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Vintage Classics, première salve 2012 : du mystère, de la passion, de l'aventure !

Sorties DVD
Posté par Olivier Rossignot le 2012-02-03



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La collection Vintage classics continue sa ressortie d’œuvres du patrimoine tombées dans le domaine public avec ce mois ci, une sélection particulièrement intéressante.
 
 
 
Réalisé par Crane Wilbur acteur du muet passé à la réalisation, dont c’est le dernier film « officiel », Le Masque (The bat, 1959) est un savoureux serial film de criminel masqué, dans un état d’esprit très serial, radiophonique et feuilletonnesque, avec un Vincent Price pervers à souhait, regard plissé, sourire en coin, et voix dangereusement berçante. Ce dangereux criminel qui se fait appeler « the bat », lance ses chauves souris dans les maisons en commettant ses forfaits. Bob Kane se serait inspiré du personnage pour le tirer vers une justice plus positive avec Batman. Entre éclairs dans d’étranges demeures et mystères irrésolus, le masque fond avec humour le mystère agatha-christien - en particulier grâce à son personnage de vieille écrivain de roman policier – et un beau climat presque gothique.

Ce touche à tout de génie qu’était Edgar G. Ulmer offrit à John Carradine l’un de ses meilleurs rôles avec un Barbe Bleue (1944) n’ayant absolument rien de commun avec le personnage des Contes de Perrault, si ce n’est sa nature de tueur de femmes des plus distingués. Chez le peintre, marionnettiste et psychopathe d’Ulmer, c’est le dépit amoureux qui rend fou, l’image bafouée de la femme idéale qui crée l’assassin. Parce qu’Ulmer baigne son Paris dans une lumière brumeuse, comme un Londres français dans lequel on s’attend à apercevoir la Tamise, Barbe Bleue est une œuvre de capitale fantasmée et onirique où rode l’ombre de Jack l’éventreur. On pense aussi à la vision de Bava/Freda dans Les Vampires, qui transposait la légende Erzebeth Bathory aux alentours de Notre Dame. Les mythologies, la fantaisie du cinéma, les légendes morbides s’entremêlent dans une couleur locale délicieuse, pour un classique au charme intact, à l’esthétique inspirée de l’expressionnisme allemand.
 
 
 
Dans le superbe mélodrame Pluie (1932), le déluge des passions se déchaine à la mesure de la moiteur des tropiques. On est frappé dès les premières images par la beauté de la photo d’Oliver T.Marsh, qui débuta dans le cinéma muet et travailla tout autant avec Von Stroheim, ou Cukor que Sjöström. Elle plonge Pluie dans un univers très particulier, névrotique, érotique, orageux, en ajoutant au trouble de cette confrontation entre une prostituée dont l’arrivée sème la panique sur l’île et un missionnaire bien décidé à la convertir, ou à l’expulser. Adaptée de Somerset Maugham Pluie offre une belle réflexion sur les rapports étroits de la religion et du fanatisme, étonnement subversif, le matériau d’origine de l’auteur du fil du rasoir n’y étant probablement pas étranger. Milestone, réalisateur d’A l’Ouest rien de nouveau et des Révoltés du Bounty avec Brando transmet sa fascination pour Joan Crawford très impressionnante, entre provocation et douleur. C’est une des perles de cette sélection.
 
Bien que très édifiante Song of freedom (1936), histoire de l’ascension de ce docker noir remarqué pour sa voix de baryton qui devient ténor d’Opéra avant de partir à la recherche de ses racines vaut surtout par sa dimension historique. Il est en effet l’un des premiers films à faire d’un noir le centre de l’intrigue, alors que la plupart des œuvres ne leur offrait que des rôles de bons sauvages. L’incroyable Paul Robeson avec sa voix caverneuse tant lorsqu’il parle que lorsqu’il chante y trouve l’un de ses rôles les plus mémorables.
 
  
 
Curtis Harrington est encore un cinéaste d’épouvante à la patte très personnelle trop peu connu en France. Il est pourtant l’auteur de deux œuvres remarquables pleines de cruauté et d’humour très noir, deux contes de fées dégénérés dans lesquels Shelley Winters, victime ou bourreau, s’en donnait à cœur joie :  What’s the matter with Helen ?  et Whoever slew Auntie Roo ? Son premier film, Marée nocturne (Night Tide, 1961), bien que différent affirme déjà un univers bien à lui. Night Tide, c’est un peu la rencontre entre l’art de la suggestion de Tourneur et le carrousel de Carnival of Souls. Règne du poétique et de l’étrangeté, qui laisse le spectateur à la frontière sans jamais se décider à l’entrainer dans un versant ou l’autre. Un marin rencontre une mystérieuse jeune femme dans une station balnéaire, qui chaque jour fait son numéro de sirène dans une fête foraine. Et si c’en était vraiment une ? Auréolée d’une mystérieuse réputation – plusieurs hommes auraient perdus la vie en sa présence - elle, a fini par s’en convaincre. Denis Hopper, héros amoureux d’une chimère est remarquable, dans ce conte intrigant et souvent envoutant, dans lequel on se plonge volontiers, à l’image de l’onde troublée par … on ne vous en dira pas plus.
 
Enfin, Capitaine Kidd (1945) fait partie des beaux et vieux films de pirates avec un Charles Laughton (qui aurait réécrit certaines scènes et participé à la réalisation) plus charismatique que jamais. Les batailles navales émerveillent, les coups de canons déchirent les voiles et les coques des vaisseaux. De plus, le personnage du Capitaine Kidd – très loin de la réalité historique – y trouve une complexité étonnante, presque progressiste. Avec son lot de traitrises, de coups de théâtres et de ruses, le Capitaine Kidd de Rowland V.Lee vous ramène aux rivages de l’enfance, et vous imprègne comme un visiteur de musée hypnotisé devant une marine …

Compte tenu de l'âge des films, Vintage Classics sans offrir des copies extraordinaires, propose toujours pour 10 euros, la meilleure condition pour (re)découvrir ces oeuvres.


DVD édités par Wild Side Vidéo




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