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Cloud Cult - Light Chasers

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Posté par Bruno Piszorowicz le 2010-09-01



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Une impatience mêlée d’inquiétude se faisaient sentir à la réception (postale, pas demain la veille qu’on trouvera leurs disques ailleurs que sur le net malheureusement) du dernier album en date de Cloud Cult. Impatience de par le choc et l’émotion suscitée par mille écoutes de leur dernier album en date Feel Good Ghosts mais aussi inquiétude tant il est vrai que les disques antérieurs, s’ils n’étaient certes pas dépourvus de qualité, n’atteignaient que du bout des oreilles le rivage paradisiaque du dernier effort en date.
 
Light Chasers et sa pochette céleste en main donc, 16 titres (dont 4 interludes) pour 56 minutes d’un concept album dont on ignore à peu près tout si ce n’est qu’il évoque la vie d’un homme (de l’humanité ?) des premiers instants de la conception jusqu’à l’après-mort à travers la métaphore d’un voyage interstellaire (enfin c’est ce qu’on a compris, qu’importe après tout), un thème (l’espace et son immensité) cher au groupe (à Craig Minowa son leader/mentor avant tout) déjà responsable d’albums nommé They live on the Sun et Aurora Borealis (non je ne parle pas de Advice From The Happy Hippopotamus). Concept-album oblige les 16 titres ne font plus qu’un, sans aucune pause et à l’aide de transitions instrumentales plus ou moins longues (quelques mesures voire les fameux interludes), voici donc le voyage qui commence.
 
Les premiers instants sont majestueux, on se rapprocherait de The Shining, le titre inaugural du premier Badly Drawn boy avant qu’une rythmique synthétique s’intègre (une habitude chez Cloud Cult que de ne laisser respirer la mélodie qu’un court instant avant de la noyer à nouveau (souvent avec inspiration et justesse) dans un maelstrom musical, on avait déjà oublié). Un premier titre superbe où la voix de Craig Minowa s’aiguise encore un peu plus (une note de plus dans les aigus), la guitare elle a pris un peu de gras (une constante sur ce disque, il va falloir s’y faire, ca pétarade souvent dru du moins au début, on y reviendra).
 
Today we give ourselves to the fire, le second titre (et quel titre) oscille entre le chant choral enragé du refrain et la légèreté techno hallucinante des couplets (à moins que cela ne soit l’inverse ?), le tout avec un pont lancinant tous violons dehors et le tout surtout en 3 minutes chrono. Le KO d'entrée et toujours cette habitude de la césure musicale, césure que l’on retrouve sur You’ll be bright qui suit (en mode là-aussi de pétarade céleste), un procédé potentiellement dangereux s’il n’y avait d’une part un immense talent et d’autre part quelques trouées apaisées au sein de cet ensemble.
 
Une pause se fait en effet nécessaire tant le disque semble filer lui aussi à la vitesse de la lumière, You were born déboule alors et déverse quelques notes éparses de guitare acoustique et de piano entremêlées à la voix de Craig Minowa comme une guirlande de noël viendrait illuminer son pied de micro, c’est bouleversant d’épure et de beauté (une constante chez Cloud Cult, de la pop zigzag où la moindre ligne droite bouleverse).
 

 

L’album prend ensuite son rythme de croisière avec le presque pépère Exploding people et sa solide rythmique (on tape volontiers du pied, du moins autant que les breaks le permettent). On sait que le groupe gagnerait peut-être à linéariser sa musique (ce qu’il arrivait à faire plus ou moins sur Feel good Ghosts, leur chef d’œuvre comme par hasard, le disque majeur de la décennie passée du coup), on sait aussi que le groupe ne suivra sans doute pas avec pérennité, cet album en est la confirmation, le chemin vers la simplification (en même temps pour ce que ça a réussi aux Fiery Furnaces !). So be It.
 
Les quelques secondes de répit de l’interlude qui suit sont mises à mal par Room full of people in your Head et cette litanie "I’m sorry, I’m sorry, I’m sorry" coincé entre couplet et refrain, enclume (en fonte) et marteau (en coton). Cloud Cult c’est plus que jamais de la pop tarabiscotée, idéale pour ceux qui pensent que le premier groupe qui fait taper du pied plus de 16 mesures est un groupe de vendus.
 
