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Air "Moon Safari"

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Posté par Bornu watch the stars le 2007-04-24



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AIR invente la musique de nuit, le seul groupe à prendre toute sa dimension une fois l'obscurité du dehors venue et les aléas de la journée emmagasinés... un groupe pour le repos du guerrier qui sommeille en chacun de nous !!
LA FEMME D'ARGENT
Un instrumental à l'infernale simplicité, tournant autour d'une basse répétitive et de nappes de claviers subtilement disposées ça et là, un morceau qui nous fait tout de même aimer un concert assez pénible, celui de l'Elysée Montmartre au printemps 2001. Le morceau introductif de l'album, celui qui nous fait entrer dans le premier mouvement de celui-ci, le mouvement de l'avant-soirée d'été, celui des préparatifs fiévreux et enjoués, du Fahrenheit à même la peau et de la douche consciencieuse !!! Ce morceau qui restera éternellement pour moi la musique d'une fin de soirée, celle où la cinquantaine d'invités présents le soir de mes 30 ans s'en était allée et où je restais seul, assis sur un banc au dehors en regardant le soleil de juillet se lever.. un sentiment conjoint de plaisir et de fatigue.. un sentiment que je retrouve à chaque fois que je me trouve à écouter "La femme d'argent".
SEXY BOY
Le single que j'ai longtemps associé au groupe Garbage, Moon safari étant en effet sorti presque en même temps que le second disque de ce groupe américain, auteur d'un excellent premier album. J'ai écouté ce morceau en radio des dizaines de fois à l'époque (Nova et Oui FM) en étant persuadé qu'il s'agissait du single annonçant le disque de la bande à Butch Vig !! La voix sur le refrain, le petit gimmick de guitare qui vient juste après, tout me rappelait Garbage... mais non. Il s'agissait en fait de mon premier contact avec la musique de AIR... Cette chanson par la suite paya son statut de "single", c'était en effet le plus immédiat des morceaux du disque et par définition le plus facilement lassant de l'ensemble.. Mais il garde aujourd'hui encore toute sa magie.. c'est en fait un morceau qu'on est persuadé de ne plus trop apprécier et sur lequel on se laisse pourtant systématiquement avoir en le réécoutant, y prenant toujours un égal plaisir !!
ALL I NEED
Une subtile série d'arpèges et une voix sublime par-dessus, celle de Beth Hirsh. Manière de prouver la qualité de la musique de AIR, les albums de la dame en solitaire sont relativement ennuyeux, englués qu'ils sont dans une ambiance acoustique somnolente, comme après un repas copieux et bedonnant. Ce morceau de AIR au contraire est d'une légèreté à toute épreuve, une chanson à écouter les yeux perdus dans les étoiles.. qu'il devait bon pouvoir écouter cette chanson au clair de lune d'été, allongé à même le sol d'une péniche voguant sur les eaux calmes de bourgogne !!
KELLY, WATCH THE STARS !
Cette fois l'affaire est grave, on a bu quelques verres, on observe en bonne posture tout ce joli monde s'ébaudir sur la piste de danse et on perd pied sitôt l'intro de la chanson diffusée à haut volume. Le morceau dansant de l'album, celui de l'ivresse, de la démarche un peu hésitante vers le contrebas, des néons qui aveuglent mais qu'on ne remarque qu'avec peine, rien ne compte dés lors que les accords de synthé, le synchronisme des jambes et le regard fixé sur la jolie demoiselle là-bas.. le morceau de l'oubli, de l'abandon et du temps qui s'arrête l'espace de quelques minutes.
REMEMBER FOREVER
Morceau écrit avec la sommité musicale qu'est Jean-Jacques Perrey, le roi du Moog (sorte de vieux synthé tout pourri, tout le monde connaît sans doute le morceau "pop corn", tube éternel composé par le monsieur en question) avec lequel ils eurent l'occasion de faire connaissance en enregistrant l'excellent "Cosmic bird" sur l'une des trois compilations fondatrices de la musique électronique en France.. les Source Lab. Un morceau de transition entre les deux moments de l'album... le premier qui prend fin avec "Kelly, watch the stars!", le temps des préparatifs de la soirée et l'ivresse de la piste de danse.. A partir de ce morceau, qui symboliserait le retour chez soi après cette bonne soirée et les promesses de lendemains qui chantent c'est ensuite donc la lente descente d'adrénaline avec toujours le sentiment de plaisir latent, il n'est rien de triste dans cette musique là !!
YOU MAKE IT EASY
