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Un village français (DVD)

Sorties DVD
Posté par Florence Sacchettini le 2009-09-15



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J'ai regardé Un village français. J'étais pleine d'espoir. Forcément, naïve comme je suis, j'ai cru au magnifique plan média de France 3, relayé par Télérama, France Inter et tutti quanti. Chouette ! Enfin une série française qui regarde en face "les heures sombres de notre histoire". Expression un rien éculée, qui aurait du me mettre la puce à l’oreille - faut-il vraiment se réjouir que, 70 ans après le début de la Seconde Guerre mondiale, on ne nous prenne pas pour de complets imbéciles ignorants de la complexité de l’Histoire ? Certes, l’époque était complexe, mais elle est surtout tragique. 1940, c’est un effondrement, on le sait aujourd’hui : pourquoi l’ignorer ? On aurait aimé que cette dimension ne soit pas occultée.
Bref. J'étais donc disais-je, pleine d'envie d'aimer la série, surtout qu'on nous promettait 5 saisons. Imaginez : une bonne série, potentiellement addictive, qui dure 5 saisons, sur France 3, tous les jeudis soirs, sans décodeur, sans manœuvre coupable de téléchargement, ce serait le bonheur. Allons-y : regardons la 1ère saison et laissons nous envahir, submerger, emporter par la complexité.

Un village français

Dès le premier épisode, je suis frappée : on est en 33 tours ? Parler aussi lentement, jouer aussi lentement aujourd’hui (après Urgences ! après The West Wing !) ce n’est pas possible. Je trépigne sur mon fauteuil. Accélérez ! La plupart des scènes dites deux fois plus vite seraient déjà deux fois meilleures et obligeraient, en plus, le réalisateur à suivre le rythme.
Il paraît que les personnages sont complexes : un personnage peut-il être complexe et lent ??? Ce n'est pas prouvé. J'ai plutôt l'impression que si on est vraiment complexe, on va vite pour échapper à sa complexité, mais il est vrai que je n'en suis pas certaine. Par contre, je suis affirmative : on n'est pas complexe parce qu'on est directeur d'une scierie, marié à une bourgeoise alcoolique, cynique et désoeuvrée et qu'on couche avec sa métayère (même si l’acteur est l’un des seuls qui réussit, avec son corps massif, à faire exister son personnage). On n'est pas complexe parce qu'on est maire, médecin, sans enfant et qu'on a un frère communiste. En 2009, en effet, avoir un frère communiste, c'est vivre tous les jours la complexité, oui, mais en 1940, c'était normal.
Et puis rouler des yeux, ou pire, les écarquiller, pour montrer que le personnage vit un dilemme, non, ça non plus ce n'est pas possible. Comme d’ailleurs il est idiot de systématiser les situations complexes, où les personnages ont à faire des choix cruciaux. Pour le coup, la complexité devient schématique, à force d’être répétitive.

Un village français

La caméra aussi est trop lente. On a tout le temps envie de dire "cut" et de passer à un autre plan. Ou de déplacer la caméra. A un moment, la jeune institutrice (mal interprétée) lave le corps mort d'un parachutiste anglais et se met à chanter. La scène est censée être déchirante. Forcément à cause des soins au cadavre, on pense à Six Feet Under et essaye d'imaginer ce que cela aurait donné, vu par les spécialistes de la lenteur divertissante. Il ne faut pas faire ça. Je vous le déconseille fortement.
Il n'y a pas de parti pris photographique. Parfois l'image est sombre, parfois lumineuse. Certes, en France, parfois il fait beau, parfois il pleut, mais entre les deux premiers épisodes, sensés se dérouler en juin, et les derniers, qui se déroulent en hiver, on ne voit pas la différence de lumière. Même si l’ont sent qu’il y a de l’argent (c’est l’un des arguments du plan média de la chaîne), les images sont moches : oui moches : la campagne est moche, le village est moche, les intérieurs sont moches.  Elles n’ont pas de caractère.

Un village français

Face à une telle déception, je m’interroge : pourquoi ? Pourquoi c'est tellement lent, alors qu’il se passe beaucoup de choses, pourquoi c'est faussement complexe, pourquoi une très bonne idée (suffisamment riche en effet pour faire 5 saisons, autant que d'années de guerre) ne fait-elle pas une très bonne série? J’ai d’abord pensé que c’était parce qu'on est à la télévision française publique et que depuis longtemps on y a décidé qu'il fallait éduquer le téléspectateur. Soit dit en passant, France Télévisions devrait avoir un tout petit peu plus le souci d’être éducatif quand il s’agit d’information, et un peu moins quand il s’agit de fiction.
Finalement, en réfléchissant encore, je me suis dit qu’il y avait peut-être autre explication que ce souci éducatif, trop mis en avant pour être honnête. Et si les "grands responsables" de la télévision publique faisaient tout simplement un calcul cynique, un calcul d’audimat : faisons une fiction pour nos téléspectateurs baby boomers (60 ans aujourd’hui), "cœur de cible" de France 3, à qui l’on racontera l’histoire de leurs parents pendant la guerre avec les codes et la forme de la télévision de leur enfance ! Oui ! Refaisons l’ORTF !

