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festival "Est ce ainsi...?", Voir l'invisible - du 2 au 9 février à l'Ecran de St-Denis

Dossiers/Hommages
Posté par Marion Oddon le 2010-01-26



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Après neuf année d'existence, on pouvait se demander comment le festival  pourrait encore trouver le moyen de rebondir sur cette question brûlante. La réponse est venue d'un changement de programmateur, et d'une réappropriation de son sujet sous un nouvel angle d'observation : après le (sur)médiatique, place à l'invisible...
 

théorème

Du 3 au 9 février 2009, le cinéma L'Ecran de Saint Denis se transfigurera pour nous offrir un dixième anniversaire placé sous le signe du sacré et de la mystification. Il adoptera pour l'occasion une double approche, développant son programme sur deux axes, clin d'oeil à notre sacro sainte croix : une branche verticale analysera les chimères des religions et leur symbolisme, l'autre, horizontale, contextualisera les impacts de ces idéaux et leurs influences sur nos comportements dans la société. Qui dit religion dit transgression et satyre acerbe, bien sur... Ce thème à priori sérieux se développera en réalité entre documentaires graves et analytiques et films trashs ou volontairement dérangeants.

Le choix des films et des interventions est exigeant, et permettra de découvrir de jeunes réalisateurs engagés tels Wael Nourredine (A Film Far Beyond a Godde, le 7 à 16h30) ou Emil Weiss (Tikkoun, le 8 à 18h30), et de moins jeunes toujours aussi actifs avec Lech Kowalski et son dispositif « camera war », journal de bord quotidien d'une actualité subversive (le 5 à 18h30).

En parallèle à ce vivier d'activistes de la pensée, vous pourrez vous délecter des œuvres complexes et nourricières de cinéastes éclairés tels Pier Paolo Pasolini, Glauber Rocha, Tarkowski, Kiewsloski, Bunuel, ou encore Dreyer, sans oublier Werner Herzog à qui il sera rendu hommage cette année.

Beaucoup d'auteurs français sont aussi programmés, certains issus de la nouvelle vague des années 60, d'autres dignes héritiers dans leur interrogation des religions. Brisseau et Dieutre côtoieront Jean Rouch, Godard, ou Rivette et sa « Religieuse » (le 6 à 13h45) ; Bruno Dumont enfin viendra présenter deux films, dont le magnifique film de Carlos Reygadas « La Lumière silencieuse », une approche épurée et pourtant malicieuse d'une communauté mennonites du Mexique (le 7 à 20h30), touchant et profond.
 

La Religieuse

Vendredi 5 février, une nuit entière sera consacrée à la thématique « Sans Dieu ni maitre », et propose la découverte de films rares et décadents, du dérangeant « Ne nous délivrez pas du mal » de Joel Seria au superbe « Les diables » de Ken Russell, en passant par des films à la subversion jodorovskienne tel le film de Gianfranco Mingozzi « Flavia, la défroquée » (assurément une découverte intéressante).

Samedi 6 février, Sion Sono viendra présenter son film « Suicide Club » en compagnie de Dimitri Lanni, spécialiste du cinéma asiatique. Entre mysticisme et phénomène de société, ce japonais très prometteur développe un cinéma des plus singuliers, s'ancrant dans les névroses de son pays.

Dimanche 7 février, dès 16h30 Emeric de Lasten vous présentera deux films « expérimentants » de Kenneth Anger « Lucifer Rising » et « invocation of my demon brother », que l'on vous conseille vivement si vous souhaitez vous ouvrir à une autre dimension du visuel. Le soir sera projeté le film qui résonnera  d'une façon particulière en ces jours sombres : « Divine Horsemen: The Living Gods of Haïti » de Maya Deren. Très beau film anthropologique sur le vaudou et la transe (le 7 à 21h00) .

Mardi 9 février, ne rater pas le superbe documentaire « Gambling, Gods and LSD » de Peter Mettler, odyssée mystique portée par la musique de John Zorn.

 
Gambling, Gods and LSD



Enfin, parce qu'on ne peut pas tout vous dire, petite sélection subjective de dix films à voir absolument pendant ce festival visiblement éclairé :


La Déesse de Satyajit Ray (le 3 à 16h00) : L'un des plus grands cinéastes indiens nous offre avec ce film un chef d'oeuvre.

Le Prédicateur de Robert Duvall (le 3 à 20h15) : Oeuvre percutante de l'acteur Duvall passé avec brio à la réalisation.

Le Destin de Youssef Chahine (le 5 à 15h00) :  Un film sur les murs et les mots, et un acte de resistance d'une profonde humanité.

Faust de Friedrich Wilhelm Murnau (le 7 à 16h00) : Ciné concert sur un très grand Murnau.

La Beauté du diable de René Clair (le 3 à 14h00) : un après midi ciné-gouter à déguster costumé !
 
Luminous people d’Apichatpong Weerasethakul (le 3 à 16h00) : L'un des films les plus intéressants du réalisateur.

Moïse et Aaron de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet (le 4 à 18h15) : Deux fidèles compagnons du genre humain, qu'on est toujours attentifs à suivre.

Pork and Milk de Valérie Mréjen (le 3 à 18h30): Artiste vidéaste intérrogeant les religions depuis des années, pork and milk fut avant tout une installation de plus intéressantes.
 
Tehilim de Raphaël Nadjari (le 8 à 21h00) : séance suivi d'une rencontre avec l'auteur.

Unidad 25 d’Alejo Hoijman (le 3 à 18h15): Classé meilleur documentaire du BAFICI 2008, le film nous plonge dans une prison argentine où la discipline s'organise autour des principes religieux.
 
Découvrez toutes les informations et plus sur le site du festival.

 

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