Zoolander,
Mystery Men,
Les Rois du patins,
Semi-pro,
Elfe,
Rock Academy,
Tenacious D : The Pick of Destiny,
Super Nacho,
La Légende de Ron Burgundy,
Retour à la fac,
Terrain d’entente,
En cloque, mode d’emploi,
Toi et moi et Dupree,
Sans Sarah, rien ne va… sans compter les nombreux "DTV" (Direct To Video, soit les films sortant directement en DVD sans passer par la case salles, comme
Ricky Bobby, roi du circuit ou
Envy)… on ne compte plus les bides plus ou moins vertigineux essuyés en France par les fameux membres du Frat Pack, ces comiques américains issus du
Saturday Night Live, ou par les producteurs et/ou réalisateurs amis (les frères Farrelly, Judd Apatow…). Alors même que la plupart de ces films ont, sinon triomphé, au moins obtenu un franc succès aux Etats-Unis.
Bien sûr, il y a des contre-exemples et Ben Stiller, notamment, jouit ici d’une popularité sans commune mesure avec Will Ferrell ou même Jack Black (même si le score du dernier Farrelly,
Les Femmes de ses rêves, s’est avéré assez moyen).
Dans la liste précitée, il y a évidemment quelques très mauvais films qui n’ont pas volé leur insuccès (on pense en particulier à l’horrible
Envy, avec pourtant le duo Stiller / Black) mais plus nombreux sont au contraire ceux qui comptent parmi les plus réjouissantes comédies de ces dernières années.
Ici, on est bien obligé d’évoquer encore nos glorieux
Ch’tis. On n’a rien contre eux et le film de Dany Boon est à la fois sympathique et plutôt réussi, mais pourquoi diable cette petite comédie inoffensive a-t-elle attiré à peu près cent (100 !) fois plus de spectateurs que, par exemple,
School of Rock ?
On pourrait hasarder la théorie du décalage culturel, qui n’est probablement pas totalement infondée, tant la quasi-totalité de ces films témoignent d’un humour typiquement américain, assez "white trash" et profondément régressif. Mais quand même pas si éloigné de celui des Nuls, dont
L’Emission (au début des années 90, sur Canal +) était d’ailleurs une transposition assez habile de l’esprit du
Saturday Night Live, justement. Et puis on "déplore" suffisamment souvent l’invasion des fictions américaines depuis des décennies pour être en droit s’étonner aujourd’hui qu’un de leurs modes d’expression favoris puisse à ce point s'avérer obscur à nos compatriotes…
Un autre paradoxe est peut-être plus fécond et nous ramène encore aux
Ch’tis. On se gausse souvent de la prétendue obsession américaine pour le "politically correct" alors que ces films n’en sont précisément pas la meilleure défense et illustration qui soit ! Oh, certes, on ne peut pas non plus parler de films subversifs remettant réellement en question l’ordre établi, mais disons que le rapport au sexe, au travail, à l’argent voire même à la famille (pilier américain sacro-saint s’il en est !) n’est pas toujours dans les canons de l’orthodoxie républicaine (ni même démocrate, d’ailleurs).
En comparaison, quoi de plus politiquement correct que
Bienvenue chez les Ch’tis ? Tellement correct qu’on ne serait pas étonné que le pauvre Guy Moquet leur cède déjà la place dans les écoles et collèges à la prochaine rentrée scolaire…
L’Amérique plus ou moins profonde et décomplexée de son inculture (évidemment caricaturée) s’en prend souvent plein la gueule avec le Frat Pack (particulièrement via les personnages interprétés par Will Ferrell, qui invente de film en film un genre à lui seul), avec une force corrosive qui fait passer d'"odieuses" banderoles parisiennes pour d’aimables plaisanteries de CM2 !

Si c'est pas un hommage direct à John Carlos et Tommie Smith, ça ?!?
Et si, finalement, ça n’était pas ça qui dérangeait notre bonne vieille France ?...
Le débat est ouvert, en tout cas, c'est à vous !