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Daniel Darc - La taille de mon âme
Hors actu
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Faîtes la sonner sur les Hauteurs
La nouvelle galette de Daniel Darc flotte au dessus de nous comme les voeux de bonne année, un peu en retard il est vrai. Bigot? Dévot? Darc nous surprend de plus belle, dans la foulée de son précédent album Amours Suprêmes, mais en mieux. But somebody's got to do it..., comme dit cette phrase incongrue gravée sur le dernier disque: La Taille de mon Âme. Agenouillé dos à la nef d'une église, on croirait être à la messe dite en verlant... Un coude sur la valise, le cuir à même la peau, les chaises à son côté sont vides, comme pour mieux ressentir la latence du parfum d'encens.
Le contenant une fois décrit, reste à voir ce que Darc nous administre comme contenu. La première chanson, Ira, commence avec un son de piano électrique hyper chaud, plaçant tout de suite l'auditeur dans une ambiance intimiste, tandis que Darc décortique le mot "ira", à sa façon, toujours poétique, mais révélant la fragilité de l'ex-Taxi Girl. Le second morceau, C'est moi le printemps, berce tout de suite, et est marqué par la simplicité de l'auteur. Même si l'écoute durable lasse un peu, son côté enfantin continue de séduire. La Taille de mon Âme, le titre éponyme, révèle les points forts du chanteur, en même temps que ses points faibles, qui au final, ne servent à rien... A moins que ce soit pour son amour (é)-perdu toujours vivace dans le petit Paris... Avec C'était mieux avant, on se retrouve en pleines sixties, avec un refrain percutant accompagné de marxophone et d'un tambourin... La classe! Les couplets offrent à Darc la possibilité de se remémorer ses souvenirs avec la méthode désordonnée et déstructurée qui lui est propre, et de décrire son côté mastodonte "pousse mégot".
Ana doit être un hymne. Ce cinquième titre reste en effet instructif sur les manières d'engager une conversation à sa fiancée : Ana!, Ana?, Ana. On ne sait pas. Ce qui s'est passé entre temps. Si elle est là ou non, et peu importe, il la reverra. Apres une petite interlude au violoncelle de Jean-François Assy, Darc nous propose sa première pépite: My baby left me. L'harmonica est lancinant, le riff impartial: "ce qui existait existe toujours", malgré tout. Et c'est vrai. Nous sommes fixés!
Seul sous la lune est une chanson qui resterait anecdotique, sans la forte ressemblance vocale entre Darc et Gainsbourg, rongée par les excès. Vers l'Infini est une chanson un peu vaseuse sur les traces de ses anciens amis, disparus ou partis... Variation 2 passée, on trouve une seconde pépite: Quelqu'un qui n'a pas besoin de moi. Aux faux airs du House of the Rising Sun des Animals en introduction, les rimes passent alors comme des fusées, et Darc cherche une personne inconnue, mais peut-être ment-il un peu. Cette chanson est empreinte de références à la Haine de Mathieu Kassovitz ainsi qu'aux tourments stoniens de l'époque Paint it Black: 10ème étage, jusqu'ici tout va bien, 9ème étage, jusqu'ici tout va bien, 8ème, 7ème, 1er étage, jusqu'ici tout va bien... Jusqu'à ce qu'il trouve porte close. Et Darc le crad se retrouve seul sous la pluie à la recherche de son cuir!
Les filles aiment les tatouages est d'une désinvolture totale, avec pour seul instrument un Ukulélé. Après la troisième variation, on trouve Les Voeux de Bonne Année. Une gentille chanson sur les ravages du temps et des drogues, qui se finit par la Variation 4, florilège de cloches et de bigoterie à l'extrême, sortis du tiroir de grand-maman semble-t-il, mais toujours drôle... Enfin, la dernière chanson, Sois sanctifié, part sur une belle mélodie au piano, tandis que les textes révèlent un Darc confesseur, moins volontairement confus que les morceaux précédents, mais plaisant à l'écoute: "Sois sanctifié, toi, qui t'es tout permis."
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