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Entretien avec Crimson Muddle

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Posté par gee wee le 2012-06-03



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Leur premier album, Nocturne, avait retenu notre attention par la grande richesse de sa musique, très évocatrice en images et en émotions, onirique et apocalyptique, rageuse et désenchantée, pétrie de cauchemars et de ruines où se retrouvaient comme autant de fantômes Joy Division, Front 242, Berlin, Baudelaire, Blake… La sortie de leur EP Русалка en février laisse présager d'une musique plus mûre, mieux assise, plus forte dans leur second album, La Rousalka, qui sortira à l'automne. Dans cette attente, nous avons rencontré Crimson Muddle.

 
Bonjour Crimson Muddle. On va commencer par les présentations. Le groupe, son histoire, les membres, racontez-nous.
Flora : Crimson Muddle, à la base est un projet solo. J'ai commencé en 2004 à faire des morceaux, toute seule dans ma chambre, avec mes logiciels, mon synthé et mon chant. J'ai très vite trouvé ça un peu réducteur. C'est en montant sur Paris que le projet a pu se monter, on a commencé à jouer avec Karine, à la basse, Marietta, au violon, Romain à la guitare. Ça c'était en 2008. En 2009, le guitariste est parti du groupe. On a fonctionné à trois pendant deux ans jusqu'à se sentir encore un peu limitées par les progra. On a cherché un batteur et on a trouvé Laurent. Aujourd'hui, y'a donc moi, Hellébore, synthé, progra, chant, un peu de concertina, mélodica.
Karine :
moi c'est Annie-Dog, je fais de la basse essentiellement, du clavier, de l'harmonium indien, du glockenspiel, je suis un peu touche à tout, en gros…
Marietta :
Abesada, violon, basse, un peu de chant,
Flora :
et Laurent, batterie, progra, un peu de basse, des chœurs.

Et comment vous êtes vous rencontrés ?

Flora : avec Karine, on s'est rencontrées quand on était petites, vu qu'on est sœurs (rires). Marietta avait mis une annonce pour faire de la basse. Je l'ai contactée et avant qu'elle me réponde, Karine me répond pour la basse dans le groupe. Je me retrouvais donc avec deux bassistes ! Heureusement Marietta faisait aussi du violon. Comme avec Karine, on a fait du piano au conservatoire, dès le début on s'est dit que Crimson Muddle ne serait pas un groupe où chacun aurait son instrument, mais qu'on tournerait sur plusieurs instruments. Très vite, chacune est arrivée avec ses compositions, ce qui a enrichi un peu la musique de Crimson Muddle, chacune s'est mise à chanter. Plus ça va, plus ça tend vers ça, un côté…

Sans leader.

Flora
: Voilà. On a fonctionné comme ça à trois pendant presque 2 ans. À nouveau, on a commencé à se sentir un peu limitées au niveau du live, parce que les programmations ne nous donnaient pas assez de libertés. Ça manquait un peu de puissance, on voulait quelque chose de plus rock, de moins minimal, de moins cold…
Karine :
La progra est beaucoup trop limitée. Y'a aucune marge, aucune surprise. Puis techniquement c'était compliqué, avec les retours et tout…
Flora :
On a mis une annonce et on a trouvé Laurent de Louis Lingg and the bombs, avec qui on avait joué quelques mois plutôt. C'est comme ça qu'il a repéré Crimson, et je pense que ça lui a plus, enfin, on espère (rires). Ça fait un an et demi maintenant. Dès la première répet, ça a été tout de suite évident, c'était lui. Plus ça va, plus il devient important au niveau de l'écoute des compositions, il commence à faire de la basse. On sent qu'il va devenir comme nous un électron libre, ça va être encore plus participatif.
 
