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Wajdi Mouawad – "Willy Protagoras enfermé dans les toilettes" (Actes sud-papiers)
France
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De la merde sur un plateau, et un titre fabulesque, où l’on suit le destin de Willy, peintre paraît-il talentueux, enfant détesté, qui est pour tous, -voisins, parents et notaire - un misérable cancrelat sans scrupule. Sans préambule, une plongée en apnée : « ULIE CHAR PHILISTI-RALESTINE. Qui est là ? Conrad ! Conrad ! WILLY. Willy ! Willy ! Nom de nom ! C’est Willy qui vous parle, Willy ! ULIE CHAR PHILISTI-RALESTINE. Heu ! Lly ? Lly ? Bgar, où est parti Bgar ? Lly ? WILLY. Abgar est parti pour quelques temps, quand à moi, je vous parle de l’intérieur des water-closets, et je ne sortirais pas tout de suite. ULIE CHAR PHILISTI-RALESTINE. Veux chier, bordel ! WILLY. Pour tout dire je ne sortirais tout simplement plus. Les water-closets me sont sympathiques. ULIE CHAR PHILISTI-RALESTINE. Te dis que je veux crier, palper, vider, chier ! » Vous voilà introduit à l’univers saugrenu du petit Willy, fils cadet de Mr et Mme Protagoras. Il doit subir jour après jour les assauts de la famille Philisti-Ralesti depuis que sa famille, par charité, les a dépannés alors qu'ils étaient en passe d’être expulsés. Ils ont depuis investi l’appartement de manière permanente. Cette pièce se construit en crescendo de « qu’en dira t-on », de complots et autres manigances de rombières. Wajdi Mouawad part de cette problématique des voisins envahissants et des conséquences d’une société étroite d’esprit sur le travail et la vie des artistes. De l’étroitesse des cœurs face aux étrangers et aux exclus, et de leur avidité à vouloir ce que les autres possèdent, prêts aux pires actes pour s’en emparer. En plaçant certains dialogues totalement réalistes dans un contexte incongru, proche de l’univers de Boris Vian (avec des appartements sans fenêtre, des espaces qui se cloisonnent ou s’ouvrent sans logique apparente, des toilettes dans lesquelles on peut vivre sans eau pendant plus de vingt jours…), il apporte une dynamique originale à ce huit-clos, où insultes et grossièretés côtoient réflexions sur la vie, la mort, le sens des choses, l’intérêt que l’on a à accepter ou non ce qui nous est proposé / imposé. Auteur majeur du théâtre contemporain, émigré à Montréal depuis quelques années, les livres de Wajdi Mouawad ont une force et une inventivité qu’il est temps de (re)découvrir et de faire partager. Retrouvez d'autres articles sur Wajdi Mouawad : "Littoral", Wajdi Mouawad – Théâtre 71 à Malakoff "Ciels", Wajdi Mouawad - Théâtre de l'Odéon "Forêts", Wajdi Mouawad - Théâtre de Chaillot
Commentaires
De : Presse, interpellé Superbe titre en effet ! ...mais fallait-il vraiment le publier dans une collection nomé-mée "papiers" ? De : Presse ki sé pa ékrir Oups.... De : Marion J'avoue ne pas connaitre les raisons qui ont poussées les éditeurs à donner ce nom à leur collection, peut-être cela regroupe t-il l'idée de papiers légers, hors norme...Bonne question effectivement... De : noodles Marion, je crois que presse voulait faire de l'humour sur "papier toilettes" ... rapport à l'extrait... De : Presse un peu confus ...ben oui... Cela dit je suis curieux de cette pièce (que je ne connais pas) mais qui semble appartenir à un style de théatre (Vian-Beckett-Ionesco) que j'aime beaucoup. A découvrir pour moi, donc. Insérer un commentaire : |
