
|
Mort du cinéaste Satoshi Kon |
|
|
C’est avec stupéfaction et une immense tristesse que nous apprenons, ce 24 août, la disparition d’un cinéaste dont la carrière était très loin d’être achevée. Le réalisateur de films d’animation japonais Satoshi Kon s’est en effet éteint à l’âge de 47 ans, des suites d’un cancer. Moins connu que Mamoru Oshii (Ghost in the Shell), Katsuhiro Otomo (Akira) et, bien sûr, Hayao Miyazaki, Satoshi Kon était peut-être pourtant (avec Isao Takahata, autre réalisateur trop méconnu) l’un des cinéastes d’anime parmi les plus passionnants de ces 15 ou 20 dernières années. Après une expérience de mangaka qu’il poursuivra jusqu’au milieu des années 90, c’est pourtant comme co-scénariste d’un film en prises de vue réelles, Warudo apâtomento hora, en 1991, qu’il fait ses premiers pas dans le cinéma, aux côtés d’Otomo (qui en était le réalisateur), avec qui il travaillera ensuite sur le film à sketchs Memories. Il travailla également avec Oshii sur Patlabor 2. Mais c’est en 1997 qu’il se fait réellement connaître au Japon puis, très rapidement, dans le monde entier (même si le film ne sortira en France que deux ans plus tard) avec Perfect Blue, qui sera une influence majeure pour beaucoup de cinéastes (notamment Darren Aronofsky, qui en citera une scène dans Requiem for a Dream). Film à l’animation techniquement assez sommaire (ce qui a pu en rebuter plus d’un), Perfect Blue est une variation très brillante sur la paranoïa et la schizophrénie et pose d’emblée Kon en grand cinéaste de la psyche, thème majeur de la plupart de ses films (peu nombreux, hélas). ![]() "Paprika"
En 2001, avec Millenium Actress, il fait à nouveau le portrait d’une femme et brasse quasiment toute l’histoire du cinéma japonais et de quelques uns de ses classiques (en particulier Le Château de l’araignée, de Kurosawa) à travers la quête d’une actrice sans âge par une équipe de télévision. En 2003, Tokyo Godfathers est un autre bel hommage au cinéma, qui propose une variation dans le Tokyo contemporain des laissés pour compte (marginaux économiques et sexuels) du film de John Ford Three Godfathers (Le Fils du désert). Comme Millenium Actress, il reste malheureusement inédit en salles en France jusqu’à ce jour (mais est sorti en DVD). Après la réalisation d’une série d’animation de treize épisodes (diffusée assez confidentiellement en France sur… MCM) Paranoia Agent (toujours ces mêmes thèmes obsessionnels…) en 2004, Satoshi Kon peut enfin mener à bien un projet qui lui tenait à cœur depuis Perfect Blue. Avec Paprika (2006), il pénètre l’inconscient de ses personnages et signe un film dont le thème n’est pas sans annoncer celui d’Inception… Il travaillait sur un nouveau film, The Dream Machine, dont on ne sait pas à cette heure si il a pu le finir avant sa mort et qu’il présentait comme un "road-movie pour robots", dont les personnages humains seront absents. Retrouvez d'autres articles sur Satoshi Kon : Satoshi Kon - "Paprika"
Commentaires
De : Ishmael Juste l'un des metteurs en scène les plus important apparu ces 15 dernières années... :( D'autant plus scandaleux maintenant que "Tokyo Godfather" et "Millenium Actress" ne soient jamais sortis en salle chez nous. De : patricia Quelle perte ! Qu'allons-nous regarder à présent ? Je suis très triste... Insérer un commentaire : |