Un village français

Parce que le "Village français", c’est ça, le retour de la bonne vieille fiction des chaumières, à la papa. Back to the fifties ! On pouvait espérer qu’avec la fin de la publicité, les 4 chaînes de télévision publiques françaises (4 ! France 2, France 3, France 4 et France 5) allaient se mettre à la production de séries télévisées innovantes. Quitte à louper leur coup, parfois. Non, 4 chaînes et on nous sert des tonnes de démagogie et de conformisme. Personnellement tant que ce sera comme cela, je continuerais à préférer tous les villages du monde aux "Villages français". Et puisque la télévision publique française se veut cultivée et créative, qu’elle diffuse de la fiction étrangère en VO sous titrée. Il y a de quoi faire, et on pourra arrêter de télécharger.






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Commentaires
De : ZORNOT

Lamentables ces commentaires !
Si vous n'aimez pas les séries françaises, n'en dégouterz pas les autres, et aller voir celles qui viennent des USA, puisqu'elles sont si bien...

De : noodles

ben c'est ce qu'on fait mon vieux... mais c'est pas notre faute si les séries françaises sentent le paté avarié..

De : marina

Cela est pitoyable de démolir une série comme cela, Florence ... qui êtes vous ? pour critiquer si négativement cette série.
Il y a des heures de travail derrière un projet comme celui-ci donc même si il ne vous plais pas, ne deversez pas un tas de méchanceté, au moins par respect pour les gens qui ont participé.
Sur ce, bonsoir

De : mémée


Ben oui, j'ai 62 ans, et j'aime !
ce qui ne m'empêche pas d'aimer aussi des séries américaines (pas toutes)
mais ce n'est pas du tout la même chose !
Florence, vous devez être jeune, et n'avoir certainement pas eu de récits de
vos grands parents qui ont connus cette époque, je trouve que l'atmosphère
est bien rendue (je ne peux généralement pas m'empêcher de chercher les anachronismes dans les films sur les époques que j'ai connues (années 50/60) et j'en trouve souvent ! mais là je n'en ai pas vu. je suis née après cette époque , mais la vie quotidienne dans les années 50 n'était pas tellement différente, et mes parents , mes frès et soeurs plus àgés en parlaient beaucoup.

vous avez dû regarder peut-être le remake des Rois Maudits, moi aussi,
mais voilà, j'avais encore le souvenir de la serie d'origine, et la nouvelle
version m'a parue trop "djeune", en un mot faite pour vous plaire
la 1ère était plus "littéraire" certes, mais je trouve que la psychologie des personnages était plus fouillée (ah, jean Piat !, ah, Hélène Duc !, ah Louis Seigner ! etc...)

vous avez l'air d'oublier que dans les séries américaines le temps est "compressé" jamais dans la vraie vie une enquète est résolue en 52 mn !
aux USA comme en France et ailleurs, il faut parfois plusieurs années
et les indices ne sautent pas aux yeux 10 mn après le début



De : Florence

Ma déception est venue essentiellement, je le dis dans mon texte, du décalage entre ce que j'ai lu avant sur la série, et ce que j'ai vu, qui m'a énormément déçue. Comme quoi il ne faut pas lire de critique avant d'avoir vu. Mais je ne crois pas que j'aurais totalement adhéré si je n'avais rien lu du tout. Je maintiens que dans la saison 1 (je n'ai pas vu la saison 2, et je dois dire que je ne sais pas si je vais le faire, parce que j'ai été découragée par la saison 2) mais ceux qui l'ont vue diront ce qu'ils en ont pensé) les personnages sont figés : la reconstitution est sans doute bien faite, mais je n'ai pas senti la tension, les conflits (et le tragique) dans les personnages alors que l'époque, et c'est le propos, est une époque de peur, de tensions, une époque, quand même tragique. Le temps n'est pas toujours compressé dans les séries américaines (ou les autres) : au contraire le temps est souvent dilaté à l'extrême : en tout cas, le temps est une dimension importante (cf. 24 heures chrono et dans un tout autre genre Twin peaks ou 6 feet Under). Une série historique si elle se contente de reconstituer l'époque, sans nous faire ressentir (nous identifier aux personnages) ce que vivent les personnages, loupe sa cible, car un bon bouquin peut plus précisément nous parler de l'histoire de l'époque. Et puis il y a quand même la question du rythme et du "filmage" : on n'est pas obligé de filmer l'époque avec "une caméra de l'époque". Dans Band of Brother (qui a d'autres défauts dont un patriotisme un peu exarcerbé et auquel Le Village Français se réfère, notamment en faisant parler des témoins de l'époque après chaque épisode. Pour Band of brothers, c'était avant chaque épisode et c'était les survivants de la compagnie dont l'histoire nous était racontée) les caméras et techniques d'aujourd'hui sont exploitées au maximum pour nous faire vivre la guerre : on y est, c'est saisissant et cela nous apprend vraiment quelquechose sur nos grands pères au front.

