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Bill Callahan en concert au Café de la Danse, le 12 février 2010
Hors actu
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La formule guitare (+ chant) & batterie, on connaît. Jusqu’ici, ça donnait plutôt du rock plus ou moins mâtiné de blues (White Stripes ou les plus méconnus Giant Drag), ou du blues très rock (Black Keys). Lorsque c’est Bill Callahan qui nous surprend dans cette minimaliste formation, ça donne forcément autre chose… En le voyant l’autre soir investir la scène du Café de la Danse parisien accompagné de sa guitare et d’un seul batteur (Neal Morgan, qui avait précédemment furtivement ouvert la soirée, avant de laisser la place aux arabesques de la guitare de Sir Richard Bishop, venu défendre son récent The Freak of Araby), un léger doute a quand même largement traversé l’assistance. Comment diable allait-il s’y prendre pour restituer ainsi les subtilités et les beaux arrangements de cordes de son dernier Sometimes I Wish We Were an Eagle ou de ses albums précédents (en solo ou avec Smog) ? Une soirée un peu aride ne se profilait-elle pas à l’horizon ?... ![]() Crédits photo : Guillaume Sautereau
Le début du set pouvait effectivement un peu laisser regretter au moins l’absence d’un violoncelle, comme par exemple sur Rococo Zephyr. Et puis, et puis… La voix de Bill Callahan, évidemment, son chant assez inimitable, qui déforme souvent son visage en d’étranges grimaces, sa virtuosité discrète de guitariste (pas demain la veille que son répertoire aura les honneurs du jeu Guitar Hero, et pourtant, ça, ce serait du sport, dans son genre…), l’intensité qu’il parvient à mettre dans le moindre geste et l’accompagnement idéal de la batterie de Neal Morgan (mille fois plus convaincant qu’en solo, à vrai dire), tout ça a vite fini par transporter l’assistance dans son univers musical, que l’on a d’ailleurs toujours autant de mal à définir précisément. Il fait quel genre de musique, Bill Callahan ? Rock, folk, pop, blues ? Sans doute un peu de tout ça mais le fait de ne pas pouvoir être catalogué précisément ne l’en rend que plus précieux (et "inmarketable" aussi, mais ce genre de musique ne se prête évidemment pas aux panels de "cibles potentielles", et c’est bien mieux comme ça). D’aucuns pourront lui reprocher l’austérité de sa communication avec le public, ou ses sourires quasi inexistants. C’est juste qu’il n’en a pas besoin ; sa musique parle et charme pour lui. PS : Un mot de plus quand même sur l’accompagnement "percussif" de Neal Morgan. "Idéal" parce que combien de fois n’a-t-on pas rêvé (surtout sur scène, d’ailleurs) que les batteurs pop sachent la mettre un peu plus en sourdine et se mettre totalement et humblement au service des chansons qu’ils soutiennent ? C’est ce que sait parfaitement faire le batteur de Portland, ne jouant parfois que quelques notes, quelquefois à peine perceptibles, mais toujours celles qu’il faut, au moment où il le faut. Bravo l’artiste ! Retrouvez d'autres articles sur Bill Callahan : Bill Callahan – "Sometimes I Wish We Were an Eagle"
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