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Astrid - "&"
Hors actu
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Chronique tardive, mais nécessaire, d’un album exceptionnel sorti de manière bien trop confidentielle à l’automne 2009. Séance de rattrapage sur Culturopoing. Pour imaginer la musique d’Astrid, il faudrait imaginer de la musique pop/folk jouée par des musiciens de formation classique. Ou mieux de la musique classique jouée par des musiciens de blues qui voudraient se débarrasser de règles trop écrites pour y plonger leur âme et leur cœur. Sans doute aussi pour rendre leur musique plus accessible et libre. Encore plus belle. Les musiciens d’Astrid ne sont pas tout seuls, ils arpentent des chemins où ils ont croisés les violons mélancoliques des Rachel’s ou les arpèges aériens et les hautbois des Clogs. Les derniers albums de Talk Talk ont débroussaillé certains de ces chemins. Comme eux, peu de mots (pas un seul chez Astrid), chaque note de piano chante une mélodie au creux de l’oreille. Comme eux, peu d’électricité, chaque note de guitare résonne lentement, douloureusement. Au loin. Tout près. Pour peu qu’on veuille bien s’y abandonner, la musique d’Astrid est bouleversante. Chaque chanson se met en place doucement et prend le temps de nous parler chaque seconde (aucune note superflue chez Astrid), nous emmène dans des territoires dont chaque élément est connu, ici des cordes de piano qui dansent au milieu de plaines sauvages, là une brume d’harmonium, un terreau de guitare dont chaque note est égrainée, un vent de violoncelle, une forêt bercée par des violons, quelques reliefs de percussions et des pluies de glockenspiel, mais forme un paysage rugueux, à priori austère, et pourtant d’une beauté sidérante. Cette musique essentielle ne conviendra pas aux auditeurs pressés et en mal de sensations, une écoute attentive et patiente est nécessaire pour en saisir tous les contours, toute l’architecture, toutes les nuances, toute l’intensité rentrée, toute la profondeur. Sur les quinze chansons que composent ce double album, la plupart tournent autour de huit-dix minutes avec une pointe à dix-sept minutes, le silence y joue une grande place, enveloppe, accompagne chaque son dans sa lente descente pour le déposer délicatement. Là, au creux de l’abandon, surgit la fulgurance de N ou de Sacré, la gorge se noue. On n'est là pour personne. Le double album d’Astrid gravite aux mêmes altitudes que les deux premiers disques de A Silver Mt. Zion (des chansons comme F ou Caminando en sont très proches), ces musiciens canadiens qui ont, à un moment donné, débranché leurs guitares pour monter leur musique vers des monts enneigés plutôt qu’en plein cœur de volcans et de zones telluriques. Les musiciens d’Astrid sont Français, ils vivent entre Nantes et Marseille, et à l’heure où on célèbre, probablement à juste titre, les symphonies de Benjamin Biolay et autres Arnaud Fleurent-Didier, il serait judicieux d’orienter ses oreilles vers ces musiciens qui ont décidé de chanter leur peine et leur joie avec pour seules larmes les cordes de leurs instruments, seuls battements de cœur les mouvements de leurs doigts. Les histoires qu’ils nous chuchotent sont les plus belles entendues ces derniers mois. Le label du groupe. MySpace d’Astrid. Astrid "F" live Instants Chavirés Montreuil, 03/05/09 paris envoyé par NoMoreReturn. - Regardez d'autres vidéos de musique.
Commentaires
De : elysia je ne connaissais pas ce groupe et j'adore tout bonnement !!! Insérer un commentaire : |
