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Xavier Gens - "The Divide" (Blu-Ray & DVD)

Sorties DVD
Posté par gee wee le 2012-06-16



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D'un Xavier Gens qui ne nous a livré qu'un Hitman insipide et un Frontière(s) infect, il était difficile d'attendre beaucoup pour The Divide. Mais comme il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis (ou de style), ce métrage vaut définitivement le coup d'être regardé, et non pas d'un oeil timide, mais des deux yeux, grands ouverts.

Gens s'attèle à un exercice difficile, en enfermant ses personnages dans la cave d'un immeuble. On connaît la valeur opératoire des contraintes dans le processus artistique, il faut croire que Gens a trouvé ici un cadre salvateur. Ne se donnant presque aucune limite dans ses précédents films (l'omnipotence de Hitman et la haine infinie de Frontière(s)), Gens n'était pas parvenu à leur donner le moindre sens, la moindre matière. Dans The Divide, la cave et son huis-clos agissent sur le réalisateur (avant même sur le spectateur) et le forcent à penser son espace, à le construire, à lui donner de l'intelligibilité ; le forcent à se poser sur ses personnages, à penser leurs interactions, leur évolution personnelle. L'auteur, tout autant que ses héros, ne peut pas s'échapper, se défiler. Pour s'en sortir, il doit faire preuve d'intelligence, de finesse. En sortant de The Divide, Gens survit. Nous sommes ses bourreaux et Gens survit !




Rien d'exceptionnel cela dit dans The Divide. Le plus grand mérite de Gens tient au fait de nous épargner les tics habituels du thriller psycho/apocalyptico/claustro/fanatique produit au mètre qui visent à chercher l'approbation à tout prix de son public dans les premières minutes, quitte à ce qu'il s'ennuie au bout de vingt minutes d'un film écrit cent fois. Et c'est déjà beaucoup dans un cinéma de genre sclérosé dans la croyance inepte que le choc suffit en lui-même.

Le film s'ouvre sur une belle scène introductive, brusque comme il faut, qui nous essouffle déjà, donnant ce qu'il faut de temps à Gens pour instaurer la routine dans la cave, entre la poignée de chanceux qui sont parvenus à s'y réfugier alors que l'immeuble au-dessus de leur tête finit de s'effondrer.
L'intérêt de The Divide est de toujours s'y tenir à l'essentiel et d'évoluer patiemment. Aux premières minutes, les premières problématiques : quoi, qui, où, quand, comment. Hypothèses sur l'évènement, ses responsables, quand et comment sortir, découverte des lieux. Dans cet état de tension, nous remarquons à peine les personnages, et ils font déjà partie du film. Exit les scènes d'exposition poussives. La situation (la destruction puis le huis-clos ) concentre l'attention, et les personnages ne se révèlent que lentement, petit à petit, chacun à son tour, toujours à la faveur d'une nécessité narrative (réparer l'électricité, tenter de sortir, découper un cadavre...).




Aux premières problématiques, celles de la survie immédiate, qui s'estompent peu à peu, se substituent des problématiques d'ordres social et psychologique. Dans cette perspective The Divide se démarque tout de même du tout venant, déjà donc dans sa façon de conduire son film, et par les retranchements humains dans lesquels il conduit ses personnages. Dans un monde où plus rien n'existe, assiste-t-on à la libération des pulsions que ne contient plus aucun impératif moral ? ou bien plutôt faut-il en voir comme conséquence l'effondrement des identités, qui, s'effritant - en l'absence d'espoir, adoptent des comportements de plus en plus décadents ?
The Divide contient sa dose de violence et de sadisme. Non seulement l'esthétique punk leur donne un certain charme, il faut l'avouer, mais ils apparaissent avec une certaine intelligence. On ne sent pas le dessein chez Gens ni chez ses héros de créer la violence et le sadisme, ils apparaissent en réponse à des situations, comme des façons de survivre un peu plus. La folie est un peu plus douce et l'homme ne change jamais véritablement.


The Divide, un film de Xavier Gens
avec Michael Biehn, Lauren German, Milo Ventimiglia

DVD et Blu Ray édités par Bac Films




The Divide - Séquence d'Introduction - Xavier Gens par FilmGeek-TV


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