Voici un guide extrêmement utile à l’approche des fêtes. En effet, la fin d’année, c’est bien connu, c’est la foire aux monstres, Père Noël inclus. Des zombies de la fête des morts du premier novembre à l’abominable homme des neiges des montagnes, la saison est éminemment dangereuse. Sans compter qu’il fait froid. Un temps idéal pour siroter une bonne tasse d’Earl Grey en compagnie des monstres, comme nous le propose ce manuel. Nous recommandons donc à tous les parents en âge d’être intelligent de se précipiter en librairie pour offrir ce joyeux guide de survie à l’usage des petits qui pourront apprendre les bonnes manières tout en se réchauffant à l’anglaise avec leur créature préférée. Les adultes pourront par ailleurs compulser l’ouvrage en cachette, en cas de panique.
Un monstre, en général, tout le monde sait ce que c’est, pas la peine de vous faire un dessin, bien qu’il y en ait un tout à fait explicite en page 3 de l’ouvrage. Généralement, ça se présente comme une espèce de truc un peu énervé, parfois avec des poils, souvent avec des dents, beaucoup de dents, et quelques manies un peu bizarres comme une tendance à développer un rire tonitruant, à s’agiter dans tous les sens et… à croquer ce qui lui passe sous le nez - ou à lui jouer des tours, selon l’humeur du jour.
Avant de se lancer à pied joints dans la tasse de thé, il faut savoir qu’il existe une véritable typologie de monstres soigneusement établie par Mister Tea, le maître de cérémonie - du thé, vous l’aurez bien compris –, ainsi que trois spécialistes en monstrologie. Dans la mesure où chaque bestiole possède ses habitudes, goûts et manies, il est plus prudent d’en prendre connaissance avant de s’engager dans une invitation à goûter.
M. Balthazar, l’expert en revenants, nous fait d’abord découvrir les monstres domestiques qui, comme leur nom l’indique, se trouvent à proximité (voire à l’intérieur) des domiciles. Parmi eux, on comptera le couple de zombies, le vampire en dentelle, un loup-garou lunatique - au moins une fois par mois en tout cas - ainsi que le chevalier sans tête et le dragon, qui sont probablement les plus volumineux de leur catégorie. On se voit mal avec un dragon planqué à la cave mais sait-on jamais…
Ensuite, avec le docteur Dolobor Percini, il faut compter sur les monstres fantasmagoriques. Du chat noir de la sorcière à l’araignée jeteuse de mauvais sorts en passant par la sirène spectrale, la momie et le fantôme de la tasse, il faut être vigilant car chacun a son caractère farceur ou irascible. Les chances de succès de five o’clock tea sont d’autant plus aléatoires que les fantasmagoriques ont la fâcheuse habitude de n’être jamais à l’heure. Il faudra donc s’armer de patience. Et de petites cuillères.

Enfin, il nous reste les monstres exotiques, à rencontrer grâce aux conseils avisés de Sir Robeanzone, l’aventurier ultime (et au moins aussi flippant que ses monstres, si ce n’est plus). Tous les hémisphères sont ratissés, tous les climats explorés. L’abominable homme des neiges figure bien évidemment en pôle position, avec sa tendance à chiper les affaires des aventuriers distraits. Mais les pays chauds ne sont pas en reste puisqu’il faut aussi compter sur la plante carnivore (demandez à votre fleuriste) et les réducteurs de tête (adressez-vous cette fois-ci à votre boucher-charcutier). Pour les amoureux de la mer, il y a aussi le lapin naufrageur qui fait couler les bateaux pour y dénicher des cargaisons de carottes ou encore le… poulpe (et oui, qui l’eut cru ?) visiblement très à cheval sur les bonnes manières, même sous l’eau.
Chaque streumon dûment fiché, le Tea-Time Monsters Show peut commencer. Si vous avez tout mémorisé, vous devriez vous en sortir et passer un bon moment autour de votre "goût-thé". Par contre, en cas de rencontre avec un monstre non répertorié, les auteurs déclinent toute responsabilit(h)é. Si vous survivez, n’oubliez pas de leur envoyer un petit compte-rendu afin de leur permettre de compléter la prochaine édition de ce manuel fort pratique promis au succès…