 
 
 
Cet état d'esprit participatif, présent dès la formation du groupe finalement, et perpétué encore aujourd'hui, comment s'exprime-t-il au cours du processus d'écriture ? De quoi partez-vous, comment est-ce que ça évolue ?
Karine :
Y'a toujours quelqu'un qui ramène un embryon, et très vite chacun rajoute. Les compos dans le groupe, ça fonctionne de façon assez démocratique. Flora et Marietta ont tendance à amener des morceaux relativement avancés. Dans ce cas-là, on peut très bien partir là-dessus et coller au plus près, ou alors tout démonter et remonter. D'autres fois, on va juste ramener une petite mélodie ou alors Flora va ramener un morceau de texte. Ça dépend vraiment des morceaux.
Flora :
Après, on a tous chacun nos points forts. Moi ça va être le côté structure. Karine ça va être les textes et Marietta va nous apporter beaucoup au niveau de la mélodie et au niveau des arrangements. Chacune de nos influences va nous pousser à avoir une approche différente par rapport à nos instruments et explorer d'autres choses, aller vers ce qu'on ne connaît pas.
Karine :
Et Laurent nous a apporté vraiment une pêche. Depuis qu'il est là, y'a plus de fraîcheur, c'est plus ludique, rien qu'en répétition. On va vraiment adapter le rythme au morceau plutôt que faire une progra témoin qui va nous bloquer dès le départ parce qu'on va se concentrer à la suivre. Et sur scène, ça fout une pêche de dingue !
Flora :
Et plus de variations dans le morceau. Avec une progra, on avait tendance à être sur le même tempo sur le morceau, avec deux, trois variations. Là on peut faire des vrais breaks, des silences… On a deux approches différentes, qui enrichissent vraiment la composition. J'avais l'habitude de rajouter des couches et des couches et des couches. Depuis qu'il est là, on a allégé la programmation pour lui laisser suffisamment de place, tout en gardant ce côté un peu électronique.

Dès votre premier album, Nocturne, il y a beaucoup de richesse dans votre musique, qui évoque pas mal d'images, plein d'univers. On trouve du cyberpunk/steampunk, des ruines, un côté féérique et noir en même temps. Un rapide tour de vos influences ?

Flora :
C'est quand même essentiellement rock. J'ai la chance d'avoir un métier qui me donne l'occasion d'écouter des styles très variés (discothécaire, ndr) ; ça permet de trouver des trucs en musique du monde, par exemple des influences tsiganes pour le violon. On va écouter beaucoup de musique industrielle (Einstürzende Neubauten), du rock indé… Moi et Marietta, on a traîné dans le milieu punk et dans le milieu goth, donc y'a cette influence là aussi. L'électro aussi. Puis death rock, post-punk, batcave, cold wave. Tout ça qui continue à s'entendre des fois dans la façon de chanter, les progra ou dans les sons de synthé...
Karine :
On est un peu tous des produits des années 80, y'a des moments où ça revient violemment. Moi je suis influencée par tout ce qui est britannique, c'est ce que j'ai étudié quand j'étais à la fac. À la limite mes influences sont plus littéraires et picturales que musicales. C'est encore une autre approche.
Marietta :
Pareil, je peux très bien écouter de l'acid core, de l'hardtech, du métal, ça passe par le black métal, le death, y'a beaucoup de choses que j'aime dans ces styles là, après, beaucoup de punk, de goth, d'electro dark aussi. On écoute pas mal de trucs différents, souvent des trucs qui paraissent chelou, mais c'est super varié, y'a beaucoup de choses. On a même pas le temps d'écouter du classique, y'a trop de choses.
Karine :
Laurent, ses influences variées font qu'il n'hésite pas à partir vraiment dans des trucs sur le coup improbable et qui au final vont apporter le petit plus au morceau. Le fait qu'on ait tous des influences assez diverses, permet à tout le monde à un moment ou à un autre de surprendre les autres. C'est ça aussi qui nous permet d'avancer vers des trucs moins prévisibles. C'est important à nos yeux.
 
 
On sent tout de même une unité dans vos morceaux. Lorsque vous composez, écrivez, développez votre musique, quelle est la chose que vous visez ?
Flora
: Je pense que c'est limite thérapeutique quand on fait de la musique,
Karine :
cathartique,
Marietta : carrément.
Flora
: Ca part vraiment des émotions à la base, ça vient, parce qu'on a besoin d'extérioriser ce qu'on ressent. C'est le chanteur de Frustration qui me disait qu'on fait du psychédélisme noir. Et j'ai beaucoup aimé cette expression. Le premier album (Nocturne), c'est un peu chacune nos rages, nos ruines, nos cauchemars,
Karine
: nos colères, nos frustrations. Une berceuse déglinguée. C'est pour ça qu'on a vraiment axé le visuel de l'album sur le système des taches de Rorschach, le côté un peu psychanalytique. Pour le deuxième album (La Rousalka), même si ça part des mêmes bases, on est un peu sortis de ce côté "sors tes trippes", thérapie…
Flora : "Ok, maintenant, c'est bon, t'arrêtes de larmoyer, tu te prends en main et t'y vas" ! Quelque chose de beaucoup plus combattif, en plus du côté onirique, y'a ce côté femme cassée qui se prend en main pour foutre une raclée à tout le monde pour se venger.
Karine
: C'est Laurent, c'est la virilité, il est arrivé ! (rires) Et puis on déteste un peu moins les hommes, on peut lui faire de la place dans le groupe (rires).

