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"The Artist" et "The Descendants", principaux lauréats des Golden Globes 2012


Posté par Cyril Cossardeaux le 2012-01-16



 
Harvey Weinstein 3 – Kim Novak 0. Voilà comment un commentateur de football pourrait réagir à la soirée historique du 15 janvier 2012. Ou par un tonitruant "cocoricoooo", s’il était particulièrement chauvin.
C’est donc la première fois qu’un film français est primé dans la catégorie de la meilleure comédie ou film musical. Mais le triomphe de The Artist ne s’arrête pas à cette seule récompense puisque Jean Dujardin a donc bien aussi été consacré meilleur acteur dans une comédie ou un film musical. La preuve qu’Harvey Weinstein (qui distribue le film aux Etats-Unis via Miramax) n’a pas perdu la main en matière de lobbying. On peut cependant regretter que ce soit Dujardin qui ait été élu et non Bérénice Béjo (plus convaincante encore) mais il est vraisemblable que Weinstein a tout misé sur le comédien, plus à même d’électriser les nombreux talk shows dans lesquels il fut invité ces derniers jours, malgré un anglais assez hésitant. Cette double récompense amène de suite deux questions : est-ce le début d’une possible carrière hollywoodienne pour Jean Dujardin ? le seul salut du cinéma français pour être primé aux Golden Globes (et très bientôt aux Oscars, où The Artist fera à nouveau partie des grands favoris) est-il d’être muet et donc plus universel ? Drôle de perspective, tout de même…
Notons aussi que cette pauvre Kim Novak, qui s’estimait récemment "violée" par l’utilisation de la sublime partition écrite par Bernard Herrmann pour Vertigo par Michel Hazanavicius dans son film (les femmes ayant réellement été victimes d’un viol ont sûrement apprécié…), a vraiment passé une bien mauvaise soirée puisque Ludovic Bource a aussi été primé, justement pour la musique, faisant de The Artist le film le plus récompensé de la soirée.

Si Jean Dujardin et Bérénice Béjo ne remercient pas Claude Berri, ils peuvent en revanche remercier Thomas Langmann...
Si Jean Dujardin et Bérénice Béjo ne remercient pas Claude Berri, ils peuvent en revanche remercier Thomas Langmann...

Les deux autres grands triomphateurs s’appellent Alexander Payne et George Clooney (meilleur acteur), pour The Descendants, meilleur film dramatique de l’année. Curieuse répartition des films en catégories, la bande-annonce de The Descendants (en salles en France dès le 25 janvier) en faisant plutôt une comédie, alors que The Artist, en dépit de son happy end, épouse très précisément la structure du mélodrame…
Ce sont plus ou moins deux biopics qui ont couronné deux comédiennes : Meryl Streep dans le rôle de Margaret Thatcher dans La Dame de fer de Phyllida Lloyd (sortie en France le 15 février), qui réussit la prouesse rare de ne porter aucun regard politique sur son personnage ; et Michelle Williams dans celui de Marilyn Monroe dans My Week with Marilyn de Simon Curtis (sortie en France le 7 mars), qui se penche principalement sur la liaison de la star platine avec Sir Laurence Olivier (évidemment interprété par Kenneth Branagh : l’aboutissement de sa carrière ?) pendant le tournage du Prince et la danseuse.
Les meilleurs seconds rôles (qui ne sont pas divisés en catégories) sont pour Octavia Spencer dans La Couleur des sentiments de Tate Taylor (énorme succès aux Etats-Unis, passé plus inaperçu en France) et pour le grand Christopher Plummer, effectivement magnifique dans le beau Beginners de Mike Mills.

George Clooney, très convaincant dans le rôle du type qui ne s'attendait vraiment pas à son Golden Globe.
George Clooney, très convaincant dans le rôle du type qui ne s'attendait vraiment pas à son Golden Globe.

