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SHIN Kyong-suk - "La chambre solitaire"

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Posté par Sarah Despoisse le 2009-08-07



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Prix de l’Inaperçu 2009 -

« La mémoire du corps est plus douce, plus froide, plus précise et plus coriace que celle de l’âme. C’est peut-être parce qu’il est plus honnête qu’elle. »
Seize ans. Départ de la campagne et arrivée à Séoul. L’usine la journée, les cours du soir au lycée professionnel. Une chance à saisir au cœur d’un rude apprentissage de la vie.

« Les gens m’appellent à présent par le nom dont je suis la propriétaire de seize ans. »
La débrouille. Le travail à la chaîne. La naissance des syndicats. Les repas bricolés. Les coudes qui se serrent, le réalisme au quotidien qui affronte les convenances.

« Soudain je me rends compte que la nature est une nourriture pour chacun, que c’est elle qui nous fait remonter le temps et prendre le chemin isolé de notre intériorité. »
Les racines, la famille, les traditions comme remparts contre la difficulté.

« Où que ce soit, quelle que soit la nuit, il y a toujours quelqu’un que l’amour fait souffrir. »
Une sensibilité exacerbée.

« Ce qui s’est produit cinq minutes auparavant appartient déjà au passé. »
La naissance d’un rêve et la genèse d’une vocation : devenir écrivain.

« … j’ai vaguement pressenti que ma vie serait faite d’une suite de blessures profondes. Il faudra, me suis-je dit alors, que je conserve quelque chose de pur au fond de moi pour continuer à vivre avec ces meurtrissures. »
Trente-deux ans. L’apprivoisement d’une époque par le récit.

Ce roman sans chapitres se dévore d’un bout à l’autre. L’alternance de flash-backs et de lente digestion du passé emporte le lecteur et donne au récit, souvent dur d’un point de vue sociologique, une délicatesse très personnelle. L’attachement à la narratrice est immédiat, on aime sa curiosité, sa compréhension intuitive du monde qui l’entoure et du destin de ses proches, sa fragilité endurcie, ses contradictions, son humilité.

Pourtant très célèbre en Corée, c’est le premier livre de Kyong-suk Shin traduit en français. Cette appréhension de la société coréenne des années 80 montre la lente et coûteuse progression de ce que nous avons la chance d'appeler des acquis : droit de grève, représentation syndicale, démocratie, système universitaire. Cette portée journalistique de grand intérêt est diffusée en continu dans ce texte autobiographique, récit d’une trajectoire et d’autant plus marquant.

Un inoubliable portrait de jeune femme aux résonnances belles et profondes.

Le site des Editions Philippe Picquier.
Le
site du Prix de l’Inaperçu.






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