borne, Steinbeck c'est de la poésie réaliste. Les américains ont une manière d'écrire comme les journalistes, ils sont dans l'action et dans l'observation, à mon avis qu'on a jamais réussi à trouver en France. Les auteurs compositeurs également ils écrivent souvent comme des journalistes, je pense à Susanne Véga et à Bob Dylan, et ça je trouve ça vachement beau. Et je pense que ça m'inspire parce que j'essaie un peu de faire comme ça, je ne dis pas que je réussis mais j'essaie en tout cas parce que je pense que c'est une manière de rester accessible. J'adore les chansons poétiques, obscures, symboliques, avec des sens cachés, un peu hermétiques mais j'aime bien aussi quand les trucs sont crus, comme on peut le lire dans un journal ou dans une news à la télé, et les américains sont champions pour ça. En ce moment je lis Cormac Mc Carthy qui est à mon avis le nouveau Steinbeck, il écrit sur la vie des gens ordinaires et ça m'émeut beaucoup. ![]() Parle-nous un peu de tes boites. Pourquoi ces boîtes ? Et depuis quand travailles-tu dessus ? Je suis un vieux collectionneur d'objets, de fariboles et de bouts de papier et je trouve qu'il y a une qualité esthétique à ces objets, j'ai eu envie de les mettre en valeur, de les mettre en boîte et de décider que c'est de l'art. C'est aussi prétentieux et simple que ça. Ca m'est arrivé dans les années 80 à une époque où la musique, ça ne marchait pas du tout, c'était après Malicorne, je me suis retrouvé pendant 2 ans où il y avait rien. J'avais tenté une carrière solo qui ne marchait pas très bien et je n’avais pas de boulot, je tournais en rond à la maison et je m'emmerdais bien. Et ça m'a donné le temps de commencer à faire des trucs comme ça, je faisais ces boites et je les empilais, sans aucune velléité artistique, c'était vraiment pour m'amuser et satisfaire une besoin esthétique. Et puis un jour un ami qui avait une galerie est venu à la maison et m'a dit qu'il fallait montrer ça. Donc on a fait une expo qui a eu un bon accueil donc je me suis pris un peu au jeu. Mais ça n’est pas sérieux, je ne me prends pas au sérieux du tout, j'ai continué à le faire quand j'avais le temps parce que j'aime ça. Il n'y a pas du tout une intention profonde et artistique, c'est plus pour m'occuper les mains quand je suis oisif et quand j'ai le temps. J'aime ça, c'est un hobby, un passe temps. Là ça fait 3 ans que je n’en ai pas fait. C'est plus une fantaisie que quelque chose de très sérieux. Depuis quand vis-tu dans le Berry ? Qu’y as-tu trouvé ? Ca fait 4 ans. Mais j'avais cette maison depuis beaucoup plus longtemps, depuis 1981, mais c'était une maison de vacances, une maison où on venait travailler, répéter, c'était une maison secondaire, je vivais à Paris. On avait le projet un jour de venir s'installer ici. Ce qui c'est passé c'est que la technologie et les systèmes de communication ont changé très vite et on s'est aperçu qu'il n'y avait plus aucune raison de rester à Paris parce qu'avec Internet et le haut débit on pouvait travailler à partir d'ici dans des conditions plus paisibles et agréables. Je n'ai aucun lien avec ce pays à part des liens affectifs mais la raison qui m'a fait acheter cette maison en 1981 est lié à mon intérêt pour la musique traditionnelle car le Berry est une des régions de France qui a gardé le plus de traditions. On s'en est aperçu avec Malicorne quand on faisait nos recherches sur les différents répertoires. C'est vraiment un pays qui m'a attiré, j'ai adoré le paysage, la serenité, la mentalité, même si elle n’est pas toujours perceptible au premier abord (rires). Très vite j'ai eu l'espoir de m'installer ici. On s'était dit qu'on viendra s'installer ici quand il y aura l'ADSL et le chauffage central et en fait on est venu avant qu'il est l'un et l'autre et on est très heureux de ce choix. On y est très bien. Face aux différentes problématiques auxquelles nous sommes tous confrontés en tant que citoyen, te sens-tu