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Beach House – "Teen Dream"

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Posté par Matthieu Loire le 2010-02-21



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Déjà le troisième album pour Beach House, le duo de Baltimore, formé par Alex Scally et Victoria Legrand (la nièce de Michel Legrand). Le deuxième, Devotion, avait excité la blogosphère, là c’est par l’intermédiaire de Grizzly Bear et de Two Weeks, avec la participation de Victoria Legrand au chant, qu’on avait repris contact avec eux. Une attendre fébrile, le duo allait-il pouvoir reproduire la magie et la dévotion de son prédécesseur ?      
Tout d’abord cette mélodie, simple, mais imparable de Zebra, l’arrivée de ses cœurs effacés bientôt suivi de ce chant enflammé, passionné, androgyne, si unique, avec parfois ces montées dans les aigües en fin de phrase et cette façon de bien s’arrêter sur chaque mot. Nico où es-tu ? Il faut bien l’avouer, une grande partie de la magie et du mystère de Beach House sont contenus dans cette voix. Une fois qu’elle s’est agrippée dans les recoins de votre cerveau, elle ne vous quitte plus, accompagne vos jours et vos nuits. Tous vos fantasmes. 
Pour accompagner cette voix fantasque et ces mélodies mi-sucrées mi-salées, Chris Coady (Blonde Redhead, TV on the Radio). Ce dernier a eu la bonne idée de s’effacer derrière les chansons, d’y ajouter de subtils ornements qui manquaient à la maison auparavant mais surtout pas des meubles de nouveaux riches, une surabondance de décorations.       

Arrive Silver Soul avec son entrée très californienne, on se pince : Mazzy Star a sorti un nouvel album ? Pourtant, sur le refrain, Hope Sandoval n’aurait jamais chanté ainsi. Victoria amène la chanson en altitude, la double d’un cœur vaporeux. Deux chansons seulement et on est déjà ailleurs. Des frissons parcourent notre échine, des sons qui ont bercé notre enfance, les Cocteau Twins (impossible de ne pas penser à eux au début de Norway, on n’est pas surpris de voir le logo de Bella Union, le label de Simon Raymonde, ancien bassiste des Cocteau Twins, au dos de la pochette), le timbre de Nico, des amours plus récents, comme Broadcast. Tout se mélange. Un feu d’artifice tiré dans la brume.
Bien caché, sous un dehors un peu vaporeux, un sentiment d’urgence, une fêlure sous un air angélique qui ne quittera pas l’album.       
Plus loin on croisera les Beach Boys : les garçons ont-ils trouvé refuge dans cette maison ?

Beach House

Orgue et voix en avant, Lover of Mine, mélodie simplissime mais terriblement efficace, avec cette ritournelle à l’orgue. Au revoir Simone ?  Au revoir … Simone. MGMT sous léthargique.
Certaines chansons lorgnent vers la féérie pure, le refrain très "shoegaze" de 10 Mile Stereo est fantastique. Les Maps, avec le soupçon d’âme qui manque cruellement à leurs mélodies.
L’album se termine pas deux berceuses imparables, de toute beauté. Real Love d’abord. Il faut écouter cette voix alors écorchée : Tina Turner, où es-tu ? Tous les sentiments, toutes les nuances, l’intensité, la chaleur, la névrose, la mélancolie sont contenus dans ce timbre et cette mélodie au piano.
Je suis à genoux.           
Je me couche doucement, Take Care prend soi de moi. Allongé sur le dos, le regarde le ciel, je vois défiler les nuages, une brise s’engouffre dans mon cou.
Je n’ai pas froid, je pleure de joie, j’ai retrouvé mes rêves d’enfants.

www.beachhousebaltimore.com
www.myspace.com/beachhousemusic






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Commentaires
De : Arturo Belano aka Rémi

Belle chronique à laquelle j'adhère totalement. Le morceau Used To Be est également un moment de frissonnante et délicate émotion.

De : ludo

Au fil des écoutes se dévoile un album extraordinaire, en tout point fascinant, à commencer par la voix de Victoria.
Pas évident d'en causer sans employer d'adjectifs gros sabots disant combien c'est bon combien c'est beau.
D'où la réussite de cette chronique, impressionniste peut-être, où je te sens Mathieu comme submergé par cette musique et les émotions troubles et profondes qu'elle génère.
Teen Dream ou l'alchimie retrouvée ...

De : eyeless

Merci Ludo, ah oui submergé c'est le mot ...

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