Justement ce deuxième album, parlons-en. Dans le premier, il y a ce petit côté féérique, mais désenchanté, un côté "petite fille" au milieu des ruines et de ses cauchemars. De quoi parle La Rousalka ?

Flora
: La rousalka, c'est un personnage mythologique, une jeune fille noyée qui revient d'entre les morts pour hanter les vivants et pour se venger.
Karine
: En général, les rousalka, c'était les femmes qui n'étaient plus vierges sans avoir été mariées. Elles étaient plus ou moins damnées et avaient une revanche à prendre, sur les hommes essentiellement. On est dans un rapport guerrier limite amazone et avec en même temps un vrai rapport à la nature.

Qu'on retrouve dans la pochette de l'EP

Karine :
C'est d'Ivan Bilibine. Et pour le livret de l'album, on va avoir toute une série de dessins qui auront été dessinés spécialement dans cet esprit par notre mère qui est juste une artiste géniale. Autant en profiter.

Et niveau instruments, des changements ?

Karine :
On va rajouter pas mal de nouveaux instruments histoire de s'amuser un peu parce que sinon on s'ennuie. La batterie, ça va vraiment être le gros challenge histoire de trouver le bon dosage entre l'électro et la batterie. J'ai ramené un harmonium de mon voyage en Inde l'été dernier. C'est un instrument complètement hallucinant, ça a un son impressionnant.
Flora :
Il y a le concertina. En fait, je ne sais toujours pas jouer du concertina, j'ai commencé à pianoter un peu dessus et une mélodie en est sortie. C'est vraiment l'embryon de Dragonne et on a tout construit autour de ça. Je ne sais toujours pas les notes que je joue réellement quand je fais ça, mais ça sonne bien. Peut-être plus tard pour le troisième album, je saurai ce que je joue.
Karine :
Et l'idée d'avoir un son un peu plus organique, explorer un peu plus de pistes instrumentales. Et, toujours pareil, dans une logique évolutive, être un peu plus dans la production, dans la prise de son. Ça va être aussi un certain travail parce qu'on va se former sur le terrain.
Flora :
Le premier album est assez froid, du fait des programmations et des synthés. Avec la batterie et ces instruments plus organiques, on va vers quelque chose de plus chaud, et de beaucoup moins linéaire.
 
 

 
 
Au-delà du travail musical qu'implique un album, il y a aussi le versant communication, la promo. Pouvez-vous décrire comment vous gérez ça ?
Karine
: Ben, on n'est pas très doués.
Flora
: Le premier album c'est une autoproduction. On a un label pour de la distribution qui est Manic Depression, mais tout ce qui est booking, promotion, contacts avec des salles de concerts…, c'est nous qui le faisons. Mais aucun de nous n'est très motivé à le faire. On est obligé de devenir des commerciaux et de vendre notre musique alors que justement on n'y croit pas une seconde parce qu'on n'évolue pas musicalement sinon. Donc quand on a le temps, on va donner un grand coup de fouet niveau promo, et après ça va retomber pendant trois mois.

Et quel est le rôle d'Internet dans tout ça ? Prépondérant, essentiel, nécessaire ?
Karine : Prépondérant, je sais pas, mais nécessaire je pense.
Flora : On voit sur le MySpace qu'il y a quelques personnes qui aiment vraiment ce qu'on fait et qui nous passent sur des radios aux Etats-Unis, qui nous passent en soirée, qui font la promo sur leur webzine ou leur page. On a pas mal de Sud-Américains aussi. Le téléchargement de notre EP, à prix libre, nous montre le nombre de gens qui sont intéressés, même s'ils ne sont pas obligés de payer ; parmi ça, on peut avoir des portugais, des russes, des polonais, des italiens. C'est là qu'on se rend compte finalement que c'est très large et même si pour le moment on joue pas dans ces pays-là, on a des petites fenêtres, des petites enclaves un peu partout.