Déjà entendu sur l’Ep. du même nom sorti il y a quelques mois, celui avec une délicieuse cover de Mr Tambourine Man en mode sacrilège (parce que si c’était déjà une hérésie de brancher une guitare pour la jouer imaginer un peu le trauma si on y ajoute deux guirlandes, un néon violet et un nez de clown), Running with the wolves est ce qui se rapprocherait le plus d’un titre diffusable du côté de RTL2 (hahahahaha) ou Virgin Radio (hihihihihihi) voire Ouï FM (huhuhuhuhuhu), vous savez le fameux « dans un monde parfait ».
 
Responsible est une ballade avec piano chaussé de violon, une musique belle à pierre fendre, une chanson qui écarte les fesses des statues, superbe de délicatesse et de musicalité. The guessing Game convoque curieusement des arpèges de violon (ceux entendus sur le Girl/Boy Song d’Aphex Twin tiens), une voix malaxée d’effets, un piano velléitaire, 2 petites minutes de bonheur là encore. Forces of the unseen passe sans guère de heurts ni d’émoi, on remarque toutefois que piano et cordes ont pris peu à peu le pas sur le fiel guitaristique du début (une manière d’illustrer le tumulte incandescent de la conception et des remous de la naissance avant la volupté post-natale sans doute, You were born marquant la réussite du processus, comme un alunissage au cœur de la mer (mère ?) de la tranquillité).
 
Blessings ne fait que 4 minutes mais en parait 8 avec ses deux parties, la seconde sonnant comme une lourde comptine source de plaisir comme d’angoisse puisque guitare et violon entrainent la mélodie dans un final grandiloquent. On continue sur le mode apaisé avec la clairière accueillante de Dawn, le dernier titre, There’s so much energy in us vise le crescendo final et le feu d’artifice mais sans pour autant que l’artificier ne perde le contrôle, une jolie conclusion, le repos enfin, pour une fin de disque en apesanteur (on a un peu compris le truc là, ca pulse au début, ca se trémousse au milieu et ca s’assagit sur la fin avant de renaître sous une autre forme, tout ça).
 
 
Pour ceux (mais combien sommes nous ?) qui connaissent et apprécient ce groupe il y a là matière à grand contentement, voilà sans doute le meilleur album du groupe derrière évidemment Feel Good Ghosts). Les aficionados (mais combien sommes-nous à la fin ?) de cet Everest musical ont en effet acté avant même d’écouter ce dernier album qu’il était de toute façon impossible de faire aussi bien voire mieux (ou alors on parlait des Beatles et pas de Cloud Cult) et que ce Light Chasers est un très bon disque, émouvant par moment, toujours inspiré et créatif, et c’est déjà très bien.
 
Pour ceux qui auraient la curiosité de découvrir ce groupe (mais combien seront-ils ?) voilà une pièce imposante et copieuse (56 minutes plus que bien remplies), une pièce qui ne s’apprivoise pas dés la première écoute même si telle ou telle chanson (You were born, Today, You’ll be Bright, Running with the wolves, Blessings) accroche plutôt bien l’oreille.
 
Light Chasers confirme tout le bien que l’on peut penser/dire/ éructer/tonner/écrire de Cloud Cult, l’un des groupes les plus excitants du moment, l’un des plus attachant aussi.
 
Le disque sera sans doute disponible rapidement sur Amazon & co mais c'est préférable de passer par le site du groupe lui-même, très réactif et puis le disque n'est vraiment pas cher. A noter que c'est le choix du groupe lui-même (pas mal d'offres de labels pourtant) de rester 100% indépendant, responsable de tout ce qui concerne Cloud Cult, de la réalisation d'albums à leur commercialisation.

 


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Cloud Cult "Feel good ghosts"


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Commentaires
De : Elysia

Le titre en écoute est classe!

De : May your bornu stays strong

C'est un titre qui résume assez ce que le groupe peut proposer d'ailleurs tant dans la douceur que dans l'éruption sonore, toujours maitrisée et jamais gratuite ni dévastatrice

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