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Musique

Concert de Muse / Stade de France 11 et 12 juin 2010

Dossiers/hommages
Posté par Grégoire Babiaud le 2010-06-15



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Deux dates complètes pour le trio de jeunes anglais. Deux dates, parmi une tournée mondiale affichant complet ou presque dans le monde entier. Suite au concert étincelant de Bercy en novembre dernier, on attend beaucoup de cette tournée des stades. Sur leur précédente tournée mondiale avec « Black Holes and Revelations » au Parc des Princes, le challenge avait déjà été relevé avec brio.
 
            Première impression au Stade de France : la surface est immense et l'installation scénique semble être un peu juste. La scène, sorte de vaisseau spatial, occupe tout un fond du stade avec deux écrans géants intégrés sur les côtés. Aucun écran relais, ni dans la fosse, ni sur les côtés. Selon le placement on a souvent droit à des poteaux avec baffles masquant les écrans, un peu dommage alors qu'au Parc des Princes, le dispositif était tout à fait adéquat.
 
            11 juin

            The Editors ouvrent juste avant Muse. Le stade peine à se remplir. Une voix sombre à souhait mêlée à une rythmique très efficace à la Joy Division, une belle prestation qui a pourtant du mal à réchauffer l'atmosphère et un public qui a l'air trop sage.
 
            21H20, une trentaine de militants munis de drapeaux apparaissent au milieu d'une brume un peu irréelle. Le groupe arrive un peu de manière chaotique sur scène et le show commence avec un « Uprising » lancé comme une locomotive. Enfin la fosse et le stade commencent à se réveiller alors que la nuit n’est pas encore tombée, les effets lumineux perdant donc un peu d’éclats, petits désagréments techniques à ajuster. A suivre « Supermassive black holes », « New born », « MK Ultra », que des gros tubes alternant entre le nouvel album et les anciens. Pourtant, l’ambiance n’est pas encore tout à fait au rendez-vous. On a l’impression que le public a du mal à se mettre dedans, tout autant que le groupe lui-même qui fait de courtes pauses entre chaque tube. On est loin de l’effervescence du dernier Bercy pendant lequel et le groupe et le public partageaient une symbiose totale. Sur « MK Ultra », demandé par le public dans les setlists de concerts, on commence quand même à décoller, oublier la distance avec le groupe et le son un peu trop criard et on se dit que le show commence vraiment avec la nuit qui s’installe et qui révèle des combinaisons de jeux de couleurs entre les écrans et la structure de la scène qui s’éclaire de l’intérieur des plus intéressants, beaux et réalistes.
 
            Pourtant on retombe un peu avec « Neutron Star Collision » et « Guiding light ». Le premier est le nouveau single composé pour la bande originale de Twilight 3, condensé de lyrisme épique trop lourd. La réaction du public est immédiate et une grande partie du stade se ré assoit ainsi que sur « Guiding light ».
 

 
            Interlude et « Hystéria », il fait nuit noire et Muse revient à ses meilleurs prestations. Le bon vieux tube de l’album Absolution est toujours aussi efficace et rien qu’à l’introduction, tout le stade se trouve embarqué dans la folle expérience Muse. Entre rock, pop, métal, et riffs de guitare parfaits et ravageurs, tout le monde se surprend à battre du pied pour ceux qui restent assis et à hurler et sauter pour la fosse ainsi la grande majorité des gradins. Le raz de marée commence enfin et cela se sent même dans le groupe qui commence à parler avec la foule. Avec « I belong to you », le stade commence à chanter à la place du leader qui se met au piano pour nous livrer du Chopin revisité à la sauce rock et nous faire rentrer dans une douce folie. Le nouveau tube « Undisclosed desires » finit de conquérir le reste des fans plus habitués à de l’electro rock.
 
            La suite parle d’elle-même rien qu’avec l’énoncé des titres : « Resistance », « Starlight », « Time is running out », « Unnatural selection ». Que du rock de scène façon Muse, c'est-à-dire avec des intros et conclusions très recherchées, faisant la place belle aux guitares très métal, lourdes, batteries lancées à toute allure, chant limpide et très épique, laissant le public chauffé à blanc et en sueur.
 
            Après le déchainement, un peu d’émotions et de mystique avec « Unintended » et « Exogenesis, part I ». Sur l’un, grosse surprise de cette tournée des stades, Matthew Bellamy ne chante même plus, prés de 80000 personnes chantant d’une seule voix à sa place, de quoi donner de beaux frissons. Sur la première partie de la symphonie Exogenesis, l’irréel s’invite au stade, une soucoupe volante survole la fosse avec un acrobate à sa base et l’intensité sonore et harmonique arrive malgré, une saturation des sons, à imposer à la foule un silence surnaturel qui pousse au respect et à l’admiration. Un beau lyrisme symphonique dans un stade, il faut le faire et Muse respecte le challenge avec brio encore une fois avec de très beaux effets visuels entre fumées, projections lumineuses et effets vidéo recherchés. On aurait aimé enchainer avec les deux autres parties d’Exogenesis mais la foule se fait surprendre par un Stockholm Syndrome ravageur.
   