Là où la jeune fille que l'on ne quittait pas des yeux tout en assurant son pas de deux sous les spot lights se trouve à la faveur d'un rapprochement bienheureux et d'un roulage de galoche (sic) bien présomptueux entre nos bras nigauds, on quitte alors la foule joyeuse pour se retrouver en tête-à-tête, les étoiles toujours (celles présentes sur le disque même comme sur le boîtier) comme témoin et seul décor ! La chanson sexuelle de l'album, celle de la main sous le tee-shirt et des palpitations qui s'accélèrent, comme la voiture qu'on presse au maximum pour rentrer dare-dare chez soi si joliment accompagné.
CE MATIN LA
Le morceau post-petite mort, celui qui annonce l'extinction des feux et de notre conscience. La chanson à images, on ferme les yeux et on écoute l'un des plus beaux instrumentaux jamais enregistré ici bas, on imagine alors les grandes prairies du Far-West américain, au petit matin, à l'aube naissante. Un cow-boy fatigué regagne à dos de cheval (fourbu lui aussi) sa jolie petite maison en bois au petit matin. On sent le "THE END" qui se prépare à apparaître dans peu de temps, le film touche à sa fin. Le voilà qui arrive devant sa maison, il descend de cheval, l'attache au poteau de bois devant lui et entre alors, sans faire de bruit, posant son chapeau sur la table, retirant ses bottes et entrant en silence dans la chambre à coucher... Sa femme dort encore, il la regarde attendri, se couche à ses cotés sans même se déshabiller, la caméra le quitte alors pour retrouver les plaines immaculées à travers la fenêtre et le générique de fin peut alors apparaître, une bien jolie fin pour un film passant dans "la dernière séance" d'Eddy Mitchell le lundi soir sur la 3 !! A titre de comparaison, le premier album de Augustine Jay-Jay Johanson est sorti quelques temps plus tard, l'atmosphère du morceau "Tell it like it is" comportait quelques similitudes avec cet instrumental de AIR... mais nous laissait davantage imaginer un Fernand Raynaud s'amusant à faire dada sur un manche à balai à tête de cheval plutôt qu'à un Randolph Scott rentrant fourbu au bercail ! Et toc.
NEW STAR IN THE SKY
Subtil agencement d'album, si le morceau précédent était la musique d'un rêve de fin de western où le héros, exténué mais vainqueur, s'en allait s'endormir du sommeil du juste, ce "new star in the sky" serait la bande-son de ses rêveries. Le début du morceau est en effet incertain, assez brouillon jusqu'à ce que le refrain ne vienne rendre enfin audible la suite mélodique... une musique de somnolence, de semi-inconscience, cotonneuse en un mot.. On comprend mieux pourquoi Sofia Coppola demanda ensuite au groupe de faire la musique de son "Virgin suicides".. film onirique s'il en est.
LE VOYAGE DE PENELOPE
Voilà on se réveille, on ne se rappelle plus trop de ce à quoi on a rêvé, tout juste un vague souvenir conscient d'avoir rêver de cow-boy, de retour chez soi... Mais que tout cela est diffus...Enfin on se sent bien et là est l'important !! L'aube pointe le bout de son nez, une nouvelle journée d'été qui arrive... on la devine radieuse, heureuse et lumineuse.. Merci qui ?
En conclusion ?
Un disque fondateur pour moi, un disque qui me fit voir en horreur la guitare électrique durant presque 5 années, un disque qui m'ouvrit les portes des rayons de musique électronique de tous les magasins de disque que j 'ai pu écumer.. un disque pour la vie !!



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Commentaires
De : 4lex

...et qu'en est il pour vous de tout ce qui a découlé de moon safari??? 10000hrtz... Pocket symphony..;etc. J'aimerai et j'espère ne pas être le seul avoir votre analyse.
Merci


De : once upon a bornu

Moon Safari est clairement pour ce qui me concerne encore et toujours le meilleur album de Air, c'est pourtant loin avec le recul d'être le plus original ou singulier (le suivant, 1000hz par exemple l'est beaucoup plus, on peut même dire que c'est la matrice des disques à venir même si tous les disques suivants auront une substance plus évidente et "coulante" que le relief abrupt du second album du groupe(en mettant de coté le premier maxi et la bof de virgin suicides)
Air est toujours à mes yeux l'un des groupes français les plus excitants et les plus émouvants à l'écoute (alone in kyoto, même si cela ressemble comme deux gouttes d'eau à une version longue de l'intro du générique des histoires de pierrot lapin (et oui) de beatrix potter, c'est juste sublime)

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