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Claire Diterzi - "Rosa la Rouge"
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Après son "Tableau de Chasse" très apprécié, Claire Diterzi revient cet année avec un nouvel album et par bonheur, celui-là non plus on ne pourra pas l'écouter dans tous les dîners. Toujours sur sa lancée mi-intello mi-narquoise, le projet "Rosa la Rouge" s'est construit autour de la figure révolutionnaire de Rosa Luxemburg, fondatrice du mouvement spartakiste (l'ancêtre du Parti communiste allemand) qui mourut assassinée en 1919. D'abord mise en scène par Martial Di Fonzo Bo et présentée à la Ferme du Buisson puis au Théâtre du Rond-Point, l'idée a été développée pour le disque, qui trace sa route parallèlement au spectacle dont il n'est pas seulement la bande-son.
Armée d'une kalash-guitare ou d'une douce cithare, Claire Diterzi brosse un portrait de femme qui dépasse le cadre de l'hommage militant pour revêtir les contrastes d'un engagement plus contemporain. L'ombre de Rosa se mélange ici à l'impertinence de Claire pour planter la voix d'une femme qui n'a pas peur de l'ouvrir, quel que soit le propos : "ce que j'ai sur le cœur, je l'ai sur les lèvres, ne t'en déplaise", chante-t-elle en brouillant les pistes du premier et du second degré, comme à son habitude. Souvent drôle, parfois malicieuse et tendre, toujours piquante et libérée, la plume de Claire Diterzi n'est jamais facile ni gratuite, soigneusement incrustée à un univers musical aussi fantaisiste que maîtrisé. Pour "Rosa la Rouge", Claire Diterzi opère un naturel retour aux ambiances sonores épurées, comme les grincements de "L'Eglise" ou les cliquetis de "Cellule 45", tout en approfondissant son art du tube ludique avec énergie et conviction. "Je Touche la Masse", pour commencer, rassemble un peu d'archives allemandes, du bon groove Rn'B revisité et des paroles qui font mouche : "je suis la reine du pétrole", "je suis people et j'ai le monde à mes pieds", "c'est moi la star et je touche la masse". Plus technoïde et davantage sur son profil de femme engagée, "Rosa la Rouge" respire la même vigueur d'auto-dérision pertinente et poétique. Dans une veine plus sincère mais toujours politique, et ici anti-militariste, "L'Arme à Gauche" fait renaître la musicalité de ses précédentes chansons, cor et savantes tournures à l'appui : "remballez vos médailles, je ne veux pas qu'on m'empaille", "je dépose les larmes", "j'ai la guerre et l'amour propre", "t'as la guerre et les mains sales". Une pirouette nous amène jusqu'"Aux Marches du Palais", où l'a rejointe Lambert Wilson, pour une valse-satire de la famille parfaite, carte Ikea en main, réunion Tupperware au programme et cloisons bien perpendiculaires qui abritent le bonheur conjugal... Pour terminer sans les énumérer toutes, on citera néanmoins sa "Casta Diva" sifflée, dans une appropriation en pied-de-nez qui lui colle à la peau, ainsi qu'une version de "Dans la forêt lointaine", (rebaptisée "A Cor et à Cri") où l'on entend bien le coucou, mais aussi le corbeau. Une belle pièce nourrissante et revigorante, ce troisième album solo de Claire Diterzi qui déclare publiquement vouloir "secouer les gens et ne pas faire dans la dentelle". Objectif atteint pour qui sait apprécier les étoffes bariolées ! "Rosa la Rouge", m.e.s. Marcial Di Fonzo Bo à voir du 2 au 6 novembre au Théâtre Silvia Monfort Rosa La Rouge : les vidéos du spectacle envoyé par naivepromo. - Clip, interview et concert. Retrouvez d'autres articles sur Claire Diterzi : Claire Diterzi - "Tableau de Chasse"
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