        
          Second rappel et trois derniers titres enchainés avec une force inouïe : « Plug in Baby », « Take a bow », « Knights of Cydonia ». Des incontournables et plus grands succès de Muse dont on ne se lasse jamais. Le premier laisse tout le stade sur les genoux dans un déchainement de batteries, de guitares et de refrains repris à l’unisson par tout le stade. Le second avec ses marches harmoniques inébranlables rajoute encore de l’intensité alors que l’on croyait le groupe à son maximum. Mais c’est avec mélancolie mêlée à un peu de tristesse que l’on entend l’harmonica annonçant Knights of Cydonia, signature de fin de show pour Muse sur cette tournée. Le public s’en donne d’autant plus à cœur joie dans les refrains mais c’est déjà fini, 2h15 de grand show de très haute volée même si le début manquait un peu d’énergie et de passion de la part du public et du groupe.
 
            Une soirée avec un peu de regrets donc : un public difficile et une setlist ne favorisant pas un vrai show complètement explosif, effet pourtant recherché par Muse dans un stade. Mais le groupe parvient toujours à embarquer au bout d’un moment, secret de leur réussite mondiale actuelle.
 
12 juin
            Pourquoi revenir à un second concert de Muse ? Muse peut-il se surpasser d’une soirée à une autre ? Déjà, le public sur cette soirée, (la première vendue en l’espace de quelques minutes) est complètement différent. Toujours les mêmes tranches d’âge mais cette fois de vrais fans beaucoup plus détendus et moins fermés, on n’est plus dans le cercle de ceux qui ont entendu parler de Muse et qui viennent en curieux, à priori pas forcément persuadés par les prestations du groupe. Comment  voir cela ? Le stade est déjà pratiquement comble pendant la prestation de Kasabian très vive et entrainante.
 
            L’entrée en scène est mieux réglée que la veille, les militants restent plus longtemps sur scène, les réglages fumées et lumières sont mieux coordonnés du coup lorsque le groupe commence « Uprising », cette impression un peu chaotique de la veille disparait et ce soir, le leader commence à dialoguer avec le public dès le début du concert. Grosse différence avec la veille aussi, le public démarre au quart de tour et du coup, on voit que le groupe lui-même prend plus plaisir que la veille. Le show commence donc dès le début et tout le stade est en effervescence alors que le soleil n’est pas encore complètement couché. Suivent en trombe « Supermassive black holes », « New born » pour une bonne mise en bouche qui marche parfaitement, la mécanique est bien rôdée et on sent qu’ils sont ce soir dans leur plus grande forme. Peut-être que l’effet découverte du stade de France s’est dissipé depuis la veille. Le résultat ne se fait pas attendre, tout le monde en redemande entre deux ovations. Plusieurs tifos se retournent même dans la foule au nom du groupe dans une bonne ambiance de stade à la fin de « Uprising ».
 

 
            Changement de setlist : « MK Ultra » et « Neutron Star Collision » laissent place au plus grand bonheur du public (surtout pour le single de Twilight) à « Map of Problematique » et surtout « Butterflies and Hurricanes ». Forcément, à l’inverse de la veille, l’ambiance ne retombe pas du tout mais au contraire on approche l’hystérie générale vu que tout est parfait pour l’instant, que ce soit au niveau de l’interprétation ou à propos de la mise en scène. Pas une fausse note dans le chant ni contre temps rythmique malgré des parties on ne peut plus difficiles à la batterie, à la guitare ou au piano, ils maîtrisent entièrement le sujet. La distance ne pose même plus problème, au bout de la première demi-heure, tout le monde est conquis.
 
            Petite pause sentimentale avec “Guiding light” et on reprend de plus belle avec « Hysteria », « United states of Eurasia », « I belong to you ». Tous les refrains sont repris à tue-tête en solo par la foule qui s’époumone littéralement. Cela va encore croissant sur « Feeling good », titre fétiche des fans dont le lyrisme harmonique un peu pompeux se prête totalement aux stades en fait. On est prêt de la setlist idéale sur cette tournée. Et la foule jubile littéralement enchainant ovations sur ovations entre chaque titre. On est à la moitié du show à peu prés et l’expérience est déjà totalement différente de celle de la veille, beaucoup plus d’enthousiasme sur cette soirée, de puissance et d’énergie pure et on sent véritablement qu’ils essaient de donner leur meilleur.
 
