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Eagle*Seagull - The year of how-to-book

Les sorties
Posté par Bruno Piszorowicz le 2010-05-19



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Voici le second album du collectif américain Eagle*Seagull, auteur l'an passé d'un remarquable premier album, gavé de pépites pop. On retrouve sur ce disque le même univers que sur le premier album du groupe, cette pop enjouée et chiadée, ces morceaux qui cherchent le définitif au moindre changement de tempo, le tout avec une voix qui évite toute dérive pontifiante par une décontraction et une espièglerie (il faut le dire) qui font plaisir à entendre. Quand on se retournera sur la carrière du groupe d'ici quelques années, The year of the how-to-book restera peut-être comme leur disque le plus ambitieux ou du moins le plus déluré, tirant au maximum le fil de l'emphase de leur belle et opulente pelote. Tout se passe en effet comme si le groupe avait lâché ce qu’il lui restait de bride pour s’autoriser tout et surtout pas n’importe quoi. Car si l’industrie du disque était le Titanic comme on le prétend régulièrement en ce moment, on peut alors dire que les Eagle*Seagull en seraient l’orchestre, jouant avec malice et sourire jusqu’au glouglou final.
 
Le premier morceau déboule en qualité de perfect pop song, rythmique sautillante en avant et refrain répété ad lib sur une mélodie qui entre dans la tête, les violonneries sont là pour rappeler les velléités du groupe du côté des arrangements et des enjolivures. Le second morceau, titre à rallonge lui-aussi (I’m sorry but I’m beginning to hate your face) creuse ce même sillon d’une pop enjouée à la Scouting for girls (en moins hooligan tout de même), saisissante croisée des chemins en fait entre une ambiance presque dionysiaque (et tant pis si la sensualité ici s’accompagne de gaucherie et de maladresse) et un soin tout particulier porté à la musicalité des mélodies, une sorte de sophistication débraillée, Eagle*Seagull ayant comme chanteur/leader le genre de mec à chanter pieds nus sur un canapé Chesterfield pour résumer.
 
Un leitmotiv que vous avez pu déjà voir à l’énoncé des deux premiers titres, ceux de noms à tiroirs donnés à l’ensemble des chansons (exception fait de l’ultime titre sobrement baptisé « Thanks to all »). Une sorte de gimmick inutile mais tout de même plaisant, surtout quand ces titres s’appellent « I don’t believe in war but I do believe in uniforms » ou encore « I don’t know id this is ignorance or transcendence ».
 
Pour ceux qui connaissent déjà le premier disque du groupe disons qu’ils seront là en terrain connu, avec un accent plus soutenu toutefois donné au rythme et au dynamisme d’ensemble, un peu comme si le groupe avait appuyé plus franchement sur la pédale d’effets cette fois, fermement décidés à proposer au public une pop larger than life. Pour ceux qui ignorent tout de ce groupe américain disons qu’ils évoluent dans des ambiances qui rappelleront au gré des titres les moments les plus atmosphériques d’Arcade Fire (la ballade lyrique cité plus haut et évoquant l’ignorance et la transcendance) ou encore la fièvre rythmique de The Rapture (Twenty thousand light years, manifeste pour l’hédonisme et la danse en lieu et place d’une conscience sociale, du moins sur les planches des salles de concert).

La majorité des titres se fond cependant dans un même univers, un slogan répété plus que de raison sur une ossature plus ou moins nerveuse, des violons et des saillies de guitare venant embellir le propos lorsque la voix se tait. Il y a aussi quelques ballades emphasées (comme la chanson sur la guerre et les uniformes déjà citées), une pop à haute teneur musicale, un des disques marquants de cette année rien de moins.

 




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