Avec cette reconnaissance grandissante sur Internet, est-ce que vous considérez autrement le live ?
Karine : Le live, c'est aller vers les gens et c'est agréable ; mais surtout – et c'est le côté égoïste du truc –, c'est quand même un super trip ! Se retrouver sur scène avec des gens qui nous écoutent, et être là tous les quatre à partager ce truc, c'est assez hallucinant.
Flora : C'est surtout un regard extérieur qui peut nous permettre d'évoluer encore. On est content de pouvoir présenter et partager notre musique à un public, que ce soit enfin vivant et plus dans notre salle de répète. Et le plus, mais c'est évidemment pas toujours le cas, c'est d'avoir des retours constructifs, même sur des choses qui ne vont pas.

Et pour trouver des dates de concert ?
Karine : Jouer devient de plus en plus compliqué, faut pas se mentir.
Marietta : Ça se joue sur la longueur. Dans n'importe quelle scène, on s'aperçoit que les groupes qui jouent le plus, c'est les groupes qui sont là. Les groupes dont ça fait cinq ans que tu les vois sur un flyer, il est temps d'aller les voir.
Flora : Plus on est dans une scène un peu alternative, de niche, plus on arrive à avoir un réseau où tout le monde se connaît, très vite on crée des contacts avec les orga de partout. Mais nous, malgré ces réseaux-là, comme on est à cheval, ça reste un peu compliqué. Pour certains on va être trop punk, ou trop dark, trop filles, trop chanson française...

Tu évoques le fait d'être trop « filles ». Ça vous a vraiment desservi ?
Karine : Oui et non. D'un côté, ça nous a ouvert beaucoup de portes. Les concerts du début, on était pas terribles, on faisait des trucs approximatifs, on nous faisait jouer ; parce qu'on était des filles, ça faisait joli au milieu de la progra avec que des mecs. D'un autre côté, c'est les mecs qui nous parlent comme à de la merde, "vous êtes des filles, vous faites des chansons de filles", les orga qui nous demandent ce qu'on va porter sur scène, et cætera.
Flora : Dans les soirées où on était le seul groupe avec des filles, c'est de nous dont les gens se souviennent.
Karine : Après, on a aussi le violon. Le violon marque vraiment les gens. C'est un des gros atouts de Crimson. Si on l'avait pas, on en serait pas là. Et bon, maintenant, on a Laurent, les ingé son et compagnie sont rassurés, ils ont un homme à leur côté, et ça se passe mieux.

Et malgré tout ça, c'est toujours la bataille pour trouver les dates ?
Karine : J'ai l'impression que le problème de Crimson c'est qu'on a le cul, même pas entre deux chaises, mais dix chaises ! Avec Crimson on n'est pas accrochés à un style et on nous le reproche, on s'échange nos instruments, on nous le reproche, on change les langues, on nous le reproche. C'est compliqué pour les gens de savoir par quel bout nous prendre, et ça déstabilise. Au final, le meilleur accueil qu'on a en général c'est dans le milieu associatif et les squats. A côté de ça, la scène rock à Paris, c'est petit fils à papa, et ainsi de suite. On a essayé de frapper aux portes des trucs un peu féminins, et on nous a dit qu'on était trop rock pour elles.
 
 