           

Sur la deuxième partie, on reste sur la même setlist de la veille : « Undisclosed desires », « Resistance », « Starlight », « Unnatural selection ». Même après un premier concert, on ne s’en lasse toujours pas, tout s’enchaine mieux que la veille, tout est plus fluide même si la voix du chanteur montre quelques faiblesses de temps en temps mais au bout du compte on n’y prête pas trop attention, le but dans un stade n’étant pas forcément l’intimité. Et les refrains résonnent en boucle dans la tête qui vibre comme le corps entier dans une belle transe. Il n’y a rien à faire, leurs mélodies, leurs épopées lyriques accompagnées de basses profondes et effrénées créent un imaginaire parallèle, certainement pas comme du Wagner ou comme les romantiques allemands du 18e-19e siècles mais on y approche dans la démesure harmonique et orchestrale avec « Exogenesis, Part I » qui laisse toujours un froid dans le dos.
 
            La fin est aussi identique dans les titres : « Take a bow », « Plug in baby », « Knights of Cydonia ». Elle clôture un show puissant et un peu irréel mais sans comparaison aucune avec celui de la veille.Et on a hâte de les revoir, de partager une nouvelle expérience musicale avec eux.
           
              Pourquoi une telle renommée en ce moment donc ? Certes il y a Virgin comme label derrière mais depuis peu seulement. Tout simplement peut-être parce qu’ils proposent une expérience plus qu’un concert en lui-même au vu de leur mise en scène toujours recherchée et un peu hors-norme (54 camions de décors), ainsi qu’une musique très mélodique qui se vit, qui n’est pas qu’une succession de rythmes, de solos de guitares ou piano mais aussi une mélodie toujours en évolution, habile passerelle entre le monde classique et le monde rock. Et ils semblent heureux de partager cette musique devant le plus de monde possible. On pourrait critiquer cela comme étant trop pompeux, copiant des styles très différents, trop différents, certains donnaient même pas un an de survie au groupe au début.  Mais finalement le résultat est probant, qui de cette génération peut se targuer de remplir des stades entiers dans le monde entier en des temps records ?
 


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Muse - The Resistance
Muse, Bercy le 17 novembre 2009


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Commentaires
De : Lucie

Chouette(s) compt-rendu(s)s qui me rappelle les excellents souvenirs des concerts de Muse que j'ai pu faire au temps jadis, d'où se dégageait une énergie incroyable, une symbiose parfaite de la musique jouée, des images projetées et des atmosphères créés notamment grâce au public. Tu me fais (presque) regretter de ne pas y être allée au moins un des deux soirs !

De : Grégoire

Et bien, tu aurais dû y aller, plein de places en vente devant le stade

De : Tildou

C'est exactement ce que j'ai ressenti lors de ces deux concerts. J'ai effectivement déploré le manque d'écrans géants, largement compensé par la prestation du groupe.
C'est quand le prochain?


De : Carole

Merci pour ce résumé qui reflète bien "l'évènement" ou l'avènement de Muse (au choix!). Je ne regrette pas d'être aller le 12/06 plutôt que le 11, sachant qu'à la base c'était la seule date prévue par le groupe au stade de France, le 11 étant rajouter par la suite. Après le Parc des Princes le 23 juin 2007, quoi de mieux que le stade de France! Le plus dur après un tel concert, c'est le sevrage et l'attente du prochain album et de la prochaine tournée (Snif!) On va devoir encore se ruer comme des sauvages sur les sites de vente de billets pour avoir nos sésames.

P.S.: je confirme que l'ambiance était survoltée le 12. La red glitter de Mattew n'a pas survécu à cette seconde soirée. Tout un stade qui chante du Muse pendant 2h ça vous file la chair de poule!

De : groovyman

Bonjour,

j'etais au concert le 11 et 12 juin et juste avant que muse monte sur scene il y a avait des musiques pour faire patienter le publique ,j'aimerais connaitre le titre d'une de ces chansons qui est typé un peu electro.

Merci et dsl pour cette description approximative

De : Brett

Bonjour,
je suis allé de même le 12 juin. J'ai franchement adoré, j'aimerais encore aujourd'hui y être.

Je cherche aussi le nom des groupes en pré-concert.
Merci si quelqu'un me renseigner.

De : Carole

Brett, en guest star au concert du 12 juin, il y avait dans l'ordre: le groupe Devotchka, puis White Lies, et enfin Kasabian. tu peux les retrouver sur leur My space.

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