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Badly Drawn Boy - Is there nothing we could do ?

Les sorties
Posté par Bruno Piszorowicz le 2010-02-09



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Retour en mode mineur pour Badly Drawn Boy avec cette musique composée pour un téléfilm intitulé « The fattest man in Britain ». Les aficionados du bonhomme (et ils sont nombreux, même s’ils ne seront jamais assez pour célébrer son talent autant qu’il le mériterait) se rappellent évidemment son score** réalisé pour l’adaptation du roman de Nick Hornby About a boy ; cette flamboyance, cette sorte de brouillon (si l’on peut appeler un aussi bel album un brouillon) pour Have you fed the fish, le deuxième album du bonnet de Manchester qui lui fît suite. Un retour en mode mineur disais-je non pas au regard de la qualité du propos mais simplement au regard des tonalités choisies et de la sobre mélancolie qui se dégage de l’ensemble. On est ici assez éloigné des ambiances grasseyantes développées sur cette partition pour se rapprocher bien plus, côté discographie, des ambiances claires-obscures de One plus One is One que du reste de la discographie.
 
Les amoureux de ses mélodies vont toutefois fondre à nouveau devant les cordes lointaines de Is there nothing we could do et leur mariage heureux avec une voix posée voire avachie (une trademark du bonhomme, une parmi d’autres). Ils apprécieront l’intégralité des petites vignettes posées ça et là sur le disque, 6 chansons sur 15 seulement dépassent les 3 minutes, le reste étant souvent d’ailleurs des digressions de ces musiques quand ce n’est pas une seconde version d’un même titre (un peu à la manière du mémorable travail de Tom Waits pour le film « Night on earth » de Jim Jarmusch. Les fans du bonhomme se délecteront aussi des chansons les plus consistantes, ce Welcome to your world construit autour d’un piano mélancolique et sa fanfare assoupie qui émerge du brouillard en fin de piste, le dépouillé Guitar Medley qui suit et sa petite guitare qui s’enroule autour d’une jolie mélodie vocale, la trompette pluvieuse de Just look at us now également, pas mal de choses au final.
 
 


 
Cet album est en fait une heureuse confirmation. Badly Drawn Boy n’a jamais sorti de mauvais albums, même pas un Ep dispensable, rien,  il n’a pas son pareil pour faire sonner avec à-propos la moindre petite trame mélodique, on peut parler de génie de la mise en valeur, quand ce n’est pas celui de l’inspiration; et oui il y a encore un classique ici avec ce Is there nothing we could do (le titre), il y a d'ailleurs toujours au moins UN classique sur ses disques, quand ce n’est pas une pleine poignée (son premier album). On peut évidemment préférer le Drawn Boy flamboyant (à la All possibilities, Disillusion, Born in UK, Welcome to the Overground) voire le Drawn Boy inoubliable et éternel (The shining, Silent sight, Magic in the air, Cause a rockslide, Stone to the water, Promises, j’en oublie), on écoute avec plaisir et apaisement ce disque en forme de transition éclairée, rendant plus que jamais fiévreuse l’attente d’un nouveau vrai album du monsieur, il serait temps d’ailleurs.
 
Un Damon Gough en mode Sadly Drawn Boy, toujours aussi émouvant, toujours aussi précieux.  
 
** Le terme Score évoque bien plus Lalo Schiffrin ou encore Bernard Hermann que Badly Drawn Boy voire Damien Saez je vous l’accorde, il n’empêche que le mot est joli. En plus Badly Drawn Boy c'est autre chose que Damien Saez quand même.
 
 
 
Version acoustique du titre éponyme, imaginez avec quelques cordes voluptueuses en arrière-plan...
 




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