partie prenante ou à l’écart ? Te sens-tu concerné par la marche du monde ou souhaites-tu maintenir une distance entre lui et toi ? Mon attitude a changé relativement récemment. Aujourd'hui je me sens totalement impliqué dans ce paysage, avec mon rôle à jouer et mes relations avec les gens. Pendant très longtemps j'avais l'impression d'être une espèce de pirate dans cette société, je me disais que je ne faisais pas vraiment parti du système. Le déclic ça a été le 2ème tour de l'élection présidentielle en 2002 entre Le Pen et Chirac, le lendemain je suis allée m'inscrire sur les listes électorales parce que je me suis dit que maintenant on ne pouvait plus rigoler. Je m'en rends compte depuis que je suis là aussi car il y a un espèce de tissu social, d'entraide, de manière de voir la vie qui est ici absolument nécessaire. C'est un modèle de société qui me plait beaucoup, le voisinage y est quelque chose d'important, c'est le début d'une vraie vie sociale et c'est très important. J'apporte à mes amis du coin des choses que j'ai et qu'ils n’ont pas et vice versa, c'est quelque chose de normal et je trouve que c'est vachement bien. Je me sens pleinement dans la société et ça me permet d'avoir le droit de la critiquer parce que j'en fait partie. A quoi ressemble la vie de Gabriel Yacoub quand il ne chante pas ? En dehors des chansons, il y a les travaux de la maison, j'adore ça, ça m'a toujours passionné, j'aime bien concevoir et faire des choses, c'est à la fois une nécessité et une passion. Si vous n'étiez pas là aujourd'hui, je serai en tenue de chantier ! En plus cette maison elle est symbolique pour moi, j'ai envie qu'elle revive, ça a toujours été une maison de convivialité, de rencontres et j'ai envie que ça redevienne comme ça. Ecris tu tous les jours ? C'est absolument aléatoire, il n'y a aucune règle, je peux avoir des rafales d'inspiration et je peux passer des semaines sans écrire. Le plus souvent c'est dans des moments insolites, des voyages par exemple ou justement je suis en dehors des contingences quotidiennes, de l'organisation. Quand ça vient ça vient et si ça vient pas je force pas. Nous, nous n'avons pas de pression et pas d'urgence. Je commence toujours par écrire les textes, pour moi une chanson c'est un texte, en général la musique vient presque avec le texte, la musique vient presque automatiquement. Je mets pas mal de temps à écrire. De quels poètes te sens-tu le plus proche et pourquoi ? Il y en a certainement ! Il y a le chef des poètes, Couté, qui me bouleverse, c'est entre la poesie et la tradition, c'est le lien entre les deux donc ça ne peut que me séduire. Garcia Lorca m'a bouleversé quand j'avais 20 ans, quand il parlait des bohémiens, de l'anti franquisme ça me touchait, je trouve son écriture admirable. La poésie est pour moi plus une source d'inspiration qu'une source de plaisir. Elle m'inspire une réflexion plutôt que du bonheur à la lire. Les poètes déploient une magie d'une puissance incroyable qui touche les gens du monde entier, Rimbaud par exemple c'est universel. J'insiste sur le fait que pour moi la poésie n'est pas obligatoirement la versification, mais dans la manière d'exprimer les choses, dans les émotions qu'on traduit. Comment définirais-tu ta relation à la nature ? et aux hommes ? C'est une bonne question ! (rires) J'ai l'impression de vivre dans une espèce d'équilibre, la nature m'importe énormément. J'ai vraiment l'impression de faire partie du monde, du cosmos. Ce que je trouve intéressant c'est la différence, la différence entre les gens, les connaissances qu'on a, la générosité qu'on a, la richesse qu'on a et qu'on souhaite partager. Et moi j'ai l'impression d'évoluer dans un monde où il est parfaitement naturel de coexister, de cohabiter si possible dans une nature agréable. En plus j'ai une passion pour les symboles et la nature en est saturée et je suis bien ici, j'ai mon arbre, j'ai mon chemin, je suis tout à fait en osmose