De : JEAN

Désolé mais j'adore , tout semble vrai et joué avec finesse et talant et ça me change de cette avalanche de series américaines ou les supermans ecrasent tout , résolvent tout et ne se trompent jamais. Quand a la caméra trop lente il faudra m'expliquer ce qu"apporte un changement de plan toutes les 3 secondes.
Vous trouvez tout moche dans cette serie , moi j'adore . je respecte malgre tout votre opinion ce n'est pas la mienne , c'est tout.

De : erdane

ce feuilleton représente bien l'époque.... Il est réalisé avec beaucoup de sérieux et les dialogues que certains trouvent lents (!!) sont justement bien compréhensibles. Pour ma part, j'apprécie et j'attends avec impatience la suite. Vous, les détracteurs, tournez 77 fois 7 fois votre langue dans la bouche avant d'écrire vos inepties.... cette période de l'histoire appréciez-la et ne réitérez pas le sectarisme et l'autoritarisme en vogue alors.................
Bien sûr, l'époque de guerre tout n'était pas rose mais sachez que l'on vivait quand même, que l'on riait aussi, qu'on se mariait et qu'on faisait des enfants.


De : Operation Overbornu

On collaborait aussi, on dénonçait aussi entre deux saillies drolatiques ou sexuées, on résistait enfin dieu merci

De : juste les chiffres de mediamétrie

Faut croire que la fiction plait aux gens,
Vous comparez band of Brothers avec un village francais. Ba voyons la série Band of Brothers se passe par événement et non par année , Band of brothers se limite à 80 % à des engagements armés de la seconde guerre mondiale à travers des opérations militaires sur 10 épisodes avec une vision purement américaine de la guerre , pour le reste 20% de perms ou d'instructions, super réaliste sur le plan historique pour une unité militaire sur 2 ans lol
Le village francais est une FICTION qui ne reflète peut être pas l'ambiance de l'époque, mais canalyse tous les comportements et des faits qui se sont produits à ces moments là année par année, si vous voulez faire de la période 1940-1945 du 24 h chrono, c'est pas possible :/

De : Inspecteur Lavardin

Mouais... la médiamétrie n'est pas l'instrument de mesure pour la qualité non plus. Le taux de médiamétrie des émissions nazes est souvent très bon. Bon il y a en a qui aime la qualité française surannée et un peu poussiéreuse, c'est assez en vogue en ce moment, il n'y a qu'à voir Les choristes. Et c'est vrai que sous prétexte de "c'était comme ça à cette époque" on en sort du mollasson formel parfois assez étonnant. Enfin voilà, un village français, ça se laisse voir, si on est pas très regardant sur la forme, si considère qu'inspecteur Barnaby c'est vraiment un grand moment de télé, mais il ne faut quand même pas être trop exigeant... le sujet ça ne suffit pas toujours...

