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Valérie Donzelli – "La Reine des pommes"
Sorties salles
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A tous ceux qui, comme moi, avaient fini par renoncer à donner leur chance aux comédies françaises, à qui les qualificatifs frais et drôles donnaient de l’urticaire tant ils étaient mal employés… Voici une pomme d’amour ensorcelée qui devrait vous faire du bien.
Avec ce premier long métrage, Valérie Donzelli nous réconcilie avec l’échec amoureux et ses conséquences, et nous emporte dans une ballade pop entre crises de larmes et enfantillages badins, frais et réjouissants. Un thème universel, et une déclinaison de scènettes burlesques, le tout réalisé avec la complicité de fidèles compagnons qui contribuent à rendre ce film touchant et simple.
Adèle est une jeune trentenaire parisienne qui ne vit que pour Mathieu : Elle n’a pas de travail, pas d’amis, pas d’ambition, et bien sur, pas d’appartement. Le jour où il la quitte, elle est contrainte d’aller vivre chez Rachel, sa cousine aux habitudes d’irascible célibataire. Le conseil de cette dernière est simple : Pour oublier Mathieu, il faut coucher avec d’autres hommes. La fable commence alors. Entre Pierre, Paul et Jacques, Adèle devra choisir, mais rien ne marchera comme elle le souhaitait… L’amour se joue ici sur des notes acidulées, et notre reine des pommes se laisse entraîner dans une valse d’expériences inédites et franchement drôles…Evidemment, avec des compagnons comme Serge Bozon et Benjamin Biolay, le film chemine vers cet esprit décalé et hors temps qu’ils affectionnent tous deux, et qui rejoint le cinéma français de la nouvelle vague. On est donc pas étonné que Jacques, le mari adultère, ressemble à une caricature d’un personnage de Rohmer, ou que le jeune Pierre et elle entretiennent des relations truffaldiennes… Les chansons et la danse s’invitent en passages décalés comme dans le premier film de Serge Bozon (« Mods ») et introduisent une poésie nostalgique qui conduit ce film sur le chemin de la chronique plus que sur celui de la comédie. On appréciera la brève apparition de Serge en médecin avisé, seul personnage qui ne soit pas un peu fou…
Et cette douce folie se retrouve dans l’incarnation schizophrénique de tous les amants d’Adèle par Jérémie Elkaïm. La réalisation est volontairement "pauvre" (entendez par là sans moyens, urgente, spontanée, libre en un mot), dégageant une vérité primaire. Sans artifice, sans prétention, le film permet de ramener l’incongru des situations à notre propre intimité. Valérie Donzelli est bien sûr absolument délicieuse, ainsi que Rachel, et l’ensemble s’apprécie avec jubilation et avec comme une envie de devenir nous aussi des pommes, le temps d’une chanson…
Finissons en précisant que ce film est distribué par Shellac, société engagée, à la démarche artistique des plus intéressantes, et l’on comprendra pleinement pourquoi cette comédie aux mœurs légères correspond à ce que l’on aimerait voir plus souvent sur nos écrans.
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