Aujourd'hui : Bugge Wesseltoft - "Playing" 
Nouvel opus du maître norvégien du "jazz électro" (ou plutôt jazz utilisant des moyens électroniques),
Playing annonce par son simple titre la couleur : Bugge aime jouer! Et bien qu'il se passe ici de son groupe "New conception of Jazz" avec force soufflants, contrebasse, batterie, samples, ce
Playing se place dans la lignée de
Sharing,
Moving,
Filming, comme un retour en douceur vers le plaisir chaleureux du jeu depuis le contemplatif, superbe et grave
Im. Ce qu'il y a de fascinant avec Bugge, c'est sa manière d'être à la fois toujours très créatif, très spontané tout en conservant une identité musicale très forte. C'est sa manière d'agencer deux pièces comme les deux parties de
Talking to myself, épurées, s'étendant par volutes dans l'espace, entre des morceaux ludiques comme sa reprise de
Take5 ou le bluesy
Hands au groove très marqué. Dualité vapeur/funky qu'on retrouve tout au long de sa discographie. Bugge, c'est toujours une façon très nette de penser la musique plutôt en terme d'emplissage et d'interrogation constante du rythme. Occupation du temps, occupation de l'espace. On sent toujours ce pouls intérieur qui organise sa musique avant qu'elle s'exprime en composition et en formation. En l'occurrence, on sent que réellement Bugge aime le piano, il aime jouer seul, s'amuser avec les sons, les samples, l'électronique. Nonobstant un léger côté "perso" qui ne le place pas aux sommets soit de
Im soit de la New Conception of Jazz, cet album reste un pur ravissement, il conquit tout autant immédiatement qu'il révèle une véritable intelligence de la musique.