De : Marceau

Absolument pas d'accord avec cette critique, en particulier avec l'argument consistant à se référer à des exemples précis de séries (toujours américaines, d'ailleurs) pour expliquer ce que celle-ci n'est pas et en quoi elle aurait dû être faite différemment.
Je tiens avant d'aller plus loin à préciser que je suis moi-même très impressionné par nombre de fictions anglo-saxonnes, récentes et plus anciennes, que beaucoup de mes "oeuvres" de référence en font partie, et que j'ai tendance à trouver moi aussi les séries américaines (les meilleures d'entre elles en tout cas, mais il y en a beaucoup) comme globalement très en avance sur la production hexagonale. J'ai, pour n'en citer qu'une ou deux, évoquées ici, eté très touché et très emballé par Six Feet Under, et tiens The West Wing pour l'une des plus grandes fictions qu'il m'ait été donné de suivre. Je pense enfin que personne n'est plus persuadé que moi (j'espère en revanche ne pas être le seul!) de la nécessité absolue de voir et de diffuser les œuvres en version originale (et en plus j'enseigne l'anglais et crois fermement aux vertus pédagogiques de l'exposition à la langue...).
Mais je trouve les reproches faits au Village français injustes et surtout non fondés. J'ai précisément trouvé dans cette fiction tout le contraire de ce que vous lui reprochez, Florence: une réelle ambition narrative qui n'a rien à envier aux grands feuilletons - littéraires aussi bien que télévisés, et sans restrictions d'époque et d'origine - avec des éléments établis en amonts pour trouver leurs effets plus tard (ce que m'a confirmé la seconde saison). Une vraie complexité des personnages, non par un empilement de "contradictions" dans leur caractérisation mais par une évocation plurielle au fil des épisodes et en donnant une cohérence psychologique à leurs actes. Des histoires dont on a envie de suivre le déroulement et de connaitre l'évolution (vous évoquez l'histoire d'amour entre le chef d'entreprise et sa métayère, mais il y en a d'autres). Des acteurs justes y compris dans leurs hésitations. Ou encore une réalisation que je ne trouve pas lente mais justement bien menée, avec ses hausses de rythme et ses moments d'attente - j'ai d'ailleurs un tout petit peu moins apprécié la réalisation de la 2e saison, plus saccadée et en plans serrés.
Tout ceci est assez subjectif, j'en conviens. Mais évoquer la pesanteur des fictions française - et je ne manque pas d'illustrations pour la définir... - et la "qualité française" me semble loin, très loin de la réalité, tout aussi subjectif et, pour le coup, plus cliché que la reconstitution historique de la série.
Toutes les fictions n'ont pas besoin d'être aussi dynamiques (je serais tenté de dire "épileptiques", mais ce serait de nouveau subjectif) que "24"; toutes ne sont pas obligées de reprendre les codes visuels séduisants, mais qui correspondent eux aussi à des ficelles, de Six Feet Under, et les mouvements de caméra virtuoses (je sais... mais dites-le avec moi si je me répète: je suis subjectif!) de The West Wing donnent à la série son côté cinématographique mais seraient peut-être incongrus pour décrire le quotidien d'un village avec ses creux et ses doutes (pourquoi pas après tout? mais pas forcément). Et puisque je parle de The West Wing, il me semble que l'on ne peut faire plus éducatif comme série (comment comprendre les mécanismes exacts du système politique américain). Un village français l'est, à mon sens, beaucoup, beaucoup moins, sans que ce soit un défautde l'une ou l'autre des séries, c'est mêmeà mon sens l'une des qualités de West Wing.
Bref, vous l'aurez compris, pour une fois (mais cela commence à se faire moins rare) j'ai beaucoup aimé cette fiction française et attends la suite avec impatience, la tonalité très sombre de la deuxième saison laissant augurer de développements intéressants. Le sujet ambitionné y est, je trouve, pleinement traité.

De : Gabriel Florian

Etre grossier ou insultant ne se conçoit pas . Comme c'est dommage. Bien navrante votre vision .

De : bichon

la série que nous apprécions s'est arrêtée subitement. Quelqu'un peut-il me dire pourquoi? merci

De : Michel

On commence à montrer cette série sur TV5 au Québec et j'ai visionné les 4 ou 5 premiers épisodes. J'aime beaucoup. Je connais assez bien cette période et je la trouve très bien rendue. Bon..je ne suis pas Français et mes parents n'ont pas fait la guerre et je suis né après la guerre, mais le tout me semble très authentique. La plupart des acteurs sont convaincants. Quant à la critique de Florence, je ne suis pas certain de la comprendre mais je la respecte. Il faut dire qu'aujourd'hui tout est rapide, tout est dramatique et éclaté. Il faut aussi se rappeler qu'en 1940, on ne vivait pas au même rythme qu'aujourd'hui. Oui l'époque était dramatique mais beaucoup de personnes étaient un peu désemparées et dépassées par les évènements et placées dans de nouvelles fonctions (je pense au médecin). Ils hésitaient et la présumée lenteur dont parle Florence reflète ça. J'ai senti beaucoup de drame et de tension dans l'épisode des tracts placés dans les journaux par le frère du maire et la postière (très crédible la postière). Ils ont peur et sont un peu malhabiles. C'est très crédible. La lettre au Maréchal écrite à l'endos du tract c'était génial. Enfin moi je trouve ça très bien et je vais certainement continuer à regarder cette série avec beaucoup d'attention et de plaisir.

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