avec ça, c'est une manière d'être et d'exister. Pour moi c'est important, c'est vital, j'en parle un peu dans mes chansons. Mais j'adore également les villes, je suis parisien, j'ai vécu pratiquement toute ma vie à Paris, c'est tout à fait autre chose mais c'est aussi intéressant. Quel regard portes-tu sur ta carrière ? As-tu des regrets ? des choses que tu aurais aimé accomplir autrement ? de quoi as-tu envie pour l’avenir ? La notion de carrière me dépasse un peu en fait, je n’arrive pas à faire une différence entre mon activité artistique et ma vie. J'observe mon parcours avec tranquillité, toute mon expérience avec la musique traditionnelle a été d'une richesse incroyable et puis le fait qu'un jour j'ai eu envie de bifurquer vers ce que je fais aujourd'hui ça me paraît complètement naturel et cohérent. Je ne suis pas frustré, je suis serein, j'ai toujours fait ce que j'ai eu envie de faire, j'ai eu beaucoup de chance parce qu'on me l'a permis, je n'ai pas de regrets. Je suis assez heureux de la façon dont les choses se passent, et puis maintenant qu'on a crée notre propre structure (le label Le Roseau) on est totalement maitre de notre création et de notre calendrier. J'ai connu à la fois le succès et l'insuccès et je trouve que ce qui se passe aujourd'hui pour moi ça me convient totalement à cette époque de ma vie, peut-être qu'à 20 ans j'aurai été frustré. Pour l'avenir la seule chose que je peux dire c'est que je voudrais continuer à faire ce que je fais dans une certaine sérénité. J'aimerais aussi que cette maison redevienne ce qu'elle était avant et continuer mon boulot tant que la situation me le permettra. On sait que le marché du disque est dans une situation catastrophique et que ça ne va pas s'arranger dans les années qui viennent, donc je croise un peu les doigts pour qu'on puisse continuer à vivre et à faire notre travail avec honnêteté, conscience, constance et confiance parce qu'il se pourrait qu'un jour ce ne soit plus possible ce qui serait très ennuyeux. Et ça ça risque d'être un drame. Alors nous on a la chance d'avoir anticipé un peu la crise en créant notre label mais certains n'ont pas les moyens, le temps ou l'énergie, je pense surtout à des gamins qui débutent aujourd'hui et qui eux, risquent de se retrouver dans une situation extrêmement précaire. Et ça ça me préoccupe un petit peu. Pour la première partie de l'entretien, c'est ici La critique Culturopoing de De la nature des choses est disponible ici Retrouvez d'autres articles sur Gabriel Yacoub : Gabriel Yacoub - "De la nature des choses" Entretien avec Gabriel Yacoub (Première partie) Gabriel Yacoub invite Malicorne - Francofolies - La Coursive - le 15 juillet 2010
Commentaires
De : Presse Noctambule Chouette interview de Gabriel yacoub par serge Levaillant sur France Inter (émission du 21 mai) http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/souslesetoilesexactement/index.php?id=67227 De : Sabine C'est chouette mais quand on se met sur la page en question, il faut téléchargér un fichier ".ram" et je ne sais pas quel programme permet d'ouvrir ce style de fichier. Est-ce que quelqu'un dans la communauté culturopongiste pourrait m'en dire plus ? De : Presse Micro C'est du Realplayer en streaming http://www.01net.com/telecharger/windows/Multimedia/lecteurs_video_dvd/fiches/184.html De : Presse plus précis ...mais il y a également moyen de l'avoir en Podcast, faut s'abonner apparemmment. http://www.radiofrance.fr/franceinter/pod/index.php?page=chrono&jd=sem De : mr_kenyatta Presse dans le rôle de la hot line technique, je pensais va vivre suffisamment vieux pour le voir !! De : Sabine Merci !!!!! De : Infernalia C'EST CE SOIR, C'EST CE SOIR !!! De : Infernalia Un concert tout simplement magnifique. Une cohésion, une harmonie musicale sans faute en particulier avec la présence de l’ensemble de cuivres. On en ressort léger et heureux. Vraiment un grand moment. Insérer un commentaire : |
