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Terrence Winter – "Boardwalk Empire" (pilote réalisé par Martin Scorsese)

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Posté par Cyril Cossardeaux le 2010-11-11



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Maintenant qu’il a depuis longtemps gagné ses lettres de noblesse et la crédibilité, le monde des séries télé n’échappe pas à la tentation de la course à l’armement bien connue de l’industrie cinématographique hollywoodienne :  citius, altius, fortius, comme disaient les ancêtres romains des Daft Punk. A défaut de garantir le chef d’œuvre artistique, le tiercé sujet excitant / gros noms au générique / budget plantureux est au moins l’assurance d’un beau buzz médiatique, prompt à faire se languir d’impatience des millions d’addicts potentiels avant même la diffusion du pilote. Le dernier et plus bel exemple en date est évidemment Boardwalk Empire.

Sujet : l’Amérique (et plus précisément Atlantic City) de la Prohibition, années où la pègre a pris un nouveau visage.
Casting : des comédiens comme Steve Buscemi ou Michael Pitt devant la caméra, Terrence Winter (l’un des principaux scénarites des Sopranos) à l’écriture, Mark Wahlberg et Martin Scorsese à la production, ce dernier signant lui-même la réalisation du pilote, lui conférant ainsi un statut bigger than television.
Budget : 18 millions de dollars, dérisoire pour un blockbuster pour grands écrans, colossal pour les petits.
Il y a quelque chose d’assez ironique à constater à quel point la production télévisuelle continue finalement à souffrir du complexe du "petit" écran en faisant appel à l’un des maîtres les plus incontestables du grand et en présentant ce pilote à l’égal d’un "vrai film de Martin Scorsese" alors que tout le monde s’accorde à dire que ce qui se passe de plus excitant à Hollywood depuis une bonne dizaine d’années est à chercher sur les studios télé.
Ce pilote de Boardwalk Empire a en tout cas réussi à créer l’événement le jour de sa diffusion aux Etats-Unis (le 17 septembre 2010), permettant à HBO de reprendre un peu la main. Après avoir longtemps produit l’immense majorité des séries les plus novatrices (The Wire, The Sopranos ou Six Feet Under en tête), la chaîne emblématique du câble avait pas mal perdu de sa superbe depuis quelques années, ayant par exemple raté une série comme Mad Men qui, en d’autres temps, aurait semblé faite pour elle.

Steve Buscemi dans "Boardwalk Empire"
Steve Buscemi

A défaut de pouvoir encore juger le reste de la série, le pilote mérite-t-il le buzz ? Disons en tout cas qu’il donne assez envie de voir la suite et, après tout, c’est d’abord ce qu’on lui demande.
Le pilote d’une série est d’ailleurs une œuvre ingrate et hybride. Souvent signé par l’initiateur de la série lui-même (David Chase, Alan Ball…), il n’est pas certain que le confier à un pigiste de luxe (fusse-t-il aussi coproducteur – mais quelle est l’implication réelle de Scorsese sur la série au-delà de ce premier épisode ?) soit une si bonne idée. Voir en Boardwalk Empire le dernier Scorsese est un leurre, que quelques effets de signature rendent inévitable. Un pilote n’est pas une œuvre en soi, c’est une bible qui fixe les enjeux narratifs à venir et caractérise les personnages. De ce point de vue, celui de Boardwalk Empire est assez réussi quoique imparfait.
La fresque historique qu’il nous promet semble plus intéressante que les conflits interpersonnels entre les personnages, peut-être un peu trop prévisibles. Steve Buscemi y campe un notable omnipotent, à la fois roi de la pègre d’Atlantic City (et principal bénéficiaire local du Prohibition Act de 1920) et parangon de vertu pour ses concitoyens conservateurs (une "double face" d’ailleurs pas très crédible). Michael Pitt est un jeune apprenti gangster d’autant plus avide de réussite par tous les moyens que la guerre (la "Grande", celle de l’horreur des tranchées) l’a moralement détruit. Reste un personnage pour l’heure assez opaque de jeune mère de famille fraîchement émigrée d’Europe (Kelly Macdonald), dont la fascination qu’elle exerce sur Buscemi apparaît un poil forcée (le trauma du nabab est manifestement son absence d’enfant, comme si, depuis les Sopranos, un gangster se devait forcément d’être le client idéal des psys…).

Michael Pitt dans "Boardwalk Empire"
Michael Pitt

Ce qui passionne beaucoup plus, c’est donc la toile de fond, en espérant justement qu’elle ne reste pas qu’un décor (a priori, non, mais wait and see). On voit bien l’idée des auteurs : la Prohibition, en changeant assez radicalement le visage du gangstérisme américain, a réellement fait basculer les Etats-Unis du 19ème au 20ème siècle. On tique d’abord un peu devant les décors un peu trop factices de l’Atlantic City des années 20 avant de se dire que l’intention est peut-être de décrire une sorte de dépendance de Disneyland, dépeignant l’Amérique d’avant la fureur des mafias. Car se dessine aussi l’opposition de style "ethnique" (déjà très présente dans la deuxième moitié du pilote) entre le gangstérisme "à la papa" des descendants des premiers émigrants historiques et celui des Italiens. Ne cachons d’ailleurs pas qu’y voir grandir le jeune Al Capone (ici simple chauffeur de Lucky Luciano mais appelé à être l’un des principaux personnages récurrents de la série) ajoute à l’excitation que provoque Boardwalk Empire

La série sera diffusée sur Orange cinéma séries à partir du 17 décembre 2010 et le bouquet de chaînes proposera à cette occasion une petite anthologie des gangsters à l’écran. Petite mais futée : un immense classique du genre, L’Ennemi public (1931), de William Wellman, avec James Cagney (et son pamplemousse) et Jean Harlow ; une rareté, Al Capone (1959), biopic signé Richar Wilson, avec Rod Steiger dans le rôle-titre ; et un vrai trésor caché du genre, La Chute d’un caïd (1960), d’un Budd Boettticher inattendu dans ce registre, autre biopic, de Legs Diamond, cette fois, incarné par Ray Danton.




Retrouvez d'autres articles sur Terrence Winter :

Terrence Winter – "Boardwalk Empire" (saison 1)


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Commentaires
De : Florence

à suivre donc. Une seule remarque : aujourd'hui en dehors des séries, qu'est ce qui reste regardable à la télé????? presque rien.

De : Franck

Merci pour le focus sur la série. Boardwalk Empire débarque le 19/12, le site web dédié est ici : http://bit.ly/eQTA2y

De : Flo

Bon alors quand même, ce générique. On dirait du Magritte.

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