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Wes Anderson - "Fantastic Mr.Fox" (Avant-Première)
Sorties salles
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![]() Fantastic Mr. Fox est la première adaptation dans la carrière brillante de Wes Anderson, ainsi qu' un défi original de mise en scène: passer à un long-métrage d'animation lorsque l'on vient initialement du film "live". Si l'on pense à Tim Burton, il faut tout de même se souvenir que ce dernier vient initialement du département animation de Walt Disney. De même Robert Zemeckis (et bientôt Steven Spielberg avec Tintin), dans ses films en motion capture, se trouve-il finalement à la croisée des techniques. Et s'il y avait quelques séquences "animées" dans le génial Life Aquatic du même Wes Anderson, elles étaient châpeautées par un grand expert en la matière, Henry Selick. En offrant à l'époque du tout numérique cet exercice en poupées très traditionnel, l'auteur de Rushmore nous offre incontestablement une bouffée d'air frais, d'autant que sur le plan technique le résultat est d'une rare fluidité. Le détail des décors et des émotions véhiculées par les personnages éblouissent facilement, tant on avait presque perdu cette habitude d'une animation en "dur" qui n'a pas peur de le montrer tel quel à l'écran. On appréciera en particulier le relief des personnages dans leur aspect vélu, dans les textures de leurs costumes aussi... En fin de compte Wes Anderson a réussi à tourner en toute facilité pour des animaux un scénario qu'il aurait destiné aux humains, presque comme si de rien n'était. Pourtant le bat blesse un peu au delà de ces évidentes qualités, dans un film qui en fin de compte fonctionne quelque peu en pilotage automatique. Amoureux des cadres méticuleux sous forme de tableaux ou de scènes de théâtre, Wes Anderson ne va pas se priver de son passage à l'animation pour renier son travail de mise en scène, même s'il fonctionne ici dans un format 1:85 sous une forme un peu plus récréative... En même temps, c'est comme si l'impact de ces plans étaient du coup moins tranchant avec cette technique, plus pur et moins stylisé aussi, comme un retour à l'origine; pour preuve la découpe du terrier et des galeries de Mr Fox et de ses voisins qui renvoie à celle du bâteau de Steve Zissou: si en live une telle image est immédiatement saisissante, c'est beaucoup moins le cas ici. Du coup, il en ressort une grande aisance du découpage mais guère de surprise plastique, avec en particulier un aspect monochrone et un peu unidimensionnel dans le style qui rend celà moins ébouriffant par exemple que ce que fait un Nick Park. ![]() Anderson triture aussi moins l'image et la narration que dans ses deux derniers films, dans tout ce qu'elles relèvaient avec bonheur des projections imaginaires au sein du réel... S'il se permet une belle ellipse au début de son film, il n'y aura guère d'autres envolées ni de ruptures, de celles qui ont pu donner tant frémissement à certaines séquences de Life Aquatic ou (en plus bancal) de Darjeeling Limited. Adaptant Roald Dahl, on sent aussi qu'avec Noah Baumbach, ils ont tenus à conserver une belle fidélité à l'esprit de l'auteur d'origine, quitte à se brider un peu. En complexifiant les problèmes de famille, en réemployant sa grande thématique sur la transmission et la maturité, en s'amusant sur des dialogues très adultes, Anderson se réappropie juste ce qu'il lui faut pour apposer à l'évidence sa signature; mais il oublie sans doute au passage de faire de cet exercice unique un vrai tremplin d'évolution dans un cinéma parfois menacé de se scléroser, que ce soit dans ses discours et ses risques de poses. Georges Clooney n'est par ailleurs pas réellement une valeure ajoutée ici: nouveau venu dans l'univers de Wes Anderson il se laisse aller à un certain numéro de cabotinage "what else" qui rend son personnage vite répétitif et lassant... C'est peut-être voulu mais du coup celà en rajoute aux éléments qui font qu'on peut avoir parfois peine à s'intéresser au film plus qu'à un aimable divertissement. L'arrière plan d'embourgeoisement spleenesque, et cette nostalgie de la grande aventure commencent, avec lassitude, à prendre le dessus sur les ruptures de ton et la liberté formelle si jubilatoire naguère chez Anderson, faisant peut-être de cet opus son film le plus mineur à ce jour. Réalisation: Wes Anderson. Scénario: Noah Baumbach et Wes Anderson, d'après Roald Dahl. Photo de Tristan Oliver. Musique de Alexandre Desplat. Avec: Georges Clooney, Meryl Streep, Jason Schwartzman, Bill Murray, Willem Dafoe... 1.85:1. Durée: 88 minutes. Retrouvez d'autres articles sur Wes Anderson : Wes Anderson - "A bord du Darjeeling Limited"
Commentaires
De : Marion Fantastiquement bien ce film ! De : mr_kenyatta La grande classe ! Insérer un commentaire : |
