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Ben Folds - "Way to normal"
Les sorties
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![]() Ben c’est mon copain. Mon copain depuis bien longtemps maintenant. Vous pensez. A 1995 qu’il remonte son premier album. A l’époque c’était encore sous le nom du Ben Folds Five qu’il sévissait, l’idéal égalitaire du groupe vous savez, tous ensemble tous ensemble hey hey tous ensemble tous ensemble hey hey. Main dans le main sur le chemin de la gloire avec vexation du chanteur si sa chambre du Sofitel de la banlieue de Magdebourg était la seule des membres du groupe à avoir un mini-bar. Ce genre de trucs quoi. L’idéal dura l’espace de trois albums avant qu’il ne se décide enfin à voler de ses propres ailes, voler bien plus haut que ses petits camarades (écoutez pour vous en convaincre le disque solo du bassiste sorti nous le nom d’Hotel Lights) d’ailleurs et ne se produise enfin sous son seul nom, ajoutons sans surtout les oublier deux disques palpitants composés, joués et produits par notre ami Ben : Son projet expérimental « fear of pop » et surtout le disque de William Shatner « Has been », un pur chef d’œuvre. Ben Folds c’est mon copain oui et c’est surtout la classe. Un chanteur/pianiste hors pair doté d’un sens de l’humour féroce et d’une ironie vacharde oh combien délectable; rien que le refrain de son tube « Rockin’ the suburbs » hein ! "I’m rocking the suburbs Just like Michael Jackson did I’m rocking the suburbs Expect that he was talented I'm rocking the suburbs Just like Quiet Riot did I'm rocking the suburbs Except that they were talented I'm rocking the suburbs I take the cheques and face the facts, That some producer with computers fixes all my shitty tracks You'd better look out, because I'm gonna say fuck" Ben Folds c’est mon copain parce qu’il est sans égal quand il est question de faire hurler son piano ou au contraire de le faire pleurer au fil de l’inspiration et des albums, le tout sous une couche fine mais tenace d’ironie et une auto-dérision salutaire. Un auteur/compositeur doué, un grand chanteur, un petit comique aussi. N’en jetez plus ! 15 ans que c'est mon copain Ben. C’est long 15 ans n’est-ce pas ? Le poids sauteur des débuts s'est changé en jeune père de famille et, même si tout au long de ses disques une grande place fut faite aux moments d’introspections et de mélancolie, on en arrive à un « Songs for silverman » (dernier album en date du bonhomme avant ce "way to normal") à la pochette noire et blanche (une première chez lui, pas un hasard) et aux chansons en clair-obscur laissant à penser que môssieur Ben Folds a mûri et qu’il n’est plus question de mettre un coussin péteur sur le siège de piano ou de chanter la naïveté, l’arrogance aussi et le côté narquois propre aux jeunes gourgandins mais bien au contraire les joies de voir sa petite fille regarder un dessin animé le dimanche matin ou la tristesse de voir la vie qui avance de manière inéluctable et bien trop vite alalala alalala ça oui. Il était certes bon son dernier album, n’allez surtout pas croire, mais il opérait un virage dans la musique de Ben Folds en direction d’un pop « adulte » et savamment construite là où le côté un peu bohème chic prévalait jusque maintenant. Avec ce « Way to normal » nous sommes heureux d’entendre notre ami Ben revenir à un travail ludique, métissé dans les humeurs et par moment presque explosif. Enregistré en mode trio avec un batteur et un bassiste il a été produit par un certain Denis Herring (connu ( ?) pour son travail avec The Hives ou encore Elvis Costello). Il porte d’ailleurs très bien son titre cet album, "Way to normal",on revient là aux fondamentaux de la musique de Ben Folds à savoir des moments de pure pop énergique et euphorisante ici largement majoritaires (« Hiroshima » qui ouvre l’album et ses faux chœurs live, l’improbable « Dr Yang » sorti tout droit d’un film de Woody Allen, le typiquement Foldsien (jusque dans les paroles vachardes) « Bitch went nuts, « Errant dog » et son piano enragé ou encore le jouissif « Brainwascht » sans oublier « Effington » et sa batterie galopante) teintés de respirations profondes et poignantes (« Cologne » à la mélancolie rappelant le bouleversant « Brick » ou encore « Kylie (from Connecticut) » et ses arrangements somptueux de cordes, le morceau le plus ambitieux peut-être de toute sa carrière). En plus de ce dernier morceau, on trouve également sur cet album deux ou trois pistes plus atypiques, non pas de guitares dissonantes comme sur l’extraordinaire final du morceau « Rockin’ the suburbs » mais une belle mélodie comme celle de « The frownsong » qui se dodeline et se love autour du piano avec délice et surtout un duo épatant avec Regina Spektor («You don’t know me »). Certes l'an passé était sortie une brillante compilation d'inédits (reprises ou faces B) incluant des merveilles (le "In between days" des Cure par exemple) mais c'était là peut-être une manière de solder une époque révolue plutôt qu'un coup de volant salutaire pour reprendre son bon chemin (c'est à dire pour notre ami Ben quitter le bitume roulant pour ses à-côtés chaotiques mais finalement pas beaucoup plus inconfortables et surtout plus marrants). C'est un plaisir de voir combien ses à-côtés manquaient à notre copain Ben. L’apogée artistique de Ben Folds se trouvait sans doute entre l’album « Reinhold Messner » (le dernier sous le nom du trio) et « Rockin’ the suburbs » (le premier sous son seul nom), le point de jonction entre l’énergie et la spontanéité des débuts la maîtrise affinée de son art des années d'après. Avec cet album Ben Folds reprend goût à la pop alerte et dynamique et à l’inspiration souveraine qui gagne son match face à la réflexion et au « concept ». Jamais cynique ou calculateur dans son travail, il s’ouvre à nouveau une voie royale pour peu qu’il garde cet enthousiasme et cette si formidable inspiration. Notre ami Ben a grandi en fait devant nos yeux et nos oreilles. Des premiers albums lorgnant vers le spontané et l’énergie des jeunes années d’émancipation musicale ou autre (écoutez le majeur tendu qu’est « One angry old dwarf ») jusqu’aux joies et affres de la vie de couple, de la trentaine et de la paternité (écoutez le merveilleux "Still fightin’ it" par exemple). Il prouve ici que le ramollissement supposé en cas de paternité ou de « maturité » ne sont pas des malédictions inéluctables dans la carrière d’un artiste comme dans la vie d’un homme (d’une femme aussi évidemment bah oui). Merci à Ben Folds de remettre avec ce bijou d’album les vieux musiciens ronchons ou bien les papas musiciens lourdingues devant leur responsabilité et le poids de leurs fautes. Une petite parenthèse pour finir, il est fortement question que le prochain album de Ben Folds soit concocté à quatre mains avec le romancier anglais Nick Hornby (« Haute fidélité » et « Carton jaune » entre autre), l’un aux musiques et l’autre aux paroles. Un duo qui avait déjà été à l’œuvre sur le disque cité plus haut de William Shatner (« That’s me trying », pas la plus dégueux de l’album loin de là). Retrouvez d'autres articles sur Ben Folds : Ben Folds - Best Imitation of Myself: A Retrospective 1991-2011
Commentaires
De : mr_kenyatta On ne dira jamais assez à quel point la reprise du "Common people" de Pulp par le trio William "Kirk" Shatne / Ben Folds / Joe Jackson (oui, oui, le Yann Lachuer de la pop post-punk anglaise !) est un chef d'oeuvre absolu ! De : Songs for Silverbornu Evénement à venir avec le concert de Ben Folds ce lundi 24 novembre au Trabendo. A ne pas manquer !! Insérer un commentaire : |