La 3D, économiquement un peu dans la tempête à Hollywood en ce moment, ne fait pas chou blanc pour autant puisque Martin Scorsese repart avec le Golden Globe du meilleur réalisateur pour Hugo Cabret et que c’est Les Aventures de Tintin – Le Secret de la Licorne de Steven Spielberg qui a été désigné meilleur film d’animation. Autre grand cinéaste récompensé, Woody Allen, pour le scénario de Minuit à Paris. C’est l’impressionnant Une séparation d’Asghar Farhadi qui a été élu meilleur film en langue étrangère, un choix qui n’allait pas forcément de soit pour un film iranien non ouvertement critique envers le régime.
Cette chère Madonna repart aussi avec son Golden Globe pour sa dernière réalisation W.E. (le 9 mai chez nous) ; pas pour le film lui-même, qui ne semble pas de nature à en faire une vraie cinéaste, en dépit de tous ses louables efforts, mais pour sa chanson, Masterpiece (si elle-même le dit, hein…).

Au cas où tout le monde l'aurait oubliée, Claire Danes avait pris soin d'accrocher un badge à sa veste à la soirée.
Au cas où tout le monde l'aurait oubliée, Claire Danes avait pris soin d'accrocher un badge à sa veste à la soirée.

Mais les Gloden Globes, c’est aussi la télévision. Et c’est plutôt le renouvellement qui prime, cette année, puisque Mad Men n’était cette fois même pas nominée dans la catégorie meilleure série dramatique. Dans cette catégorie, c’est la série de Showtime Homeland, diffusée dans quelques mois sur Canal + mais précédée d’une très flatteuse réputation, qui marque le grand retour au premier plan de Clare Danes (elle-même élue meilleure comédienne dans cette catégorie), qui a été récompensée.
Dans la catégorie comédie (et même ici sitcom), c’est le mockumentary Modern Family du network ABC qui crée un peu la surprise ; la série est déjà diffusée en France par le groupe M6 (en première diffusion sur Paris Première) mais n’y a guère défrayé la chronique jusqu’à présent…
Les Golden Globes distinguent les séries des "mini-séries" et téléfilms. Dans cette dernière catégorie, c’est la création britannique d’ITV Downtown Abbey qui s’est imposée, diffusée en France sur TMC, dans des conditions pas franchement idéales (doublée en français). Côté comédien(ne)s, les gagnant(e)s s’appellent Idris Elba et Kate Winslet comme meilleur(e)s acteur/trice dans une mini-série dramatique pour, respectivement, Luther (autre série britannique, pour l’instant sans diffuseur français) et Mildred Pierce (déjà diffusé sur Orange Cinéma Séries) ; et l’acteur nain Peter Dinklage (pour Game of Thrones, diffusé sur Orange Cinéma Séries) et Jessica Lange (pour American Horror Story, inédit en France) comme meilleurs seconds rôles.
Concernant les séries au plus long cours, en plus de Clare Danes primée pour Homeland, les vainqueurs s’appellent Laura Dern pour Enlightened dans la catégorie comédie (diffusion française pas encore annoncée), Kelsey Grammer (pour Boss, sans diffuseur français mais dont le pilote réalisé par Gus Van Sant a fait sensation) et le revenant Matt LeBlanc, l’ex-Joey de Friends (pour Episodes, en diffusion sur Orange Cinéma Séries), respectivement comme meilleur acteur dans les catégories drame et comédie.






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Commentaires
De : noodles

homeland est une série tout simplement géniale qui renvoie 24 à son ptit labo de scénaristes épuisés, tout y est impressionnant, à commencer par claire danes et damian (fucking keane!) lewis.... c'est produit par michael cuesta, pas vraiment un perdreau de l'année, je l'ai vu aux states, où je vis une partie de l'année et où je travaille comme conseiller des frères weinstein (" putain harvey tu connais pas brice de nice, ni la classe américaine ????"..c'était moi... )

De : jacques d.

Dujardin globalisé ? Arte va bientôt pouvoir programmer une soirée Théma rediffusant l'intégrale des pathétiques 486 épisodes de "un gars, une fille".
Dujardin globalisé !? Qu'ils s'en aillent tous... ah, mince, ça a déjà été dit !

De : jacques d.

d'ailleurs je vois (avec effarement) qu'il y a un "la vérité si je mens 3" qui va sortir... je suis sûr que Dujardin joue dedans... avec Merad, Poelvoorde, Huppert, Mastroianni, Deneuve, Garrel and co....
"qu'ils s'en aillent tous...!", merde, ça y est, je bégaie !

De : noodles

jacques d. tu racontes n'importe quoi, tu devrais regarder homeland, ça te calmerait... aucun des acteurs que tu cites dedans, et y a que 12 episodes, pas 486, et c'est plein de morceaux de cinéma...

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