Paru près de trois ans après sa mort (en septembre 2003), on pensait jusqu’alors que le 5ème volume des American Recordings (
A Hundred Highways) serait le testament discographique de Johnny Cash, venant clore une discographie riche d’albums quasi innombrables, à la hauteur de la place qu’aura tenu le Man in Black dans la musique populaire américaine pendant un demi-siècle : immense.
Eh bien, à notre plus grande joie, le vrai, le seul, l’unique Johnny avait eu la force d'enregistrer dix chansons supplémentaires lors de ses toutes dernières sessions en studio, trois mois avant sa mort, qui feront donc, le 23 février, l’objet d’
American VI – Ain’t no Grave (hélas, si, le concernant…).
La formule est la même que pour les précédents volumes : un accompagnement acoustique minimaliste au service d’une voix (LA VOIX) plus sépulcrale que jamais, toujours sous la manette de Rick Rubin, à qui on ne remerciera jamais d’avoir été l’artisan de cette demi-douzaine d’albums ayant permis à beaucoup de découvrir quel musicien unique était Johnny Cash, par delà un peu trop d’enregistrements d’albums country routiniers.
Au programme : une mise en musique d’un psaume de la
Bible par Cash lui-même (
First Corinthians, 15:55) et neuf reprises. Pas de "contre-pied" à attendre ici, du style de ses fabuleuses versions de U2 (
One), Nine Inch Nails (
Hurt), Depeche Mode (
Personal Jesus) ou Nick Cave (
The Mercy Seat). Mais des reprises de musiciens eux-mêmes estampillés country, couvrant un spectre assez large pour aller du non moins génial Kris Kristofferson (la magnifique
For the Good Times) à Sheryl Crow (
Redemption Day). Et, en point final,
Aloha Oe, une chanson écrite par la dernière reine de Hawaii, Lydia Liliuokalani, ayant régné à peine plus d’un an, à la fin du 19ème siècle, avant qu’un coup d’état ne la renverse et annexe l’archipel aux Etats-Unis (le genre est décidément une vieille tradition américaine…).