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Oscars 2010 : Bigelow met Cameron K.O. |
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C’était évidemment le petit frisson people de cette 82ème cérémonie des Academy Awards : de l’ancien couple formé par Kathryn Bigelow et James Cameron, lequel/laquelle des deux repartirait vainqueur du Kodak Theater de Los Angeles ? Eh bien c’est la première nommée, et dans des proportions triomphales qui accentuent la surprise ! Puisque le business est un truc qui pèse particulièrement lourd à Hollywood, avec Démineurs, on parle d’un film à "petit budget" (11 millions de $), qui, en fin d’exploitation en salles aux Etats-Unis, avait rapporté tout juste un peu plus que ce qu’il avait coûté (12,6 millions). Loin, très loin, donc, de la démesure financière absolument hors norme d’Avatar (237 millions de $ de budget "estimé", pour des recettes US de 707 millions à fin février, alors que le film est encore en exploitation) ! Le succès a-t-il fini par nuire à Cameron, à l’inverse exact de ce qui s’était passé pour Titanic (dix Oscars, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur) ? Possible… En tout cas, la carrière parfois un peu contrariée de Kathryn Bigelow prend un coup de boost spectaculaire avec ces cinq Oscars, dont trois particulièrement prestigieux : meilleur film, meilleur scénario original, meilleur réalisateur, meilleur son, meilleur montage sonore. Celui du meilleur réalisateur se conjugue pour la première fois à Hollywood au féminin : jamais une femme n’avait été récompensée à Los Angeles lors de la cérémonie. La France aura attendu un peu moins longtemps (Tonie Marshall, en 2000, pour Vénus Beauté (institut)). ![]() "Démineurs"
Avatar est néanmoins loin de repartir bredouille, avec trois Oscars plutôt "techniques", dont certains inévitables : meilleurs effets spéciaux, meilleure direction artistique, meilleure photographie. Pas sûr que ce soit une consolation suffisante pour Cameron, même si l’effet Oscar sera plus utile à son ex-femme qu’à lui-même… Les Oscars récompensant les comédiens étaient à chercher ailleurs puisque aucun de ceux de Démineurs ou d’Avatar n’étaient nommé. Chez les hommes, on ne contestera nullement le bien fondé des récompenses remises à deux comédiens magnifiques, dans deux registres totalement différents : Jeff Bridges en meilleur acteur dans Crazy Heart et Christoph Waltz en meilleur second rôle (qui vaut tous les premiers) dans Inglourious Basterds (seul Oscar pour ces deux films, qui méritaient mieux, surtout le Tarantino). Chez les femmes, on n’est pas très surpris de l’Oscar de meilleur second rôle pour l’impressionnante Mo’nique dans Precious. Sandra Bullock, elle, meilleure actrice pour un film qui n’a pas encore de date de sortie française (The Blind Side, de John Lee Hancock), réalise un étonnant doublé à vingt-quatre heures d’intervalle, après avoir aussi "gagné" le Razzie Award de la plus mauvaise actrice de l’année pour All about Steve ! Pas de nouvelle statuette pour mettre sur la cheminée pour Jacques Audiard. Un prophète a été battu par Dans ses yeux, un film argentin de Juan José Campanella, qui sortira en France le 21 avril. Signalons également que l’Oscar du meilleur film d’animation est revenu à Là-haut (qui remporte également celui de la meilleure musique originale, pour Michael Giacchino), soit le cinquième pour Pixar, alors que cet Oscar n’est décerné que depuis 2002. Henry Selick (Coraline) ou Wes Anderson (Fantastic Mr. Fox) le méritaient pourtant tellement plus…
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