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Arnaud Fleurent-Didier en concert au Méry (18/01/2010)
Hors actu
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Après l’éblouissement discographique, on attendait Arnaud Fleurent-Didier à l’épreuve de la scène avec une petite pointe d’appréhension. Même si la salle du Méry est à taille humaine (un ancien cinéma porno de la place Clichy ; voilà qui va plutôt bien à un auteur travaillé par la sexualité, c’est un euphémisme), c’était son premier concert depuis le passage en pleine lumière. Pas la petite loupiote tamisée (genre éloges dans Magic, les Inrocks ou… euh… Culturopoing ?), non, le bon gros spot de 500 watts : passage (remarqué) à Taratata et carrément pages dans Elle et Grazia ! Après tant d’années d’injuste anonymat (du disque dort au disque d’or ?), on vacillerait à moins… Et puis cette sophistication des arrangements convoquant les fantômes de Polnareff, Michel Legrand ou Georges Delerue (ils ne sont pas tous morts en dépit des apparences, oui, on sait), son statut d’homme-orchestre, tout ça pouvait laisser penser que l’on était moins en présence d’une bête de scène que d’un démiurge des studios d’enregistrement. Malgré de réelles scories, le concert inaugural du 18 janvier a levé beaucoup de doutes. Un batteur pas toujours bien en place (un break raté sur Reproductions, qu’AFD a rattrapé avec son humour distancié), une petite nervosité palpable au début du concert, une acoustique pas géniale (grincements franchement intempestifs du piano sur les morceaux plus intimistes… gênant), mais une présence assez magnétique, qui vaut autant pour l’artiste lui-même que pour ses renversantes accompagnatrices Milo McMullen et Dorothée de Koon, une spectaculaire polyvalence instrumentale (AFD compris, évidemment) et, surtout, une vraie relecture de la plupart des chansons, proposées ici dans des versions souvent très différentes des albums (enfin, plutôt de l’album, Portrait du jeune homme en artiste étant réduit à la portion congrue, dommage), sous haute tension pour certaines, révélant un tempérament plus rock que prévu. Si son répertoire prend donc une autre dimension sur scène (c’était donc possible, quel homme, quand même !), le paradoxe en est que la seule chanson qui ne gagne pas au live soit la déjà culte France Culture, peut-être placée trop tôt dans la set list. Ecouter ces chansons dans un autre environnement permet de creuser d’autres ramifications plus ou moins souterraines les reliant à d’autres "grands anciens". Ne sois pas trop exigeant, grande chanson dépressive où Michel Legrand mettrait en musique un autre Michel, Houellebecq, le poète de Rester vivant ou de La Poursuite du bonheur (deux titres qui ne vont pas trop mal à Fleurent-Didier, non ?). Portrait du jeune homme en artiste au piano solo évoque tellement Brel. Ou bien Je vais au cinéma et sa structure narrative qui nous fait hasarder l’hypothèse d’un possible écho avec Film, de Pierre Vassiliu. Hypothèse validée avec la surprise de la superbe reprise en rappel du troublant En vadrouille à Montpellier du rondouillard moustachu. Battisti, Vassiliu… rendre hommage à ces artistes scandaleusement oubliés (allez chercher des disques du second dans les bacs, tiens !), encore la marque d’une suprême élégance qui ne nous surprend plus mais continue à nous enchanter. = + ![]() PS1 : Italie, toujours. Comment a-t-il pu nous échapper que la pochette de La Reproduction était à ce point un double et bel hommage à Nanni Moretti (Bianca + Palombella rossa) ?!? PS2 : Signalons l’épatante prestation d’un ancien camarade de répèt’s musicales d’AFD en première partie. Malgré des capacités vocales incertaines (ou à cause de ?), French (c’est son nom) marie avec bonheur Boris Vian et Jonathan Richman ! Second concert au Méry le 25, tout aussi plein que le premier… Mais probablement un moyen de vous rattraper un peu avec les Reprojections que le MK2 Quai de Seine confiera à Arnaud Fleurent-Didier chaque lundi soir de février, à 21h00 : un film sélectionné et présenté par ce grand cinéphile (et plutôt du bon et pas trop galvaudé : Le Monde d’Apu de Satyajit Ray le 1er, Phantom of the Paradise de Brian DePalma le 8, Un homme qui dort de Georges Perec et Bernard Queysanne le 15, Je t’aime, je t’aime d’Alain Resnais le 22 et A bout de course de Sidney Lumet le 1er mars) et, normalement, un mini-concert avec la présence de probables invités surprises… Il est plus prudent de réserver un peu à l’avance sur le site de MK2… Retrouvez d'autres articles sur Fleurent-Didier Arnaud : Arnaud Fleurent-Didier - Portrait d'un jeune homme en artiste Arnaud Fleurent-Didier - La Reproduction (phase 1 : les préliminaires) Arnaud Fleurent-Didier - La reproduction (phase 2 : la saillie) Arnaud Fleurent-Didier - La Reproduction (phase 3 : la mise à bas) Entretien avec Arnaud Fleurent-Didier à propos de "La Reproduction"
Commentaires
De : noodles j'avais écrit un commentaire y a quelques jours, un truc simple et sympa, genre "excellent article".... c'est fini le temps des compliments ???? Insérer un commentaire : |
