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Mort du dessinateur Jacques Martin, père d’Alix, à 88 ans

La BD
Posté par Cyril Cossardeaux le 2010-01-21



 
Pour les gens ayant grandi comme moi dans les années 70, la découverte des aventures dessinées d’Alix a provoqué un certain émoi en découvrant le nom de l’auteur. Hein ? Quoi ? Comment ? Jacques Martin ? Le monsieur de la télé ? Celui qui colle des 10 à tous les mouflets qui massacrent les chansons qu’on entend chez les Carpentier ?
Ben non, pas lui. Le Jacques Martin en question était un peu plus âgé et bien moins médiatique. Et surtout bien moins célèbre que le héros qu’il avait inventé, Alix, donc, ou même son autre personnage récurrent, Lefranc.

Alix est probablement la première bande dessinée à (très) grand succès se déroulant dans l’Antiquité romaine. A la différence d’Astérix, qui lui est bien postérieur (1948 pour Alix, 1959 pour Astérix) et incarne jusqu’à la caricature revendiquée le "pur Gaulois" patriote, Alix peut être considéré comme un vrai "Gallo-Romain" puisque Gaulois d’origine mais adopté par un riche Romain. Autre différence très notable avec Astérix : là où la BD de Goscinny et Uderzo jouait totalement la carte de la comédie souvent parodique et bourrée d’anachronismes drôlatiques, Alix était extrêmement sérieux et salué pour la rigueur de sa documentation historique. Dernière différence : si l’amitié bourrue d’Astérix et Obélix n’a jamais laissé la moindre place à l’ambiguïté sexuelle, il était très loin d’en être de même pour celle liant le héros de Jacques Martin et le jeune adolescent égyptien (14 ans…) Enak, faisant vraisemblablement d’Alix la première BD crypto-homosexuelle grand public.

"Ambiguïté sexuelle" concernant Alix, disons que c'est un euphémisme...
"Ambiguïté sexuelle" concernant Alix, disons que c'est un euphémisme...

On retrouve d’ailleurs le même type de rapport équivoque, évidemment pas explicite (nous sommes dans les années 40-50, l’époque ne s’y prête guère, surtout dans les publications pour la jeunesse), dans les aventures du journaliste Guy Lefranc, créées en 1954 pour le Journal de Tintin et marchant autant dans les pas du célébrissime reporter d’Hergé que dans ceux des héros d’Edgar P. Jacobs, Blake & Mortimer.
Bien que Français d’origine, Jacques Martin peut d’ailleurs largement être affilié à l’école belge dite de la "ligne claire" (il avait fait ses études artistiques en Belgique, ceci expliquant largement cela).

Sans en assurer toujours le dessin, Martin continua à suivre jusqu’au bout les aventures d’Alix et de Lefranc, tout en développant parallèlement d’autres séries, toujours ancrées dans un contexte historique bien particulier : Jhen au Moyen-Age, Arno sous Napoléon, Keops et Orion respectivement dans l’Egypte et la Grèce antiques, Loïs au XVIIème siècle.

Il est mort en Suisse le 21 janvier 2010.




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Commentaires
De : François

Je ne sais pas d'où vous voyer des connotations homosexuelles qui se trouveraient dans les aventures d'Alix ou de Guy Lefranc.
J'ai tout lu et je n'ai jamais rien perçu de tel !
Quelles sont vos références pour affirmer cela ?

De : Cyril C.

Concernant Alix, en tout cas, l'orientation sexuelle des personnages est une question qui a été maintes fois posée à Jacques Martin lui-même et qui l'agaçait d'ailleurs profondément : http://www.tcomt.fr/Sitealix/Dossiers/07Interview/interview04.html
Comme il laisse le soin au lecteur de se faire son propre jugement, disons que, pour moi, il y a au moins une grosse ambiguïté. Mais ça n'en rend la BD que plus intéressante ;-)

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