Ce mélange des genres rend difficile votre identification… Est-ce que vous avez ou allez travailler dans le développement d'un univers visuel ?
Karine : On n'est pas scénique. Il y en a qui sont show, nous non. Entre les morceaux on change d'instrument, on n'a pas le temps de faire une blagounette, de se faire la pose… Si on est venus pour écouter de la musique, Crimson c'est cool. Si on est venu pour voir un spectacle, voir les gens sauter partout, ça va pas arriver. Y'a des gens que ça frustre.
Flora : Ca me rappelle un concert, où on nous a dit que Crimson c'était chiant parce qu'on tirait la gueule, qu'on avait les sourcils froncés, qu'on s'amusait pas. En même temps, c'est pas le but ! On vit vraiment ce qu'on joue sur scène et on y met notre vécu, nos émotions. C'est des remarques qui reviennent souvent.
Karine : Crimson ne fait pas sourire et ne fait pas danser. C'est pas agréable de faire un concert ! (rires) Mais le pire c'est qu'on prend énormément de plaisir sur scène, faut pas l'oublier. Et de la même manière qu'on aime se surprendre entre nous, on aime surprendre les gens. Moi j'adore au milieu d'un concert me lever pour changer d'instrument et voir les gens regarder ce truc qui est là sur scène depuis un moment et découvrir le son que ça fait. Moi j'aimerais bien comme public assister à un concert comme Crimson. C'est con de le dire, mais ça me plairait.

Niveau visuel, vous avez tout de même fait quelques concerts avec des projections…
Flora : On a des projections mais ça va être essentiellement des montages de photos qui sont autour du thème de la chanson. Si on avait le temps, on ferait des projections beaucoup plus poussées que ce qu'on fait là, un truc autour de la musique qui serait vraiment audiovisuel. On aime bien toucher à tout, ce serait chouette de réussir à le faire.

C'est ce à quoi vous tendriez ?
Karine : On s'interdit rien. On s'était même dit qu'on pourrait faire monter des hommes sur scène, leur faire jouer des rôles de potiches…
Flora : … sans forcément se prendre au sérieux, en prenant justement le contre-pied de ce qui se fait habituellement en matière de performance. Mais pour le moment, on fait les priorités. Compo, répète, concerts.

Vous travaillez tous « à côté ». Comment parvenez-vous à composer les deux activités, professionnelle et musicale ?
Karine : Pour moi c'est un peu une espèce de mélange entre une psychothérapie et une séance de gym. Je pars en répète, je sais que ça va mélanger les deux. Contente, défoulée et rassasiée par quelque chose qui va vraiment me porter pour le reste de la semaine.
Flora : Voilà, mais c'est ça, pour le reste de la semaine. C'est super frustrant d'être à temps plein et d'être coupé dans ton processus de création à la fin du week-end. Le must serait de pouvoir bosser à mi-temps mais je sais que je suis pas prête à pouvoir vivre de ma musique. La musique mine de rien, ça demande des moyens, je ne pourrai plus faire les choses comme je le veux. C'est un cercle vicieux. Un équilibre très dur à trouver.
Karine : En même temps, je pense que c'est une certaine force et une certaine liberté de ne pas vivre de son art, c'est important, ça nous donne une liberté qu'on aurait pas autrement. Avoir un autre job à côté, c'est pour moi plus un avantage si on veut faire quelque chose d'honnête.
Flora : ce qui manque à Crimson Muddle, c'est un mécène.

Merci beaucoup à vous trois. Je rappelle que vous venez de sortir un EP et qu'il y a un deuxième album dans les starting-blocks. Une date de sortie prévue ?
Karine : À l'automne, idéalement, selon nos quatre agendas.
Flora : Y'a aussi l'ingé son, qui a été très important pour le premier album et nos démos, Louis Arlette (Air), c'est un pilier pour le son de Crimson. On veut essayer un peu autre chose au niveau de l'enregistrement, mais on l'aura encore sur le deuxième album, donc à caler aussi dans l'agenda. Et si ça prend un ou deux mois de plus, ça prendra un ou deux mois de plus. Il faut que ça sonne comme on veut que ça sonne.

On vient de vous voir au Tapette Fest à Campénéac. Des concerts prochainement ?
Flora : Comme on veut enregistrer en juillet, cet été, pas de concert. A partir de septembre, sûrement, à Lille, à Bruxelles, à Marseille, ça pourrait se faire à Londres aussi.
 
 
Retrouvez Crimson Muddle sur Internet : Facebook, MySpace, Bandcamp

 
 




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Commentaires
De : Fanfan

Une manière comme une autre de se distinguer !... bravo et longue vie à Muddle Cela me renvoie à des souvenirs de jeunesse lorsque je participais à la fête de la bière en Allemagne et oui le temps passe et court et je m'aperçois que c'est une roue qui ne cesse de tourner, la vie est ainsi.
bye bye la relève est bien assurée. Ouah....

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